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Bientôt la vente du siècle en Ouzbékistan ?

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Le 26 avril dernier, le gouvernement ouzbek a annoncé l’introduction en Bourse de trois des principales banques du pays ainsi que de la bourse d’échange des matières premières, UzEx. C’est la première étape de ce qui peut être comparé aux ventes du siècle qui ont eu lieu en Russie et au Kazakhstan dans les années 1990 et qui ont bradé les principaux atouts industriels soviétiques, principalement des compagnies minières et pétrolières, mais aussi industrielles.

Est-ce qu’une fois encore, la vente ressemblera à une braderie ? L’appétit des investisseurs étrangers s’aiguise déjà, et certainement aussi des futurs oligarques ouzbeks en puissance… Explications.

Tout est parti d’un décret signé par le Premier ministre ouzbek, Abdoulla Aripov, le 26 avril dernier. Ce dernier fixe le début de la vente des participations d’Etat dans des entités financières du pays et quelques compagnies. Les banques Sanoat Qurilish, l’Asia Alliance Bank et Aloqabank ainsi que la compagnie de tuyauterie Jizzax Plastmassa et la bourse Uzbek Commodity Exchange (UzEx), vendront sur les marchés entre 10% et 25% de leur capital d’ici à la fin de l’année. Mais ce n’est là que l’apéritif pour les investisseurs qui suivent l’ouverture économique du pays de près depuis la mort d’Islam Karimov et l’arrivée au pouvoir de Chavkat Mirzioïev  en décembre 2016.

Plus spécifiquement, les investisseurs sont particulièrement alléchés par l’introduction en Bourse des grandes entreprises minières. Les plus grandes sociétés minières d’État comme la Société minière et métallurgique Navoi (NGMK), la Société métallurgique ouzbèke (UzMetKombinat) et la société minière d’Almalyk (AGMK) seront introduites en Bourse en 2022-2023. Un temps nécessaire pour mettre en place des réformes pour les mettre aux standards internationaux et les rendre ainsi plus attractives encore. Ces trois entreprises produisent l’essentiel des 100 tonnes d’or annuelles qui place l’Ouzbékistan dans le top 10 des producteurs mondiaux, alors que les cours de l’or continuent de grimper. Ces trois entreprises extraient également de l’uranium, permettant au pays d’être un des dix plus grands producteurs d’uranium au monde, mais aussi de l’argent, du zinc, du tungstène et de nombreux autres métaux.

« Tout le monde dans la région pense que l’Ouzbékistan va être le prochain « big thing » et c’est clairement le prochain », selon un manager des marchés de capitaux d’une grande banque mondiale cité par le très sérieux magazine spécialisé dans les marchés de capitaux, Global Capital. Les investisseurs se bousculent depuis la réussite de la vente d’un milliard de dollars d’euro-obligations de l’Etat ouzbek en février dernier.

En bref, ces entreprises sont le plat de résistance et le dessert que convoitent les investisseurs, étrangers comme locaux. Mais avant d’y accéder, l’Etat ouzbek fait lentement monter la pression par une stratégie de réformes du marché de capitaux et de privatisation graduelle par secteur : banque, puis industrie, pour terminer par les mines. Un processus sur 4 à 5 ans qui pourra permettre de vendre au mieux ces “joyaux” minier ouzbek, bien que le prix dépendra beaucoup de la conjoncture au moment de l’introduction en bourse. Aujourd’hui, selon Global Capital, ces trois entreprises seraient valorisées entre 9 et 10,5 milliards de dollars.

Plus largement, le but de cette grande vente est d’attirer les investisseurs étrangers en Ouzbékistan. De fait, malgré la volonté d’ouvrir rapidement le pays et la pression mise sur l’ensemble des structures d’Etat pour attirer des investissements directs étrangers par le président, ceux-ci se font rares. En effet, malgré des chiffres présentés avantageusement d’une hausse de 90% des investissements étrangers, 80% d’entre eux ne sont que des prêts, pour la plupart avec des garanties de l’Etat ouzbek.

En fait, le pays n’attire que peu d’investissements étrangers mais s’endette à l’étranger. Les privatisations massives et l’ouverture des marchés de capitaux ouzbeks seront les carottes qui permettront de faire rentrer pour de bon les investisseurs étrangers en Ouzbékistan. Une stratégie ambitieuse qui pourrait rebattre les cartes de la distribution des richesses dans le pays, d’un contrôle par l’Etat et les hauts-fonctionnaires vers un contrôle des entreprises privées et in fine des oligarques, comme cela a eu lieu en Russie et au Kazakhstan.

La rédaction

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Le 26 avril dernier, le gouvernement ouzbek a annoncé l’introduction en Bourse de trois des principales banques du pays ainsi que de la bourse d’échange des matières premières, UzEx. C’est la première étape de ce qui peut être comparé aux ventes du siècle qui ont eu lieu en Russie et au Kazakhstan dans les années 1990 et qui ont bradé les principaux atouts industriels soviétiques, principalement des compagnies minières et pétrolières, mais aussi industrielles. (image d’illustration)
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