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Présidentielle au Kazakhstan : les observateurs internationaux pointent de sérieuses irrégularités

Les observateurs de l’OSCE estiment que « les violations et le non-respect des procédures formelles ne garantissent pas un décompte honnête des votes » de l’élection présidentielle. Ils dénoncent également une « atmosphère réprimant les opinions critiques ». 

Les critiques des observateurs internationaux pleuvent sur les autorités kazakhes. Dans un communiqué publié ce lundi 10 juin, la mission d’observation de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a jugé sévèrement l’organisation de la présidentielle du 9 juin, remportée par le candidat du pouvoir, Kassym-Jomart Tokaïev. L’OSCE, pointe ainsi un « manque de respect des libertés fondamentales et des irrégularités généralisées du vote » et estime que « le potentiel de réforme politique reste inexploité ». 

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La mission d’observation comprenait 339 observateurs de 40 pays, dont 290 experts, des observateurs à court et à long terme envoyés par l’OSCE. L’organisation internationale pointe surtout « le non-respect des droits fondamentaux et notamment l’arrestation de manifestants pacifiques ». Elle critique également « les nombreuses irrégularités commises lors du vote le jour du scrutin, qui n’a pas respecté les normes démocratiques« . De fait, près de 500 personnes ont été arrêtées le jour du vote après avoir manifesté pour une élection libre.

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Les observateurs notent que « les restrictions à la liberté constitutionnelle de réunion et de participation dans des associations et le droit de participer à la vie politique, ainsi que de graves lacunes dans le cadre juridique, ont rendu difficile la tenue d’élections démocratiques ».

« Un environnement politique dominé par le parti au pouvoir »

Dans le détail, le communiqué critique notamment la tenue de la campagne présidentielle, où « peu d’opinions critiques ont été exprimées« , malgré une meilleure organisation et représentativité, avec 7 candidats, une première. Pour autant, « les élections se sont déroulées dans un environnement politique dominé par le parti au pouvoir et dans une atmosphère réprimant les opinions critiques« .

De plus, les observateurs internationaux sont conscients du fait que le gouvernement a contraint les représentants de l’État et les étudiants à participer aux campagnes électorales et à voter pour le président par intérim. Ils notent que « de tels actes ont estompé la frontière entre le parti et l’État et ont suscité des inquiétudes quant à la capacité des citoyens à exprimer librement leur volonté« .

« Bien que la liberté d’expression et le droit d’accès à l’information soient garantis par la Constitution, ils sont également limités par la loi. L’accès aux sites Web et aux réseaux sociaux a souvent été bloqué, empêchant ainsi les discussions publiques », continue l’institution. De plus, l’OSCE pointe « Une large couverture de l’actuel président dans les médias et l’appui de son prédécesseur à sa candidature », une situation qui a créé un déséquilibre. « Cela limitait la capacité des électeurs à faire un choix en connaissance de cause », estiment les observateurs.

Le président kazakh balaie les critiques

De son côté, le nouveau président a donné un autre son de cloche sur l’élection. « Je crois que ces élections ont été justes et ouvertes. Des conditions égales ont été offertes aux candidats », a estimé Kassym-Jomart Tokaïev durant une conférence de presse relatée par le média officiel kazakh informburo.kz.

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Le nouvel homme fort du pays est revenu sur les manifestations du jour J, estimant qu’elles étaient « illégales du point de vue de la loi ». Il a également rappelé que « la liberté d’expression est totalement présente au Kazakhstan »,  blâmant les manifestants de « comportements indignes ». Kassym-Jomart Tokaïev a demandé « une retenue » aux agences gouvernementales lors de leur jugement, pour qu’une « forme de dialogue » soit instaurée.

Sans surprise, le nouveau chef de l’Etat kazakh a axé sa communication autour de la lutte contre la corruption, promettant de combattre sans relâche « ce grand mal ». Le changement, ce n’est pas pour maintenant.

La rédaction

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Pour l’OSCE, l’élection présidentielle kazakhe n’a pas été libre (photo d’illustration).
Element5 Digital via Pexels
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