fin d'une saison Kazakhstan Film Jannat Alchanova

Un court-métrage kazakh présenté au Festival de Cannes

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Sélectionné parmi 2 426 œuvres, le court-métrage kazakh « La fin d’une saison » de Jannat Alchanova, étudiante à la London Film School, a été sélectionné aux côtés de 17 autres pour être présenté au concours de film étudiant du festival de Cannes, « Cinéfondation ». Le cinéma kazakh est très présent cette année au Festival de Cannes.

Novastan reprend et traduit un article originellement publié par le média kazakh, The Open Asia.

Trois films kazakhs sont présenté cette année au Festival de Cannes, dont un court-métrage de la jeune réalisatrice kazakh Jannat Alchanova dans le cadre du concours de premier film « Cinéfondation », sélectionné parmi 2 426 films.

Un concours pour débutants prometteurs

Le concours « Cinéfondation » est spécifique parmi les concours du festival de Cannes. En effet, seuls les diplômés d’une école de cinéma peuvent participer, une seule fois dans leur vie et cela dans l’année où ces étudiants doivent rédiger leur travaux finaux.

Le concours « Cinéfondation » a été initié en 1998 par Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes. Ce concours permet non seulement d’attirer les talents, mais de les aider financièrement : la premier prix du concours est de 15 000 euros, le deuxième de 11 250 euros, et le troisième de 7500 euros. Le gagnant du grand prix a l’occasion de montrer son premier long métrage au Festival de Cannes. Les prix seront annoncés le 17 mai prochain.

« La victoire ou tout simplement participer à « Cinéfondation » peut ouvrir des portes pour attirer des futurs investisseurs et être plus connu des critiques, mais pas plus. Beaucoup dépend de la personne elle-même. « Cinéfondation » ce n’est pas le sommet d’une carrière. Mais y participer permet de faire le plein de motivation pour de nouveaux projets. Je peux dire une chose maintenant, c’est que d’avoir été sélectionné parmi les 17 films à ce concours, il me semble plus facile de parler avec les membres de l’industrie du cinéma », précise Jannat Alchanova.

Un court-métrage tourné au Kazakhstan

Le court-métrage de Jannat Alchanova a été tourné au Kazakhstan et est imprégné de l’atmosphère kazakhe. Le film se passe autour des sources chaudes de Chungju, dans l’est du Kazakhstan, non loin de la frontière avec la Chine.

« J’ai travaillé sur mon premier projet de film en même temps que le tournage de la série Netflix « Marco Polo », qui a été tourné au Kazakhstan. Et lorsque j’ai pensé à où tourner mon film, j’ai immédiatement pensé à Chungju » explique la réalisatrice. « La destination principale de notre tournage était l’hôtel, perdu quelque part dans les steppes et construit autour des sources minérales d’eau chaude. Comme c’était l’été, hors saison pour le bain chaud, l’hôtel était vide et nous avons pu utiliser les lieux au maximum : notre équipe de tournage voulait s’éloigner du monde extérieur pour se plonger dans l’histoire. En effet, il y avait une sorte d’atmosphère surnaturelle : la chaleur, l’hôtel complètement vide avec une piscine bleue où l’eau chaude donnait des aires de désolation, une sorte de marge inexplorée. Il me semble que l’énergie de cet endroit nous a dicté une tonalité particulière de l’image, que tout le groupe a attrapée en travaillant. Je pense que c’est perceptible dans le film ».

Un film sur la sensualité féminine

« La fin d’une saison » est un court métrage de 23 minutes, qui tourne autour de l’histoire d’une femme d’âge moyen qui « sent de nouveau sa sensualité. » La jeune réalisatrice a pu saisir quelque chose qui échappe habituellement à l’objectif de la caméra : certaines sensations et impressions, qui auraient été ressenties par le jury. « Je suis toujours pour laisser passer le naturel, de ne pas être un dictateur sur le lieu de tournage. Nous avons pris le parti de l’improvisation et que les choses allaient changer dans le script au fur et à mesure. La principale chose que j’ai réalisée pendant le tournage du film, c’est de vérifier votre intuition et vos impulsions intérieures, mes sensations. Il faut le faire comme vous le sentez », souligne la jeune réalisatrice kazakhe.

« Ce n’est pas une histoire triviale d’amour à l’âge adulte, pas du tout », précise Jannat Alchanova. « C’est plutôt une histoire à propos des gens, même ceux qui ont tout dans la vie de façon claire et sans aucun doute, qui ont toujours une chance de laisser un peu d’extraordinaire. Bien que l’héroïne ne soit pas jeune, et, en apparence, une grande partie de sa vie est déjà passée, il se trouve qu’elle est encore en mesure de sentir vraiment, de rêver et de se réinventer. J’aimerais que le public voit dans ce film un espoir : celui de voir toujours des surprises dans leurs vies. »

« La fin d’une saison » a été tourné avec l’actrice russe Rosa Khairullina, qui a également tournée dans le film d’Ermek Tursunov « RAT », au côté de l’un des acteurs les plus populaires du Kazakhstan, Dulyga Akmolda. L’actrice, Rosa Khairullina dont la puissance subjugue tout autour, rime très bien avec le lieu du tournage, cet hôtel hors du commun, qui sort d’un autre monde. « J’apprécie vraiment la chimie entre les acteurs », souligne Jannat Alchanova.

« Dans le film il y a des superpositions, le nom du film, « la fin d’une saison », fait référence à l’âge de la femme (comme la jeunesse arrive à son terme, mais pas encore tout à fait), et aussi à la saison touristique (une désolation pas encore totale avec l’absence toute fraîche des touristes), et de nouvelles expériences du personnage principal (c’est comme si elle était mariée, mais aussi comme si elle ne l’était déjà plus) », explique Jannat Alchanova.

Le cinéma, une vocation tardive pour Jannat Alchanova

En 2007, Jannat Alchanova a été diplômée de l’université KIMEP à Almaty d’une licence en Business Administration, puis est allée étudier en Espagne pour un master en « marketing ». Elle y a gagné une bourse pour étudier à Shanghai et a déménagé en Chine. Elle a ensuite travaillé dans le domaine de l’éducation et des cosmétiques, puis en tant que responsable du marketing d’une marque de champagne et même dans le secteur pétrolier kazakh, jusqu’à ce qu’elle se tourne vers le cinéma.

« Je ne savais pas comment avancer dans ce secteur – je ne suis pas particulièrement cinéphile, je n’ai pas d’éducation dans ce domaine, pas d’amis, aucune idée de ce que je pouvais faire. J’ai commencé à suivre des cours de photographie, j’ai ensuite étudié à l’école de théâtre. J’ai fais connaissance avec Yermek Tursunov. Il m’a demandé pourquoi je voulais aller au cinéma. Pour devenir célèbre ? J’ai répondu que je voulais juste exprimer mes pensées à l’écran », explique la réalisatrice. « Eh bien, qu’avez-vous regardé ? Il m’a demandé. Je reconnais qu’il n’y a rien, il n’y a pas de grands classiques – il m’a donné une liste, et j’ai commencé comme ça. C’est aussi simple. »

Puis il y a eu l’épisode « Marco Polo » au Kazakhstan et en Malaisie. Grâce à cet épisode, Jannat Alchanova apprend l’existence de Netflix. Ensuite, elle a appris le travail des réalisateurs pendant le tournage de « RAT », où elle a rencontré Rosa Khairullina, et seulement après tout cela, suit une formation à la London Film School.

Deux autres films kazakhs présentés au festival de Cannes

Au Festival de Cannes cette année, deux autres films kazakhs seront présenté. En compétition principale, on trouvera le film de Sergei Dvortsevoi, « Ike »; tandis que pour « Un Certain Regard », le jeune réalisateur kazakh Adilkhan Erzhanova a été invité.

Avec la participation de Jannat Alchanova à « Cinéfondation », cette année à Cannes ressemble à un succès pour le cinéma kazakh.

Galiya Baizhanova
Journaliste pour the Open Asia

Article traduit du russe par la rédaction

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Scène du film « La fin d’une saison » de Jannat Alchanova, présenté au festival de Cannes.
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