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Au Kazakhstan, un second défenseur des antilopes saïgas tué par des braconniers

Le 23 juillet dernier, l’éco-garde kazakh Kanych Nourtazinov a été assassiné par des braconniers de saïgas, une espèce d’antilope en danger. 

Le 23 juillet dernier, le service étatique kazakh en charge de la protection de la faune « Okhotzooprom » a été alerté sur des tirs de braconniers envers des antilopes saïgas, en voie de disparition. Ces tirs ont eu lieu dans la région d’Akmolinsk, dans le centre du pays. Deux éco-gardes kazakhs ont repéré et poursuivi la voiture suspecte dans la steppe. Les braconniers ont alors fait feu sur les deux éco-gardes kazakhs sans sommation. L’un des deux, Kanych Nourtazinov, est décédé quelques heures après à l’hôpital. Son collègue Samat Ospanov, qui a reçu une balle dans l’épaule, a lui survécu.

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Kanych Nourtazinov est le second éco-garde à perdre la vie sous les balles des braconniers cette année. En janvier, c’est Erlan Nourgaliev qui est décédé après un raid contre des braconniers de saïgas dans la région de Karaganda.

Des antilopes convoitées pour des raisons médicales

Les antilopes saïgas sont pourchassées pour leurs cornes qui auraient selon la médecine chinoise des propriétés médicales. Un trafic de grande ampleur a lieu au Kazakhstan, qui est le pays qui compte le plus de saïgas sauvages sur son sol. Selon des estimations du comité kazakh de Protection de la faune et de la flore, environ 8 tonnes de cornes de saïga seraient utilisées chaque année par la médecine chinoise.

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En face des braconniers, Okhotzooprom est en charge de protéger quelque 123 millions d’hectares, avec seulement 220 éco-gardes.

« Selon certaines données non-officielles, le kilogramme de corne de saïga se vend à 150 000 tengués (environ 350 euros, ndlr) là où l’animal vit, tandis que ce prix passe à 400 000 tengués (environ 940 euros, ndlr) sur les marchés d’Almaty et jusqu’à 3 500 euros en Chine »,  explique le chef du comité kazakh de Protection de la faune et de la flore, Kaïr Ryskeldinov.  C’est ce qui explique l’intérêt des braconniers pour l’animal et leur violence pour défendre un gagne-pain plus que lucratif.

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Malgré le braconnage, un récent recensement d’ONG de conservation et des autorités kazakhes fait état d’un doublement de la population de l’antilope en 2 ans sur certaines des principales populations, montrant que le combat contre le braconnage paierait. Cependant, ce doublement s’explique surtout par le fait qu’il y a deux ans, les saïgas ont été touché par une épidémie qui a décimé environ 70% de leurs populations. Ainsi, ce doublement de la population est rassurant et montre la résilience de l’espèce. Les saïgas n’en reste pas moins une espèce considérée « en danger critique d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

La rédaction

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Les deux défenseurs kazakhs des saïgas tués par des braconniers : Kanych Nourtazinov (à droite), et Elran Nourgaliev (à gauche).
Tengrinews / Montage Novastan
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