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Voyage dans le temps à travers les rues d’Almaty

Almaty, l’ancienne capitale kazakhe, brille par les chefs-d’oeuvres du modernisme soviétique qu’elle abrite. Petit tour de dix monuments emblématiques d’Almaty.

Novastan reprend et traduit un article initialement publié par le média en ligne spécialisé sur l’Asie centrale, Fergana.ru.

Almaty est un ville aux multiples facettes. Ancienne capitale du Kazakhstan jusqu’en 1997, elle est aussi une ville aux airs de mirage au bout de la steppe kazakhe, là où commencent les monts célestes du Tian Shan. Mais en plus de toutes ces identités, Almaty est un coffre renfermant certains trésors du modernisme architectural soviétique.

Étonnamment, durant l’URSS, l’implacable grand frère russe l’a ainsi façonnée. Et à sa grande surprise, le résultat a surpassé tout ce que les contes, les chansons et même les danses pouvaient laisser imaginer. C’est de cette métamorphose dont il est question dans le guide Almaty : Modernisme architectural soviétique de 1955 à 1991, fruit des efforts conjugués d’Anna Bronovitskaïa, Nikolai Malinine et Youri Palmine. Les auteurs précisent qu’ils ne sont pas originaires d’Almaty et que leur regard ne se pose pas tant sur le présent de la ville que sur son passé récent qui, fort heureusement, a pu être préservé.

Ils nous guident à travers dix grands monuments d’Almaty, ceux qui selon eux représentent le mieux le modernisme soviétique.

Les photos de cet article ont été prises par des membres de l’équipe de Novastan et n’appartiennent pas à l’article original.

Le cirque national d’Almaty, 1966-1972

cirque almaty Kazakhstan Architecture

Le cirque d’Almaty, qui ne devait être qu’une copie-carbone de tant d’autres, aura finalement été un des plus beaux d’URSS. Lénine aurait dit que tant que le peuple resterait illettré, les arts les plus essentiels seraient le cinéma et le cirque. Ces arts étaient en effet tellement importants que, lorsqu’il a été décidé, en 1966, de construire le cirque d’Almaty, les clowns, les acrobates et les caniches savants étaient au moins aussi populaires que les Cosaques du Kouban. D’ailleurs, le peuple n’y voyait pas grande différence, à juste titre d’ailleurs.

Officiellement, le pouvoir soviétique a insisté pour que les projets architecturaux soient aussi standards que possible. Mais en réalité, on ne faisait pas grand cas de ces recommandations. Lorsqu’un projet de cirque semblable à celui d’Achgabat, la capitale turkmène a été proposé à Almaty, il est tombé sur un os en la personne de Dinmouhammed Kounaïev, premier secrétaire du Comité central kazakh. De plus, les Kazakhs ne voulaient pas être en retard par rapport à leurs voisins. Dès lors, pendant les consultations sur le projet, il a été décidé d’augmenter la hauteur et l’envergure générale du bâtiment. Les auteurs du guide notent que le manège abritant l’amphithéâtre a été  bardé d’un large foyer à deux ailes en plus d’un étage inférieur supplémentaire équipé d’un vestibule, des toilettes et d’une consigne, tout cela en vue d’agrandir le cirque qui compte aussi 14 buffets. L’extérieur du bâtiment est une grande baie vitrée lui donnant un aspect singulier.

Le cirque national a été achevé en 1972 pour ensuite subir des transformations après la chute de l’URSS. Après les rénovations de 2003 à 2006, la salle est passée de 2060 sièges à 1789. Des sièges aujourd’hui à la fois plus larges et plus confortables.

L’hôtel Alma-Ata, 1962-1967 

Hotel almaty Kazakhstan Architecture

L’hôtel Alma-Ata était, selon les auteurs du guide, le bâtiment le plus huppé et le plus couru d’Almaty. Pendant la guerre, la rue Kalinin (désormais Kabanbai-batyr), qui sert d’adresse à l’hôtel, est devenue une des promenades les plus populaires de la ville. Toutes les célébrités évacuées de Moscou y flânaient, de Zochtchenko à Marchak, sans oublier Tolstoi, Simonov, Orlova et Ladynina. Mais à la fin de la guerre, ils ont remis le cap sur Moscou, laissant là leurs flâneries. Ils ont été remplacés à la fin des années 1950 par de jeunes Kazakhs revenant de Moscou.

Ce sont ces étudiants qui ont trouvé un nouveau nom à la rue : Brod (gué en russe). Le Brod allait être arpenté par celui qui allaient devenir l’illustre poète, Oljas Suleimenov et le non moins célèbre chanteur Ermek Serkebaïev. En plus de permettre aux bohèmes d’Almaty de se promener librement, le Brod offrait une foule de possibilités, du champagne à la vodka (accessoires indispensables aux bohèmes) en passant par les prostituées. D’ailleurs, pour éviter qu’une honnête jeune femme soit malencontreusement prise pour une prostituée (et pour éviter tout scandale), les filles de joie prenaient place sur un banc et inclinaient leurs chaussures de façon à ce que leur prix soit bien visible, trois ou cinq roubles.

Entouré de bâtiments peu élevés (par crainte de tremblements de terre), l’hôtel, armé de ses huit étages, avait de quoi faire forte impression. Sa principale marque de fabrique était sa courbe élégante, rappelant aux habitants de la steppe l’arrondi d’un arc bandé. On retrouve les même courbes délicates à l’intérieur du bâtiment, par exemple dans le remarquable escalier en colimaçon en blocs de béton disposés en éventail débouchant directement sur le toit et le café estival.

L’hôtel a échappé de peu à la destruction au début des années 2000. Heureusement, le nouveau propriétaire, amoureux du bâtiment, a étouffé la crise dans l’œuf en préservant son apparence initiale, tout en modernisant quelque peu l’édifice.

Maison régionale des officiers (Maison de l’armée de la République du Kazakhstan), 1972-1978

Dans la fièvre des années 1990, Alyona Apina confiait dans une de ses chansons qu’elle aimait les militaires, beaux et fiers. Il faut bien le dire, Alyona Apina n’était pas la première à faire état de ses passions, les militaires étant déjà très populaires bien avant son époque, ce qui permet certainement d’expliquer la construction d’un des édifices les plus impressionnants d’Almaty : la maison des officiers. La puissance de ses contreforts triangulaires érigés telles des cuirasses, la force de ses piques dirigées tout droit vers le ciel vous font implacablement penser aux paroles d’une autre chanson ; My Armia Naroda (Nous sommes l’armée du peuple) : « si nos ennemis osent se risquer à tester notre force, nous leurs feront passer le goût d’essayer à nouveau… ».

Au début des années 1970, les relations entre l’URSS et la Chine (et le reste du monde à vrai dire) s’étaient détériorées à un point tel que le nombre d’ennemis souhaitant jauger la force militaire soviétique atteignait un nombre on ne peut plus respectable. Dès lors, il fallait agir en conséquence, et la maison des officiers est née. En 1974, avec la création du district militaire d’Asie centrale dont le commandement était déployé à Almaty (Alma-Ata à l’époque), la ville s’est remplie d’un grand nombre d’officiers. Et comme d’aucun sait, si un officier n’a pas de maison, il en saisit une. Ce qui est très simple quand on a toujours une arme sous le main.

Deux projets concurrents étaient prévus pour la maison des officiers. Le premier prévoyait sa destruction, le second sa préservation, mais entouré d’un nouveau bâtiment. Le deuxième l’emporta. Sous le soleil blanc du désert, l’Orient est un affaire, certes délicate, mais aussi rondement menée.

Le cinéma Arman, 1964-1968

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« Ce parallélépipède d’un blanc cotonneux cristallise avec beaucoup de finesse l’esprit de l’époque et de l’endroit ». C’est avec cette phrase que les auteurs du guide présentent le cinéma Arman. Les non-initiés aux arcanes de l’architecture se questionneront peut-être sur l’absence presque totale de vitres, à l’époque vénérées par les architectes kazakhs (tout ce qu’il reste de verre se trouve dans la cour intérieure). Les connaisseurs répondront avec sagesse que le verre ne fait partie ni de la tradition, ni de l’âme kazakhe. Derrière une paroi de verre, on a chaud, il fait étouffant. Et il est difficile de laver des vitres quand la poussière s’y accumule.

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Quand ce projet composé de murs vides, sans fenêtres, a été formellement approuvé, la commission s’est enquise de savoir d’où viendrait la lumière. Faudrait-il laisser des lampes allumées en continu ? Leurs inquiétudes ont rapidement été dissipées ; la lumière viendrait d’en-haut. Le cinéma a été imaginé comme une yourte : simple et austère de l’extérieur mais équipé d’une formidable cour intérieure où il fait frais et lumineux et où les badauds aiment à se délasser.

Les murs de l’Arman ont été agrémentés de bas-reliefs très évocateurs accompagnés d’inscriptions édifiantes : « Grande est la voie de notre peuple. Grands sont ses exploits ». L’air bourru du cosmonaute anonyme et de son acolyte à lunettes, visiblement un physicien nucléaire, semble mettre en garde d’emblée quiconque oserait douter de la véracité de cette élogieuse maxime.

Le bain Arasan, 1977-1983

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Le bain Arasan ne dévoile pas tous ses attributs au grand jour, ce qui correspond aux normes strictes de l’URSS. À l’époque, un derrière nu exposé à la vue de tous provoquait l’hilarité et non l’admiration.

Dans le cas de ce bain, les architectes voulaient que l’intérieur serve de pièce de résistance. Les gigantesques bains sont « la rencontre bouillonnante et protéiforme des styles byzantin, mauritanien et d’Asie centrale », affirment les auteurs du guide, « et les lampadaires ronds du vestibule rappellent à s’y méprendre ceux de la bibliothèque d’Alvar Aalto, à Vyborg ». L’idée était probablement que les personnes entrant dans les bains aient l’impression d’entrer dans une bibliothèque et puissent avoir l’impression de se cultiver sans pour autant fournir le moindre effort.

Pourtant, officiellement, ce bain n’a pas été construit pour aider les habitants d’Almaty à atteindre de nouveaux sommets spirituels et intellectuels. Il manquait tout simplement d’endroits où se laver. Les normes soviétiques imposaient la présence de trois bains pour 1000 habitants et il n’y en avait 1,6 à Almaty. Dès lors, en faisant émerger l’Arasan, les autorités faisaient coup double : elles donnaient accès à des bains et rendaient les ablutions chic. C’est d’ailleurs ce qu’on a pu lire dans le journal Vechernyaya Alma-Ata à l’occasion de la célébration du 80ème anniversaire de Dinmouhammed Kounaïev, qui était alors le « propriétaire » du Kazakhstan : « Dans cent ans, nos gars se souviendront encore de ses louables paroles en se prélassant dans les saunas ». 

La patinoire et le complexe sportif Medeo, 1967-1972

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La patinoire Medeo est une infrastructure si complexe que toute plaisanterie à son sujet semble déplacée. En 1975, le collectif à l’origine du centre a reçu un prix national de l’URSS dans le domaine des sciences et technologies.

Des systèmes de refroidissements et de répartition du froid spécifiques ont été installés pour maintenir une patinoire artificielle à ciel ouvert de 10 500 mètres carrés pendant 8 à 9 mois par an. Le filtrage de l’eau et la sous-couche novatrice de la patinoire en béton auto-lissant donne à la glace une homogénéité idéale. 148 kilomètres de tubes de chlorofluorocarbone ont été disposés à une distance maximale d’un millimètre les uns des autres. Cette patinoire a été témoin de pas moins de 112 records du monde de patinage de vitesse, plus que n’importe quelle autre enceinte.

À la fin des années quarante, le patineur soviétique Konstantin Koudriavtsev a eu l’idée de construire une patinoire à Medeo, motivé par les atouts des entraînements et des courses se déroulant en patinoires situées en haute montagne. La glace y étant plus glissante et l’air plus comprimé, les patineurs doivent adapter leur technique de glisse et leur préparation physique.

Au début, la patinoire Medeo n’était pas différente des autres, elle n’ouvrait pas plus de deux mois et demi par an, en période hivernale. La remplacer par une merveille de technologie n’avait pas de sens tant qu’il existait un risque de coulée de boue. Mais quand, au milieu des années soixante, il a été décidé de construire un barrage, le projet de transformation de la patinoire a été remis au goût du jour.

Le barrage de Medeo, 1964-1967

Le barrage est un des rares cas où une création est le fruit d’une explosion. Cette explosion n’était en rien due au hasard. Pendant de nombreuses années, Almaty, située au cœur des montagnes, a vécu sous la menace des coulées de boues dont la plus ancienne se serait produite le 8 juillet 1921. Une coulée de boue de trois millions et demi de tonnes a inondé la ville, détruisant tout sur son passage et faisant environ 500 victimes. Lors de cette coulée, un des bâtiments de la rue Karl Marx a été arraché par la vague, ses décombres passant devant l’enceinte du bâtiment où était posté un régiment de soldats de l’armée rouge. Fait cocasse, les habitants de cette malheureuse maison, habitués aux secousses venant de chez leurs voisins, n’avaient pas compris qu’un vrai tremblement de terre avait lieu.

Le premier projet de barrage est né en 1935, suivi par beaucoup d’autres, rejetés pour la plupart : trop cher, guerre contre l’Allemagne… les raisons étaient légions.

La coulée suivante a eu lieu en 1956 le long de la rivière Malaya Almatinka. Mais c’est la coulée qui a suivi, le 7 juillet 1963 près du lac Issyk, à 55 kilomètres d’Almaty, qui a fait le plus de vagues. Dinmouhammed Kounaïev, alors président du Conseil de ministres de la République soviétique du Kazakhstan, et Alexeï Kossyguine, membre du Bureau du Comité central du Parti communiste d’Union soviétique ont été les témoins malheureux de cette catastrophe. Ils ont alors conclu que la construction du barrage ne pouvait plus attendre.

Mais il n’y avait pas assez de temps pour construire un barrage en utilisant les méthodes traditionnelles. Kounaïev a alors décidé de prendre un risque en commanditant plusieurs explosions d’un intensité extraordinaire. La charge explosive principale pesait 3 600 tonnes, du jamais vu à l’époque. Tout ne s’est pas déroulé comme prévu mais, après quelques explosions, le barrage a pris forme. Et il a permis d’amortir le choc lors de la coulée de boue de 1973.

Un monument  rappelant une explosion était censé voir le jour pour commémorer la construction du barrage, mais le projet a été avorté. À la place, on se souviendra de cette décision inhabituelle de Kounaïev grâce à cinq statues de bois en forme de« Y » trônant sur le barrage, une terrasse panoramique et au café « Karlygash ».

L’hôtel Kazakhstan, 1973-1978

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La construction des premiers bâtiments à deux étages en pierre d’Almaty a commencé en 1867.  Malheureusement, ils n’ont pas fait long feu, victimes du tremblement de terre de 1887. Par peur, les autorités locales ont dû se résigner à reprendre la construction de bâtiments de plein pied en bois. Un siècle plus tard, Almaty était encore une ville peu développée. Les auteurs du guide révèlent que, jusqu’à 1970, peu de bâtiments dépassaient les 4 étages. Subitement, Kounaïev, a décidé à rompre avec les traditions, propose la construction de l’hôtel « Kazakhstan », un bâtiment de pas moins de 25 étages.

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L’hôtel n’a pas été construit sur des pilotis mais sur une dalle enfouie à dix mètres de profondeur. Ce sont ces fondations, alliées à du béton armé coulé sur place, qui ont permis à l’hôtel d’émerger de terre sans être détruit en cours d’érection.

Les concepteurs de l’hôtel étaient tellement certains de sa solidité qu’ils ont accepté de monter au 25ème étage lors des simulations sismiques. Les vibrations des simulateurs disposés sur le toit ont secoué le bâtiment dans tous les sens, manquant de faire tomber les personnes présentes mais le gratte-ciel est sorti parfaitement indemne de la simulation, sans la moindre fissure.

Mère Nature a elle-même testé la solidité de l’hôtel. En décembre 1978, un banquet a été organisé au 25ème étage en l’honneur de son inauguration. Alors que la fête battait son plein, un intense secousse de 6 sur l’échelle de Richter s’est fait ressentir. Mais le bâtiment est resté indemne, comme insensible au tremblement.

L’hôtel se démarque par la couronne d’aluminium anodisé posée sur son toit dont le nom a évolué avec le temps, passant de « cervelle dorée » à « couronne de blé ». Il est amusant de noter que le projet initial ne comprenait pas de couronne. C’est après la construction de l’hôtel que l’idée a germé, et ce à cause de la cage d’ascenseur qui dépassait du toit. On a alors décidé de gommer cette excroissance disgracieuse en la masquant grâce à cette couronne, bien plus élégante.

Le studio de télévision, 1973-1983

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Les auteurs du guide présentent ce qui, pour eux, ressemble à un écrin enchanté représentant à merveille l’idée selon laquelle la télévision appartient à un univers d’illusions. Et d’ailleurs, en URSS, les illusions ne manquaient pas, notamment lors des assemblées du Parti. Mais certaines illusions étaient encore plus fallacieuses que les autres. En effet, si Hollywood était l’usine à rêves, la télévision soviétique, elle, pouvait être très justement qualifiée d’usine à illusions, terribles et repoussantes pour la plupart. Il fallait  par conséquent emballer cette terrible réalité dans un écrin à la fois magique et hors du commun.

La première mouture du studio se composait de plusieurs bâtiments. Mais l’architecte chargé du projet, Alexandre Korjempo, estimait que l’architecture est un art qui « transforme l’espace en sentiment ». Ne souhaitant visiblement pas faire éclater un sentiment immense et profond en une multitude versions édulcorées, il décida d’opter pour un bâtiment unique. Certes, il fallait en bâtir un deuxième, le centre technique, mais ce dernier allait être caché par le studio, à l’intérieur du complexe pour que seuls les employés puissent le voir.

Interrogé sur l’apparence inhabituelle du bâtiment, l’architecte répond sans détours: «  La corniche est inspirée du mausolée de Khoja Ahmed Yasavi, le plus important lieu saint du Kazakhstan. A l’intérieur, du mausolée, il y a des stalactites. Pour le studio, on les a transformées en stalagmites donnant l’impression d’être figées dans la glace ».

Le bâtiment, en plus d’être inhabituel, se démarque par des caractéristiques singulières : les terrasses et les marches des escaliers sont faites d’un superbe granit rose et vert originaire d’un site d’extraction unique au Kazakhstan.

L’immeuble d’habitations « Aoul », 1983-2002

Au premier coup d’œil, l’Aoul fait penser à « l’Esthétique du Laid » de Karl Rosenkranz. On en vient à se demander, se peut-il que derrière cette laideur se cache la beauté ? Quoi qu’il advienne, la laideur a le mérite d’attirer l’attention. Et c’est exactement ce que font les appartements de l’Aoul, gris et oblongs aux balcons surgissant telles des excroissances. Ils font penser à des alvéoles ou à d’imposantes ampoules qui semblent être sur le point de vous exploser au visage.

Pour certains, ces mornes habitations sont les bidonvilles d’Almaty, pour d’autres elles ne méritent même pas d’être mentionnées. Sorties de terre pendant l’ère soviétique et achevées après l’indépendance, elles prouvent bien que la laideur transcende les époques.

Rendons à César ce qui lui appartient, le projet initial des architectes n’était pas du tout de donner naissance à cette progéniture monolithique. Leurs tours devaient être de tailles différentes, colorées, entretenir une dynamique harmonieuses les unes avec les autres. Mais, comme le dit la sagesse populaire, l’enfer est pavé de bonnes intentions…

Aleksey Vinokourov pour Fergana.ru

Traduit du russe par Thomas Rondeaux

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