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Asie centrale 2030 : l’égalité hommes-femmes jusque dans le travail ?

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Les femmes peuvent-elles faire des emplois considérés comme masculin en Asie centrale ? Le projet « Asie centrale 2030 » a suivi une conductrice de taxi à Almaty, l’ancienne capitale du Kazakhstan.

Cet article a été initialement publié sur la version allemande de Novastan.

« Asie centrale 2030 » est un projet de podcast en allemand, dans lequel des étudiants du Kazakhstan, du Kirghizstan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan contribuent à l’avenir de leur région. L’un de ses épisodes met en scène Sayyora et Ainur, deux journalistes qui suivent une conductrice de taxi à Almaty, la capitale économique du Kazakhstan.

En principe, les femmes d’Asie centrale peuvent présenter une demande pour tout type d’emploi. Mais que se passe-t-il lorsque les femmes exercent des métiers considérés comme typiquement masculins ? Deux jeunes journalistes ont accompagné Malika dans son travail de conductrice de taxi.

Ci-dessous, le podcast, en allemand

Les luttes féministes prennent place partout dans le monde, donc également en Asie centrale. Et les avancées sont nettes : les femmes qui ont les aptitudes nécessaires peuvent postuler à tout type d’emploi.

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Mais comment réagissent les autres femmes et hommes quand il s’agit de métiers traditionnellement masculins, comme par exemple ambulancier, technicien, soldat, ou métallurgiste ?

Des réactions différentes

Les personnes interrogées dans les rues d’Almaty ont des avis différents sur la question : « Je suis contre. Une femme est une femme, et elle est corporellement et mentalement construite différement. Beaucoup de femmes travaillent dans les usines, conduisent des tracteurs…Mais elles sentent vraiment mauvais, alors qu’elles devraient justement sentir le parfum », argumente un homme.

« Et bien, plein de femmes conduisent des bus, et elles sont bien meilleurs et plus polies que les hommes », réplique un autre. « En fait je ne trouve pas ça très bien. Mais lorsqu’une femme fait bien son travail, je ne suis pas contre », nuance une femme interrogée.

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« La distinction entre « métiers d’hommes et de femmes » appartient au passé. Je suis pour que les femmes exercent des métiers dits d’hommes. Mais ça prendra du temps à mettre en place, en Asie centrale. Un jour nous serons prêts », avance un autre homme dans le podcast.

« Je n’ai aucun problème dans mon travail »

A l’heure actuelle, de plus en plus de femmes choisissent d’exercer des professions d’hommes en Asie centrale. Avant, il n’existait que des conducteurs de taxi, mais aujourd’hui, on peut aussi rencontrer des conductrices de taxi. Parmi elles, Malika, une femme de 36 ans. « Je suis femme au foyer et j’ai beaucoup de temps avant d’aller chercher mes enfants à l’école. C’est pourquoi ma nièce, qui travaille dans une centrale de taxi, m’a proposé cet emploi de conductrice de taxi. J’ai accepté », raconte-t-elle.

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Certains disent qu’il est difficile pour les femmes d’exercer des métiers d’hommes, parce qu’elles n’ont pas la même force physique. Mais Malika ne voit pas la situation comme ça. Elle pense que les hommes et les femmes sont semblables et peuvent exercer les mêmes métiers. « Je n’ai aucun problème dans mon travail. Au contraire, je me réjouis de pouvoir conduire à travers tout Almaty chaque jour », affirme-t-elle.

« C’est génial de voir une femme au volant ! »

Les personnes interrogée par Asie centrale 2030 réagissent de façons différentes quand ils voient une femme faire le travail d’un homme, comme par exemple chauffeur de taxi. Mais la plupart sont agréablement surpris du choix de Malika. « Quand les clients me voient, ils se réjouissent et disent que c’est génial de voir une femme au volant ! », s’exclame-t-elle.

Le nombre de femmes dans les professions masculines au Kazakhstan, et, de façon plus générale, en Asie centrale, est amené à croître d’ici 2030. C’est l’occasion parfaite de faire de nouvelles expériences dans tous les domaines. C’est en tout cas l’avis de Malika: « Les femmes peuvent tout faire. Elles exercent différents métiers, elles sont l’avenir de notre monde ! »

Sayyora Umarova und Ainur Kakimova
Traduit de l’allemand par Tiffany Coisnard

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Le féminisme en Asie centrale se développe, mais lentement.
The Steppe
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