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Israël et Kazakhstan: une longue histoire

Le 29 janvier 2013 à Astana a eu lieu le concert consacré à la journée internationale de la mémoire des victimes de l’Holocauste. L’évènement a pris place dans la salle d’orgue de l’académie nationale de musique du Kazakhstan où près de 500 personnes se sont rassemblées.

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L’apprentissage des Saintes Ecritures est obligatoire dès le plus jeune âge.

Comme l’a déclaré Eliyaou Tasman, l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de l’État d’Israël au Kazakhstan : « La chose la plus importante est de se rappeler à jamais cet événement. Et pour que cela ne se répète jamais dans aucun pays, dans aucune nation ».
La journée internationale de la mémoire des victimes de l’Holocauste a été fixée au 27 janvier à l’Assemblée de l’ONU en 2005. La date du 27 janvier a été choisie pour des raisons précises : en 1945 les troupes soviétiques ont libéré le camp de concentration d’Auschwitz qui resta dans la mémoire de tous les peuples comme l’un des symboles terribles de l’Holocauste.

L’événement dans la capitale kazakhe a été organisé par les ambassades d’Israël, des États-Unis, de l’Italie, de la Pologne, de la Suède, de la Hongrie, et du Royaume des Pays-Bas. La représentation de l’Organisation des Nations Unies dans la République du Kazakhstan, ainsi que l’université kazakh nationale des arts étaient partenaires de cet événement.

Cette célébration revêtait principalement un caractère éducatif et mémoriel. Les principaux acteurs et spectateurs étaient des écoliers venant de la Haileybury school et du gymnase 6 Iury Gourov. Les élèves avaient préparé en amont une composition literaturo-musicale afin que l’évènement ne se déroule pas uniquement à une date donnée mais dure dans le temps et soit l’objet de préparation et de cours pour les élèves.

L’histoire mémorielle de l’Holocauste promu avec le soutien d’Israël n’est pas aussi étranger à ce qu’on pourrait le croire au Kazakhstan. En effet, la mosaïque ethnique du Kazakhstan compte des juifs depuis les grands mouvements de populations engendrés pendant l’Union Soviétique de Staline, notamment. Ce n’est pas un secret qu’en Ouzbékistan, au Kazakhstan et dans les autres Républiques d’Asie Centrale au début de la Seconde Guerre Mondiale, près d’1,5 million de Juifs y ont été évacué. Les habitants du Kazakhstan, en luttant dans les rangs de l’Armée rouge, ont contribué à libérer les camps de concentration et d’extermination du régime nazi.
Mille réfugiés juifs, qui ont évité par miracle l’Holocauste, sont restés vivre dans le territoire des steppes après la guerre dans l’ensemble du Kazakhstan.

Dans les années de la mise en valeur des terres vierges de nombreuses familles juives sont venues selon les feuilles de route du Komsomol plus ou moins volontairement, pour travailler la terre aride et battues par les vents de la steppe Kazakhe. La terre du Kazakhstan et son peuple ont accepté avec générosité toutes et tous, et la steppe est devenue pour la plupart des gens, leurs enfants, leurs petits-fils et leurs arrière-petits-enfants leur vraie patrie. En 1959 la population juive du Kazakhstan comptait 28 000 personnes.

Dans les années 1970-80 la population juive du Kazakhstan s’est réduite. Près de 4 800 Juifs ont été rapatriés en Israël ou sont partis principalement aux États-Unis, au Canada et en Australie mais aussi dans d’autres pays du monde.  Certaines familles juives sont parties pour la Russie, en premier lieu à Moscou et à Leningrad. Cela s’explique par les bonnes relations qu’entretenait Israël avec l’URSS, par la fin de la politique des terres vierges avec le départ de Khrouchtchev et par la relative détente de ces années aboutissant à la Pérestroïka et la Glasnost.

Selon le recensement de 1979, dans la République Socialiste Soviétique du Kazakhstan vivaient 23 500 Juifs. Il faudra attendre la fin des années 1980 pour voir le commencement de la Renaissance de la vie juive au Kazakhstan. En 1989 à Almaty a été crée un centre intellectuel juif  «Chalom!» » et un an après un journal du même nom a été lancé. Au début de 1993 à Astana a été crée le centre intellectuel juif « l’Aleph » puis en 1992 dans le centre intellectuel Juif « l’Aleph » le club de jeunesse est apparu, avec des citoyens commençant à s’enregistrer pour les fêtes communales. En 1993 « l’Aleph » était officiellement enregistré. En avril 1994 on ouvrait l’école juive du dimanche, « Mekhina ». Ce renouveau de la vie culturelle et religieuse juive au Kazakhstan commence à la toute fin de l’URSS lorsque le régime plus ouvert a permis cet essor des communautés et des religions grâce à une plus grande liberté. Ce processus se poursuit et a été encouragé lors de l’indépendance par une politique clairement annoncée par le président N. Nazarabayev de concorde religieuse et ethnique qui permettra un véritable bourgeonnement des institutions religieuses. Parmi celles-ci, les institutions juives mentionnées ci-dessus sont parmi le plus dynamiques (grâce notamment au soutien financier d’Israël).

C’est en 1996 que Khesed, une organisation juive du Kazakhstan indépendant, apparaît. Il est remarquable qu’elle ait été fondée au même endroit que la première synagogue du Kazakhstan qui avait été ouverte le 31 mai 1884 à Verny (Almaty). Le temple pour les prières s’installait dans un tout petit bâtiment en bois très à l’étroit, mais grâce à lui la communauté a pu aider les nécessiteux et leurs coreligionnaires et, enfin, commencer à enregistrer les événements principaux dans la vie des Juifs d’Almaty – la naissance, le mariage, la mort ; comme cela se fait partout à travers le monde.

La synagogue
La synagogue Beyt Rahel, Astana. Crédit: newskaz.ru

À Taldykorgan la même année le centre intellectuel municipal juif « d’Aviv » s’est formé. Avec enthousiasme, il s’est mis au travail de la Renaissance des coutumes culturelles et les traditions du peuple juif. Ce centre était particulièrement tourné vers la jeunesse, notamment à travers un cercle de théâtre très dynamique. Durant les périodes de fêtes, les nombreux membres de la diaspora peuvent y voir des pièces de théâtre sur des sujets bibliques mais aussi des représentations comiques.

Cela fait quatre ans que, à l’initiative du fonds républicain juif des livres, le programme «la bibliothèque Juive sur  roues» agit dans la plupart des régions du Kazakhstan. La bibliothèque propose une information sur l’histoire et la philosophie juive, les rites religieux, la langue, ainsi que la littérature enfantine. Ainsi tous les intéressés peuvent s’initier à l’héritage écrit du peuple juif.

En 1999 le congrès Juif du Kazakhstan a vu le jour, qui coordonne aujourd’hui en commun avec l’Association «Mitsva» l’activité de quinze groupements juifs culturels, treize centres-khesedov de bienfaisance et centres juifs communaux. Le congrès juif du Kazakhstan s’occupe des questions de sécurité sociale et de formation, se soucie de la Renaissance des traditions et la religion, accorde une attention considérable à la sphère culturelle.
Les organisations de bienfaisance aujourd’hui patronnées par ce congrès travaillent avec 15 000 Juifs dans plus de 150 localités du Kazakhstan. De divers programmes  fonctionnent  avec succès aux centres-khesed : on assure la livraison des envois d’approvisionnement, le système des cuisines communales se développe, la sortie des gens âgés se réalise, les camps d’été pour les enfants sont créés. Dans la seule Almaty et grâce à KSHESED, plus de 1 200 membres de la communauté juive reçoivent une aide régulière.

Il est difficile d’estimer le nombre exact de la population juive à présent; d’après les données des organisations elles-mêmes au Kazakhstan vivent plus de 50 000 Juifs (dont 11 000 pour la seule Almaty). Pour l’essentiel les Juifs du Kazakhstan vivent dans les grandes villes de la République, où sont ouverts les treize centres communaux. A partir de ces bases construites dans les années 1990, les Juifs du Kazakhstan peuvent espérer à un avenir solide, où leur foi semble acceptée par le pouvoir central.

Par Kamila Shépéléva
Rédactrice pour Novastan à Astana

Relu par  Etienne Combier

 

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