Le Kazakhstan se dote d’un fonds de pension unique

FPCU, une révolution dans un système social ? Crédit : finance.headline.kz

Le vice-premier ministre du Kazakhstan, Kairat Kelimbetov, a informé le gouvernement kazakh des détails concernant la création d’un fonds de pension cumulatif unique (FPCU) qui serait une révolution dans un pays qui compte une multitude de fonds de pension.

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C’est le 23 janvier, pendant la réunion d’État dans le palais du Président Nursultan Nazarbayev, « Ak-orda », que celui-ci a d’abord proposé de créer le FPCU, qui contiendra tous les comptes de fonds de pension cumulatifs privés. Selon N. Nazarbayev, ce conglomérat, géré par la Banque Nationale, permettra d’organiser un regroupement plus efficace de l’argent des cotisations des citoyens kazakhs et de le concentrer dans des domaines comme l’économie, l’industrie ou le développement des entreprises. Le Président a pu remarquer que le manque d’investissements dans les pensions et le secteur industriel, le rendement bas fondent la nécessité d’une telle réforme dans le sphère de pension.

A ce jour, onze fonds de pension cumulatifs (FPC) sont présents au Kazakhstan, avec un choix libre de chaque citoyen fondé sur celui qui lui paraît le plus attractif. Le système de pension cumulatif existe au Kazakhstan depuis 1997 et le fonds de pension benevolé kazakhstanais est consideré le première fonds registré au Kazakhstan. Le système kazakhstanais base sur le modèle du système de pension chilien. C’est-à-dire chaque citoyen obtient un compte individuel sur lequel ses cotisations sont accumulées et investis par les FPCs. Il est assez flexible, ce qui laisse la possibilité d’observer la situation parmi les fonds de pension et son évolution, mettant les différents fonds en situation de concurrence.

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Le FPCU a été pensé sur la base de fonds de pension cumulatif d’État , avec 100% de ses actions qui appartiendront à la Banque Nationale. Cela veut dire que la Banque Nationale sera responsable de la direction des actifs disponibles pour le FPCE. Les FPC actifs auront la possibilité de poursuivre leur activité comme gérants de portefeuilles de placements (ce qui implique un changement de licence, de gestion d’actifs de pension à gestion de portefeuilles de placements) ou comme les FPC pour des souscription bénévoles. Ainsi, les FPC actifs pourraient devenir des fonds de pension cumulatifs bénévoles en parallèle du FPCU.

Les discussions sur ce thème sont incessantes et les opinions sur la création du FPCU variées. Le directeur général de la Banque Nationale , Grigoriy Marchenko voit quelques avantages à propos de cette idée. « Si les FPC sont consolidés dans l’organisation unique, la diminution des dépenses opérationnelles et administratives se déroulerait. »

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Le 12 février dernier à Almaty a eu lieu une conférence de presse sur la question « Faut-il créer le FPCU au Kazakhstan ? ». Une lettre ouverte y  été présentée, envoyée à N. Nazarbayev par Aidar Alibayev , Talgat Akulov et Gabden Zhakeev, respectivement  représentants de l’Association de fonds de pension, de l’Association Indépendante des entrepreneurs , et de « Uli dala »  , une association républicaine sociale.

Dans cette lettre, les représentants se méfient de cette réforme et ne comprennent pas la hâte du gouvernement à la mettre en œuvre. Ils proposent des chiffres sur les avantages du système existant: pendant quinze ans les FPC kazakhstanais ont eu une croissance 1,5 fois supérieure à l’inflation. Ainsi, le rendement moyen des FPCs kazakhstanais depuis 1998 aurait dépassé 348% tandis que l’inflation atteignait 211%. Il semblerait ainsi que les fonds de pension cumulatifs arrivent à maintenir leurs objectifs.

Selon le vice-premier ministre Kairat Kelimbetov, la consolidation doit être accomplie jusqu’au 1er juillet et causera les changements de huit codes juridiques et de 22 lois de la République kazakhe. En analysant cette situation, la majorité de spécialistes de sphère de pension et les citoyens kazakhstanais ne voient pas les avantages évidents de ce réforme sauf les extraits courts déclarants par les officiers qui apparaissent dans la presse temps à temps. De nombreux commentaires négatifs sur Internet expriment leur incompréhension : « Pourquoi faut-il consolider ? Est-ce que l’on considère les opinions des gens « ordinaires » ? » La réforme est à l’étude chez le gouvernament et continue d’attirer beaucoup d’attention.

Assiya Babayeva
Journaliste pour Francekoul.com à Astana

Relu par Etienne Combier

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