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Le delta du Syr-Daria sera modifié dans le cadre du projet de sauvegarde de la mer d’Aral

Le Kazakhstan veut modifier le delta du Syr-Daria afin de poursuivre sa stratégie de remplir la partie nord de ce qu’il reste de la mer d’Aral, au détriment de la partie sud située en Ouzbékistan. 

Novastan reprend et traduit un article initialement publié par le média en ligne spécialisé sur l’Asie centrale, Fergana News

La mer d’Aral, asséchée depuis plusieurs décennies par les Soviétiques, devrait connaître un nouveau changement. De fait, le delta de la rivière Syr-Daria, principal affluent de ce qui reste de la mer, devrait être modifié côté kazakh. “Il est maintenant question de la mise en œuvre de la deuxième partie du projet qui vise à la régulation du lit de la rivière Syr-Daria et à la préservation de la partie nord de la mer d’Aral », a affirmé Marat Imanaliev, le vice-président du Comité des ressources en eau du ministère de l’Agriculture du Kazakhstan, rapporte l’agence officielle kazakhe, Informburo.kz.

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« Quelques malentendus doivent encore être résolus avant. Mais certains projets sont déjà discutés séparément : il s’agit du projet de reconstruction du delta de la rivière Syr-Daria, et de la renaissance de ses lacs », a affirmé Marat Imanaliev lors du congrès sur l’environnement de Nour-Sultan, le 26 mai dernier. Selon le représentant de la commission, la date du début des travaux n’est toujours pas connue car des experts de plusieurs pays et organisations internationales y participeront.

Les pays voisins devront être consultés

«Pour la reconstruction, nous devons obtenir l’approbation des pays voisins, en particulier de l’Ouzbékistan. C’est une question qui peut être résolue. Je pense qu’ils vont se rencontrer. Il y a aussi un donateur en la personne de la Banque mondiale. Avec lui aussi besoin de coordonner. Il est donc fort possible que cela soit retardé de plusieurs années », a déclaré Marat Imanaliev.

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Pendant que le processus de coordination est en cours, le Kazakhstan mettra en œuvre des projets nationaux visant à sauver la mer d’Aral, en particulier la réparation du barrage de Kokaral. Il est situé dans le détroit de Berg, entre le nord de la mer d’Aral et le sud, et est conçu pour réguler le niveau de l’eau dans la partie sud du réservoir. C’est lui qui est à l’origine de la création de ce qui est appelé « la petite mer d’Aral ».

Un projet débuté au milieu des années 2000

La première phase du projet visant à sauver la partie nord de la mer d’Aral a été achevée en 2010. Dans ce cadre, le barrage de Kokaral, les installations hydrauliques d’Aklak, et des barrages de protection sur le Syr-Daria ont été construits. En outre, les pêcheries ont été restaurées et les complexes hydroélectriques de Kazaly et Kyzylorda ont été réparés.

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La deuxième phase du projet de sauvegarde de la mer d’Aral devait commencer quatre ans plus tard. Toutefois, selon les autorités kazakhes, son lancement a été reporté à plusieurs reprises « en raison de la position injustifiée de la partie ouzbèke ». Dans un premier temps, Tachkent a déclaré que ce projet pourrait « avoir un impact négatif sur l’état écologique du bassin de la mer d’Aral ».

Puis, en janvier 2016, le gouvernement ouzbek a annoncé qu’ils n’accepteraient sa mise en œuvre qu’après le règlement du problème de la préservation du système des lacs Aydar-Arnasay. Les autorités du Kazakhstan ne pouvaient pas garantir qu’elles régleraient ce problème et envisageaient de lancer la deuxième phase du projet sans accord avec l’Ouzbékistan.

Une deuxième phase lancée sans l’Ouzbékistan

En février dernier, les autorités kazakhes ont annoncé officiellement le lancement de la deuxième phase du projet, sans pour autant dire si la position de l’Ouzbékistan avait évolué.

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La mer d’Aral, située sur le territoire du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan, était le quatrième plus grand lac du monde avant le début de la mise en eau peu profonde. Entre 1960 et 2004, la superficie de sa surface en eau a diminué de 8,5 fois et son niveau d’environ 20 mètres, l’eau des rivières qui l’alimentant a commencé à être utilisée pour l’irrigation. La désertification de la mer a été une catastrophe environnementale pour l’ensemble de l’Asie centrale et a causé de graves dommages socio-économiques aux pays de la région.

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Jusqu’à aujourd’hui, les problèmes fondamentaux qui ont mené à cette catastrophe sont toujours les mêmes et les désaccords entre les pays du bassin de l’Aral sont criant, comme lors de la dernière conférence dédiée à ce sujet en août 2018 qui n’avait aboutit sur aucun accord commun.

Traduit du russe par la rédaction

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Le Kazakhstan aimerait modifier le delta du Syr-Daria pour alimenter encore davantage la mer d’Aral.
CorvusCorax via Wikimedia Commons
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