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Investissements étrangers en Asie centrale : le bras de fer entre Tachkent et Astana

Alors que l’Ouzbékistan s’ouvre largement aux investisseurs, le Kazakhstan voit son leadership économique de la région être défié.

Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par le média kazakh Vlast.

En Ouzbékistan, les experts étaient unanimes après l’arrivée au pouvoir de Chavkat Mirzioïev en décembre 2016 : le pays allait bientôt dominer économiquement l’Asie centrale. En effet, avec ses 33 millions d’habitants, le marché ouzbek est plus important, les ressources sont nombreuses et la libéralisation de l’économie attire les investisseurs.

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Près de trois ans plus tard, force est de constater que ce processus de libéralisation est plus lent que prévu, mais le pays poursuit son ouverture et l’intérêt des acteurs économiques internationaux perdure. Combien de temps faudra-t-il à Tachkent pour devenir un véritable concurrent d’Astana en matière d’investissements ?

Une concurrence ancienne

Pour Roustam Bournachev, professeur à l’université germano-kazakhe d’Almaty, l’Ouzbékistan et le Kazakhstan sont déjà concurrents à l’heure actuelle. Toutefois, deux questions importantes exigent d’être abordées.

Lire aussi sur Novastan : Le Kazakhstan contre l’Ouzbékistan : jalousie et leadership

La première est de savoir quels secteurs sont en concurrence. Ainsi, investir ne signifie pas uniquement placer une somme d’argent dans l’économie générale d’un pays. Il s’agit parfois de viser des secteurs spécifiques. Les investissements dans l’industrie pétrolière d’un pays peuvent par exemple se répercuter directement sur l’industrie de l’État investisseur.

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Aujourd’hui, Tachkent investit en Asie centrale, car certains domaines pourraient lui être profitables, notamment le développement d’infrastructures, la capacité de production et l’agriculture, bien que la structure des deux pays diffère quelque peu. Selon Roustam Bournachev, dans ces secteurs, la concurrence a toujours existé.

Une bataille à venir sur les conditions commerciales

En revanche, en ce qui concerne les investissements dans le secteur pétrolier, il est clair que l’Ouzbékistan et le Kazakhstan ne sont pas concurrents : la production d’or noir est en effet très limitée en Ouzbékistan.

Lire aussi sur Novastan : L’Ouzbékistan remplacera-t-il le Kazakhstan comme leader régional ?

La seconde question cible les conditions commerciales propres à certains pays : si l’Ouzbékistan simplifie celles-ci, la concurrence avec le Kazakhstan augmentera au fil des ans. Une diminution des investissements sera alors bien sûr à prévoir dans certains domaines au Kazakhstan.

Une analyse économique pertinente est nécessaire pour en évaluer l’impact pour Astana, notamment au niveau des investissements externes alloués à ces secteurs.

Youna Korosteleva
Journaliste pour Vlast

Traduit du russe par Pierre-François Hubert

Edité par Etienne Combier

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L’Ouzbékistan et le Kazakhstan se livrent à une bataille d’influence pour dominer l’Asie centrale (photo d’illustration).
Dan Lundberg
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