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Areva renforce ses liens avec Kazatomprom

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Areva et Kazatomprom ont signé le 10 avril dernier un accord pour renforcer leur coopération dans le secteur de l’extraction d’uranium. L’entreprise kazakhe est le premier producteur mondial d’uranium et propriété à 100% de l’Etat.

Le français Areva et Kazatomprom, compagnie minière nationale du Kazakhstan, ont annoncé le 10 avril la signature d’un accord visant à renforcer leur coopération dans l’extraction d’uranium.

Cet accord porte sur le développement et le renforcement des opérations de la co-entreprise KATCO, dont Areva détient 51% et Kazatomprom 49%. « Il offre à KATCO une nouvelle perspective à long terme avec le développement du projet South Tortkuduk qui va pérenniser sa production sur les deux décennies à venir. », s’est réjoui Philippe Knoche, directeur général d’Areva.

Partenaires depuis 20 ans

Philippe Knoche a également souligné la « coopération nucléaire de long terme entre le Kazakhstan et la France » et les « 20 années de partenariat avec Kazatomprom » d’Areva.

Le partenariat commence dès 1996, année de la création de KATCO, qui exploite les gisements d’uranium de Muyunkum et Tortkuduk, dans le sud du Kazakhstan. Employant plus de 1200 employés, KATCO a produit 4109 tonnes d’uranium en 2015, ce qui en fait l’un des producteurs d’uranium les plus importants du monde.

De plus, une seconde co-entreprise, nommée IFASTAR, a vu le jour en 2009, pour le marché du combustible nucléaire. Elle avait pour mission la réalisation d’une étude de marché et une étude technique au sujet de la construction d’une nouvelle ligne de fabrication de combustible à Ulba, site exploité par Kazatomprom, puis la commercialisation des produits.

L’importance stratégique des gisements d’uranium kazakhs

Ce nouveau partenariat est le signe qu’Areva, leader français du nucléaire en grande difficulté économique, considère le Kazakhstan comme stratégique. Dès octobre, des rumeurs d’une prise de participation de Kazatomprom dans le capital d’Areva avaient envoyé un signe de rapprochement. Finalement, Areva a décidé de renforcé sa co-entreprise KATCO et a ouvert son capital à deux entreprises japonaises, Mitsubishi Heavy Industries et JNFL.

Areva France Nucléaire Siège La Défense

Le siège d’Areva, dans le quartier de la Défense, à Paris.

En signant ce partenariat, Areva  veut « sécuriser ses gisements d’uranium là-bas, les plus rentables du groupe », selon une source proche de la société citée en octobre par BFM Business.

L’atome au Kazakhstan

L’uranium est un secteur d’une grande importance pour le Kazakhstan, qui détient 12% des ressources mondiales, soit la deuxième plus grande réserve du monde après l’Australie. De plus, le Kazakhstan est depuis 2009 le premier producteur du monde avec 41% de la production mondiale en 2014 et 39% en 2015. Kazatomprom prend en charge l’intégralité de cette production, en plus de toutes les activités liées au nucléaire.

Le secteur n’est cependant pas sans ses détracteurs. Ainsi, une habitante d’Almaty lançait en 2013 une pétition réclamant l’annulation de l’accord d’importation de combustible nucléaire à Öskemen (Oust-Kamenogorsk en russe), à l’est du pays. « Notre ville et notre pays ne sont pas les déchetteries du combustible nucléaire, ou des déchets, du monde entier », déclarait la pétition, adressée au président Noursoultan Nazarbaïev.

Lire aussi sur Novastan : Les habitants d’Oust-Kamenogorsk ne veulent pas être la déchetterie nucléaire d’Asie centrale

La rédaction

Le PDG de Kazatomprom, Askar Joumagaliyev, a de quoi se réjouir.World Nuclear Association
Le siège d’Areva, dans le quartier de la Défense, à Paris.Amélien Bayle
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