Poutine Atambaïev Moscou

Almazbek Atambaïev en Russie : dernière visite avant les élections présidentielles kirghizes

Le président du Kirghizstan s’est rendu en Russie pour une visite d’État le 19 juin dernier. Almazbek Atambaïev a été invité personnellement par Vladimir Poutine. Il s’agit de la première visite d’État du leader kirghiz en Russie : elle témoigne de l’importance des relations bilatérales entre les deux pays.

Novastan reprend ici un article de Tatiana Koudryavtseva initialement paru sur 24.kg.

La Russie est le partenaire stratégique principal du Kirghizstan. Ceci est confirmé par les nombreuses rencontres qui se sont tenues entre les chefs d’État des 2 pays.

Une vingtaine de rencontres présidentielles

Entre 2012 et 2017, Almazbek Atambaïev et Vladimir Poutine se sont rencontrés 20 fois. Rien que cette année, ils ont échangé sur les relations bilatérales à 3 reprises. Toute occasion semble bonne pour s’entretenir. De plus, les 2 présidents s’appellent régulièrement. Cette année, ils ont échangé par téléphone 3 fois : le 20 mars (pour le 25ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les 2 pays), le 24 avril et le 5 mai.

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La 4ème rencontre entre les 2 chefs d’État a eu lieu le 20 juin à Moscou. Selon le Kremlin, les délégations ont échangé sur les questions clés en matière de relations bilatérales et se sont attachées à développer la coopération bilatérale dans les domaines politique, commercial, économique, culturel et scientifique.

« Par ailleurs, un échange d’opinions sur les différents aspects de l’avancement des processus d’intégration dans l’espace eurasiatique s’est tenu. Les discussions ont également porté sur les problèmes internationaux et régionaux actuels. », a commenté le service de presse du Kremlin.

Le commerce, les migrants et les armes

La Russie et le Kirghizstan coopèrent dans 3 domaines en particulier. Le premier axe de coopération est militaire. Au cours des dernières années, la Russie a livré armes et techniques militaires au Kirghizstan. Lors de la dernière réunion de la commission bilatérale de coopération économico-militaire de l’Organisation du Traité de Sécurité collective (OTSC), il a été annoncé que la Russie est prête à investir dans la réanimation des entreprises en perte de vitesse du complexe militaire kirghiz.

Le deuxième axe important de coopération est le commerce. La Russie est le marché principal de vente des produits du Kirghizstan. Avec l’intégration dans l’Union économique eurasiatique (UEE), le nombre de marchandises kirghiz exportées en Russie a augmenté. Au total, au cours du premier trimestre 2017, l’export est estimé à 327,6 millions de dollars, ce qui constitue une augmentation de 22,8% par rapport à 2016.

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Le troisième axe important de coopération concerne les questions migratoires. Plus d’un demi-million de Kirghiz habitent à l’étranger. La plupart d’entre eux travaillent en Russie. Voilà pourquoi il est important pour Bichkek de défendre leurs intérêts. On recense 612 000 citoyens du Kirghizstan en Russie à la date du 1er avril 2017.

Après l’accession du Kirghizstan à l’UEE, les ressortissants du pays ont bénéficié d’un certain nombre d’assouplissements. Mais la question de la sortie de la liste noire des migrants de la République kirghize interdits d’entrée en Russie reste posée.

Pari sur les régions russes

En dehors de Moscou, Almazbek Atambaïev a également visité Oufa et Kazan, capitales du Bachkortostan et du Tatarstan. Les discussions ont porté sur la coopération interrégionale. Le Kirghizstan veut établir des contacts commerciaux avec les régions de Russie.

En 2016, l’échange de marchandises entre le Kirghizstan et le Bachkortostan était estimé à 30,7 millions de dollars : 29 millions pour l’export, et 1,7 millions pour l’import.

Pour l’instant, la coopération économique entre régions ne fait que commencer. Mais la coopération se développe également dans d’autres domaines que dans la sphère purement commerciale. Ainsi, entre les universités du Kirghizstan et du Bachkortostan, ont été signés plus de 30 accords de coopération. Au cours de l’année 2016-2017, 60 étudiants du Kirghizstan ont étudié dans les universités du Bachkortostan.

En ce qui concerne le Tatarstan, la coopération existe en vertu d’un accord de coopération commerciale, économique, scientifique, technique et culturelle en date du 4 avril 1996. Au total, en 2016, l’échange de marchandises entre le Kirghizstan et le Tatarstan était estimé à 27,3 millions de dollars. En comparaison avec 2015, ce montant avait diminué d’une fois et demie. Des vols réguliers existent entre Bichkek et Kazan. Et, pendant l’année scolaire 2016-2017, 593 étudiants du Kirghizstan ont étudié dans les universités du Tatarstan.

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Il est difficile de prévoir dans quelle mesure la coopération entre le Kirghizstan et la Russie (incluant ses régions) se renforcera après le départ d’Almazbek Atambaïev. Déjà concluante dans de nombreux domaines, la coopération bilatérale dépendra essentiellement des relations entre Vladimir Poutine et le futur chef de l’État kirghiz.

Tatiana Koudryavtseva

Traduit du russe par Mathieu Lemoine pour Novastan

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Vladimir Poutine et Almazbek Atambaïev à Moscou le 20 juin 2017
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