Frontière Tadjikistan Kirghizstan Maksat Football Incident

4 militaires kirghiz et tadjiks tués après des échanges de tirs à la frontière

La frontière entre Kirghizstan et Tadjikistan a été le théâtre d’un nouvel affrontement meurtrier. Après le début d’une construction non déclarée, les affrontements ont dégénéré en tirs qui ont causé la mort de quatre soldats. Les gouvernements tadjik et kirghiz sont parvenus à trouver une solution temporaire pour rétablir l’ordre dans la région.

C’est un litige qui semble sans fin. La construction d’un poste de contrôle à la frontière tadjiko-kirghize le 14 septembre dernier a été suivie de tirs le 16 septembre. Un garde-frontière kirghiz et trois gardes-frontières tadjiks ont été tués au cours d’une fusillade dans la soirée, tandis que des dizaines de soldats et de civils étaient blessés.

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Malgré des affirmations rassurantes de la part des deux exécutifs à la fin du mois du juillet, les évènements survenus le 16 septembre sont les plus graves depuis le début des tensions armées entre le Kirghizstan et le Tadjikistan en 2014. Comme le rapporte le média russe spécialisé sur l’Asie centrale Fergana News, les circonstances de ces échanges de tirs ne sont pas claires.

Kirghizstan et Tadjikistan se rejettent la faute

La scène s’est déroulée sur une zone disputée du village d’Ovchi-Kalacha, dans le district de Gafurov, dans la région de Sougd, dans le nord du Tadjikistan. Tout aurait commencé lorsque du gravier a été déposé du côté kirghiz, ce qui aurait déclenché des tensions qui ont mené à des échanges de tirs moins d’une demi-heure après. Le maire adjoint du village kirghiz Abdouhamid Odinaïev a pointé du doigt les militaires tadjikes, rapporte Fergana News. Ils auraient « demandé de manière agressive aux citoyens kirghiz de stopper la construction ». Selon les autorités kirghizes, des grenades et des mortiers ont été utilisés, ce que démentent les autorités tadjikes. Les médecins ont confirmé que les blessés hospitalisés avaient été touchés par des éclats de shrapnel.

Le Tadjikistan a mis en avant une autre version. « Le côté kirghiz a agi à l’encontre des accords qui délimitent la frontière des territoires disputés et ont mobilisé 250 à 300 [militaires] supplémentaires », affirme le service de presse des gardes-frontières du Comité d’État pour la sécurité nationale du Tadjikistan. Cité par le média tadjik Asia Plus, il explique que les Kirghiz « ont eu recours à des actes de provocation et ont ouvert le feu le 16 septembre à 19h sur des citoyens tadjiks non armés, qui ont été blessés par balle ».

3 morts tadjiks, 1 mort kirghiz

Les échanges de tirs ont duré plusieurs heures, avec plus de vingt blessés au total. Côté kirghiz, on compte 13 blessés, militaires et civils, ainsi qu’un mort, Ravchan Mouminov, 41 ans. Le militaire faisait partie de l’unité spéciale « Bourk » du service des frontières du Kirghizstan. Côté tadjik, trois soldats ont été tués et cinq autre blessés. Les trois morts du côté tadjik sont le colonel Oubaidoulloev Amonouloyevitch, âgé de 35 ans, et les soldats Islomov Akhmadovitch et Souvanov Nadmidinovitch, respectivement âgés de 20 et 19 ans, rapporte Asia Plus. Ils ont été enterrés ce mercredi 18 septembre, rapporte Fergana News.

Plus de 750 villageois des environs ont été évacués dès le 17 septembre, rapporte le média kirghiz 24.kg.

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Les deux parties ont commencé par se rejeter mutuellement la faute, par le biais de leurs services frontaliers et leurs ministères des Affaires étrangères avant d’entamer un processus de pacification de la zone.

Une solution temporaire trouvée

Après des discussions entre les Premiers ministres du Kirghizstan et du Tadjikistan, Moukhamedkalyi Abylgazïev et Kohir Rasoulzoda le 17 septembre dernier, une solution a été trouvée ce mercredi 18 septembre. Comme le rapporte Asia-Plus, les délégations kirghize et tadjike envoyées à Ovchi-Kalacha ont convenu d’annuler les constructions de part et d’autres. Les Kirghiz se sont engagés à détruire leur tour d’observation, tandis que les Tadjiks ne construiront pas leur poste de contrôle.

Les militaires des deux côtés se sont retirés à 18 heures heure locale (14 heures heure de Paris), désengageant également leur équipement militaires et leurs renforts, ajoute Fergana News.

Reste à déterminer si cette solution temporaire permettra un retour au calme de plus de deux mois dans la région. Il est prévu que le Parlement kirghiz se réunisse à huis clos dans la journée du 19 septembre afin d’écouter le rapport du Premier ministre sur le conflit et les mesures prises par la suite.

Eléonore de Vulpillières
Journaliste pour Novastan

*Une précédente version de cet article affirmait que les affrontements avaient eu lieu près de l’enclave de Vorukh. C’est une erreur, corrigée dans la version actuelle.

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Le petit village kirghiz de Maksat a été le témoin d’affrontements entre Kirghiz et Tadjiks.
Capture d'écran Google Maps
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