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Kazakhstan : Orano livre la première banque d’uranium de l’AIEA

Le premier lot d’uranium faiblement enrichi a été livré par la compagnie française Orano (ex-Areva) à la banque de l’Agence internationale de l’énergie atomique située dans l’est du Kazakhstan. Cette livraison marque le début du fonctionnement d’un des projets phares de l’AIEA et du Kazakhstan pour faciliter l’approvisionnement en uranium à des fins civiles.

La première livraison d’uranium faiblement enrichi par la société française Orano (ex-Areva) à la banque d’uranium de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a eu lieu le 16 octobre dernier selon le service de presse du ministère des Affaires étrangères de la République kazakhe. La banque se situe à Oust-Kamenogorsk, dans l’est du Kazakhstan.

« Avec l’arrivée de la première expédition, la banque d’uranium d’Oust-Kamenogorsk est maintenant établie et opérationnelle », a déclaré le Directeur général par intérim de l’AIEA, Cornel Feruta. « C’est la première fois que l’Agence entreprend un projet de cette complexité juridique, opérationnelle et logistique », s’est-il félicité dans un communiqué de l’Agence. Selon l’AIEA, c’est le projet le plus complexe et abouti de son existence.

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Cette banque d’uranium opère sur le territoire de l’usine métallurgique d’Oulba à Oust-Kamenogorsk, ou Öskemen en kazakh. Elle devra atteindre les 90 tonnes d’uranium pour fonctionner pleinement, selon le communiqué de l’AIEA. Celles-ci seront fournies par Orano et Kazatomprom, la société nationale kazakhe. Cet uranium permet de produire du combustible pour un réacteur à eau légère standard dans des centrales nucléaires.

32 barils d’uranium faiblement enrichi en provenance de France 

Cette première cargaison, en provenance de la filiale Orano Cycle, a été acheminée par camion vers un port français, par bateau vers la Fédération de Russie et par train vers le Kazakhstan. À leur arrivée sur le site, les 32 barils d’uranium faiblement enrichi (LEU) ont été vérifiés par des experts de l’AIEA sur le terrain. L’Agence internationale s’attend à recevoir le deuxième envoi de LEU en provenance de Kazatomprom d’ici à fin 2019.

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« Cette banque ne contient pas de déchets radioactifs et ne constitue pas une menace pour la population et l’environnement » précise le ministère des Affaires étrangères kazakh dans un communiqué. Cette banque de combustible sera utilisée « au cas où les États membres de l’AIEA seraient confrontés à un arrêt de l’approvisionnement traditionnel en combustible pour des raisons politiques« , précise le ministère kazakh.

Une idée ancienne

L’idée de créer des banques de combustible nucléaire est apparue dans la seconde moitié du XXème siècle en raison de l’augmentation du nombre de pays ayant développé leur propre secteur nucléaire. Des efforts importants ont été déployés pour concevoir des technologies de production de combustibles nucléaires qui ne permettraient pas leur utilisation à des fins militaires.

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L’une des options pour fournir du combustible nucléaire destiné à la production d’électricité a été de créer une réserve internationale de ce combustible, afin de pouvoir le proposer aux pays qui le souhaitent sans avoir besoin de développer une industrie d’enrichissement de l’uranium, pouvant être utilisée militairement.

Un projet à 150 millions de dollars porté depuis près de 15 ans par le Kazakhstan 

L’AIEA a pris la décision de créer cette réserve en 2006. Mais l’accord portant sur la création de la première banque au monde d’uranium faiblement enrichi n’a été signé qu’en août 2015. Ce projet a été mis en œuvre au Kazakhstan à l’initiative de l’ancien président kazakh, Noursoultan Nazarbaïev, alors qu’aucun pays ne se portait volontaire pour accueillir cette banque d’uranium. La cérémonie d’ouverture a eu lieu en août 2017.

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La création et le fonctionnement de la banque sont entièrement financés par des contributions volontaires des États membres de l’AIEA et d’autres donateurs, pour un montant total de 150 millions de dollars (134,6 millions d’euros), couvrant les coûts estimés pour 20 ans d’activité. Parmi les donateurs figurent la Nuclear Threat Initiative (NTI), les États-Unis, l’Union européenne, les Émirats arabes unis, le Koweït, la Norvège et le Kazakhstan.

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Avec cette mise en fonctionnement, le Kazakhstan se positionne comme un acteur important du développement de l’énergie nucléaire à des fins non militaires. Une position prise dès son indépendance par le pays qui a vu le plus important nombre d’explosions nucléaires sur son sol, à Semipalatinsk, endroit des essais nucléaires soviétiques en air libre.

La rédaction

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Les barils d’uranium faiblement enrichi fourni par la société française Orano à la banque d’uranium de l’AIEA au Kazakhstan.
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