Zelinograd usine électricité

Qu’est-ce qui bloque le développement des énergies « vertes » au Kazakhstan

D’ici 2030, le Kazakhstan voudrait voir la part des énergies renouvelables atteindre 30% de son paquet énergétique et 50% d’ici 2050. Ce sont les objectifs que s’est fixé le plus vaste pays d’Asie centrale lors de l’exposition internationale d’Astana en 2017. Alors que la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité est aujourd’hui de moins d’un pourcent, Forbes.kz tente d’expliquer ce qui bloque leur développement dans cet article traduit par Novastan.

S’il est possible d’affirmer que les énergies renouvelables au Kazakhstan ont un avenir, le moment où il adviendra reste incertain. Selon les données de la SA KEGOS [ndt: la société publique chargée du monopole de la distribution de l’électricité au Kazakhstan], la part des énergies solaires et éoliennes dans la production totale d’énergie électrique n’est que de 0,4%. Autrement dit, les sources alternatives ne jouent pratiquement aucun rôle dans la production actuelle d’énergie électrique.

Un avenir sombre pour les énergies renouvelables

Il n’y par ailleurs aucune raison de penser que la situation va changer dans un futur proche. Selon les données prévisionnelles du ministère de l’Énergie pour la période 2017-2023, la part des énergies solaires et éoliennes dans la production d’énergie électrique ne sera que de 4,94% en 2023. Certes, il s’agit d’une multiplication par dix de cette production, mais cela reste ridicule par rapport à la production totale.

En effet, si l’on regarde par exemple la part de ces énergies dans la production électrique en Allemagne, alors on s’aperçoit qu’elle était de 32% en 2016 ! La différence est notable. De plus, en conformité avec la loi allemande sur les énergies renouvelables, d’ici 2050, au minimum 80% de l’énergie électrique devra provenir de sources renouvelables. Encore une autre comparaison : si en Allemagne, la part de l’énergie électrique produite par des usines à charbon est de 43,3%, elle est de 79,4% au Kazakhstan.

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Bien sûr, on pourrait, avec un peu d’humour, parodier le proverbe russe « ce qui est bon pour les Allemands tuera les Russes », et se dire que ce qui convient aux Allemands n’est pas fait pour les Kazakhs. Il conviendrait aussi de rappeler de manière générale qu’il n’est pas pertinent de comparer des pays si différents. Cependant, nous avons nous-mêmes appelé le forum de l’énergie d’Astana « Une nouvelle énergie pour une nouvelle économie », et le slogan de l’Expo-2017 [ndt: une grande exposition internationale qui s’est déroulée à Astana entre juin et septembre] était « l’énergie du futur« …

Quand les mots se heurtent à la réalité

Néanmoins, la vie nous rappelle que des slogans restent des slogans et que la réalité, elle, est belle est bien là. Pratiquement toutes les stations électriques du Kazakhstan été ouvertes sous l’URSS et les dépenses d’investissement pour leur construction sont déjà amorties. Construire de nouvelles centrales ou de nouvelles infrastructures, au vu des financements nécessaires et de la durée de leur amortissement, aurait un prix conséquent et conduirait à une hausse significative du prix de l’électricité. C’est pour cette raison que Samrouk-Energo, l’entreprise qui a construit l’usine électrique de Balshask, s’est impatientée et a demandé que l’électricité du barrage hydroélectrique de Moniak, dont elle assure l’exploitation, soit vendue à un prix subventionné.

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Pour que se développe cette énergie « nouvelle », le gouvernement doit prendre en charge une période de subvention de leur utilisation, comme cela a été fait en Allemagne. Cela apparaît cependant peu réalisable dans la situation économique actuelle. Il nous reste donc à attendre que les financements augmentent, que la durée de l’amortissement s’allonge, et alors seulement les conditions favorables au développement d’énergies renouvelables seront réunies.

Jaras Akhmetov, directeur de la SARL « OilGasProject »

Traduit du russe par Adrien Sauvan

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