Exposition Art Karlsruhe

À Karlsruhe, la liberté artistique de l’Asie centrale

Du 16 février au 11 mars s’est tenue à Karlsruhe une exposition artistique sur l’Asie centrale. L’occasion pour de nombreux curieux de la ville allemande de se familiariser avec des œuvres particulières issues de l’art postcolonial de la région.

« Lorsque j’ai vu ces œuvres pour la première fois, tout ce qui m’est venu à l’esprit était : « Waouh ! » On ressent toute cette liberté que les femmes ont acquises », s’exclame Eugenia Jäger. Elle est à l’origine de l’exposition sur l’art postcolonial centrasiatique organisée à Karlsruhe, en Allemagne. Elle se dit très émue du succès du vernissage de l’exposition qui a eu lieu le 16 février dernier.

Une fenêtre entrouverte

En définitive, c’est une exposition comme on en trouve rarement en Europe. Mais ici, l’art centrasiatique est en terrain conquis. Dès lors, les artistes qui ont fait le voyage spécialement pour le vernissage trouvent dans cette exposition une chance inespérée. Parmi toutes les pointures présentes figure Oumida Akhmedova, une photographe originaire d’Ouzbékistan. « C’est très important que les gens d’ici voient notre art et puissent découvrir notre vie. »

Oumida Akhmedova Photographe Artiste

Aborder la spécificité de la liberté artistique en Ouzbékistan n’enchante pas trop l’artiste ouzbèke. « Il est encore trop tôt pour parler d’une totale liberté, la fenêtre n’est qu’entrouverte. C’est déjà important de ne pas la refermer. » Les gens là-bas auraient peur du gouvernement de Chavkat Mirzioïev. « L’artiste doit oser, sinon il n’est pas un artiste », affirme Oumida Akhmedova.

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L’art postcolonial en Asie centrale est un sujet très affectif. Cela touche tout particulièrement la question de la quête d’identité dans les différents pays.

Franchir les frontières

Mais, comme souvent dans le domaine de l’art, le plus grand handicap reste le financement. C’est le cas pour une telle exposition, mais aussi pour les artistes dans leurs pays. Au Kirghizstan et au Kazakhstan, la censure n’est plus tellement problématique. Elle l’est davantage au Tadjikistan, au Turkménistan et en Ouzbékistan.

Exposition Curieux

Malgré cela, l’exposition a réussi à rassembler des œuvres d’artistes en provenance de quatre pays centrasiatiques. Les œuvres exposées par Oumida Akhmedova ne sont toutefois pas ses œuvres originelles : ces dernières ne peuvent pas franchir les frontières de l’Ouzbékistan.

Julius Bauer
Journaliste pour Novastan à Berlin

Traduit de l’allemand par Antoine Roth et Élodie Vouaux

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L’exposition sur l’art postcolonial centrasiatique a eu lieu à Karlsruhe du 16 février au 11 mars.
Julius Bauer
Oumida Akhmedova, photographe et artiste d’origine ouzbèke
Julius Bauer
L’exposition qui s’est achevée le 11 mars a attiré de nombreux curieux.
Julius Bauer
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