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Le Kazakhstan ferme un peu plus son marché du travail aux étrangers

Le Kazakhstan a réduit pour 2020 de 40 % le quota de travailleurs étrangers autorisés à travailler sur son marché de l’emploi. Les autorités prévoient également une nouvelle loi pour obliger les entreprises à remplacer les cadres étrangers par des cadres kazakhs.

C’est un coup de rabot conséquent. Seulement un peu plus de 29 000 travailleurs étrangers pourront travailler au Kazakhstan en 2020, soit 40 % de moins que l’année précédente, a annoncé ministre kazakh du Travail et de la Protection sociale Birjan Nourymbetov, lors d’une interview le 17 février dernier avec l’agence kazakhe Kazinform.

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Birjan Nourymbetov a également souligné que le parlement du Kazakhstan examinait en ce moment un nouveau projet de loi sur la régulation des flux migratoires, qui contient des mesures de protection du marché interne du travail. En particulier, il est prévu d’imposer aux employeurs l’obligation de remplacer les travailleurs qualifiés étrangers par du personnel kazakh. « Les permis ne doivent être délivrés qu’en l’absence de spécialistes sur le marché du travail domestique », a déclaré le ministre du Travail kazakh.

La question des travailleurs étrangers au Kazakhstan, notamment ceux chinois qui représentent 25 % de la main-d’œuvre étrangère légale dans le pays, est un sujet sensible. Il est à l’origine de nombreuses manifestations et de violences régulières ces dernières années.

Une réduction qui correspond à la réalité du terrain

Ce problème de la différence de traitement a également fait l’objet de heurts violents en juin 2019 au sein de l’un des plus grands champs de pétrole du pays, Tengiz, entre des travailleurs étrangers, principalement venus de pays arabes, et leurs collègues kazakhs. Un conflit similaire a eu lieu sur le chantier de la plus grande tour d’Asie centrale actuellement en construction dans la capitale kazakhe, Nur-Sultan, en juillet 2019.

Le ministre du Travail a annoncé le 26 novembre que près de 400 expatriés avaient été expulsés du Kazakhstan cette année. Notamment suite à des problèmes expliqués par la trop grande différence de salaire dans l’ouest du pays.

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C’est bien dans le but de protéger le marché du travail national que le gouvernement kazakh fixe chaque année un quota pour limiter le nombre de spécialistes étrangers. Cependant en 2019, selon les chiffres officiels, les travailleurs étrangers ne représentaient que 0,54 % de la population économiquement active de la République, soit environ 48 700 personnes. Les quotas n’ont pas été atteints en 2019, avec seulement un peu plus de la moitié du chiffre maximal, soit 25 500 travailleurs étrangers présents au Kazakhstan. Selon les données du ministère kazakh, 816 permis ont été délivrés pour des cadres supérieurs et 4 595 pour des cadres. La réduction du nombre de travailleurs étrangers est donc logique, puisqu’elle revient à adapter le quota à ce qui est réellement utilisé.

La rédaction

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Le marché du travail kazakh a été restreint pour les étrangers (photo d’illustration)
Lindsey G / Wikimedia Commons
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