Berdimouhamedov Nazarbaïev Astana Noursoultan Gourbangouly

Le Kazakhstan et le Turkménistan s’accordent sur leurs frontières

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Lors d’une rencontre à Astana le 18 avril dernier, les présidents kazakh et turkmène, Noursoultan Nazarbaïev et Gourbangouly Berdimouhamedov respectivement, ont signé un accord sur la démarcation des frontières entre leurs deux pays. C’est une première parmi les pays d’Asie centrale dont les frontières, héritées de celles de l’ex-URSS, sont à l’origine de nombreuses tensions aujourd’hui encore.

« Parmi les documents signés aujourd’hui, je voudrais souligner l’importance de deux d’entre eux : l’accord de partenariat stratégique et l’accord sur la démarcation des frontière étatiques entre nos deux pays. » C’est ce qu’à déclaré Noursoultan Nazarbaïev à l’issue de sa rencontre le 18 avril avec son homologue turkmène.

Un accord inédit en Asie centrale

La capitale kazakhe, Astana, a été le théâtre d’un événement important pour les pays d’Asie centrale : pour la première fois, deux pays de la zone se sont accordés sur la délimitation de leurs frontières, signe d’une coopération forte entre le Kazakhstan et le Turkménistan. Cette décision inédite a été accompagnée de la signature de 50 documents régissant l’ensemble des relations bilatérales entre les deux États. Elle est inédite car elle concerne la frontière dans son intégralité. Bien que des accords bilatéraux entre les différents pays d’Asie centrale existent déjà sur certaines portions des frontières, c’est la première fois que deux États s’accordent sur le règlement de la question dans sa totalité.

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Le Turkménistan, depuis l’indépendance, a opté pour une politique de neutralité totale en matière de relations internationales. On peut voir dans le renforcement de la coopération avec le grand voisin kazakh une volonté relative de s’ouvrir aux processus d’intégration régionaux. La visite de Gourbangouly Berdimouhamedov au Kazakhstan a permis de développer la coopération dans tous les domaines : mise en place de commissions intergouvernementales, coordination dans la lutte contre le terrorisme, échanges d’informations classifiées, villes jumelées, coopération entre les chambres de commerce et d’industrie, etc.

Les frontières centrasiatiques : un casse-tête

La signature d’un accord de démarcation des frontières entre Astana et Achgabat ne règle pas tous les problèmes frontaliers qui persistent aujourd’hui en Asie centrale. Entre périodes d’ouverture et tensions ponctuelles, les cinq pays de la zone, depuis la chute de l’URSS, n’ont pas cessé d’être confrontés à des difficultés concernant leurs frontières. L’été 2016 a notamment vu les relations entre l’Ouzbékistan et le Kirghizstan se tendre fortement avec le déploiement de militaires ouzbeks sur la montagne d’Ungar-Too, territoire contesté, suite à l’arrestation de policiers ouzbeks ayant franchi la frontière par les autorités kirghizes. Plus récemment, la mort d’un citoyen tadjik à la frontière avec l’Ouzbékistan avait créé d’importantes tensions entre les deux pays.

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L’accord de démarcation des frontières entre le Kazakhstan et le Turkménistan semble rompre avec le statu quo et l’alternance entre périodes de tensions et d’apaisement caractéristiques des différends frontaliers en Asie centrale depuis l’indépendance des anciennes Républiques soviétiques. Noursoultan Nazarbaïev et Gourbangouly Berdimouhamedov ont cherché à démontrer que de nouveaux moyens d’action étaient envisageables pour régler une question sans réponse depuis plus de 25 ans.

La rédaction

Gourbangouly Berdimouhamedov et Noursoultan Nazarbaïev à Astana le 18 avril 2017Akorda.kz
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