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Astana, un sommet pour rien ?

Ce jeudi 15 mars, un sommet a réuni (presque) tous les dirigeants des pays d’Asie centrale pour parler de coopération régionale, une première depuis 2009. Novastan fait le point.

C’est un sommet important que viennent d’organiser les pays d’Asie centrale. Ce jeudi 15 mars, 4 pays sur les 5 que compose la zone se sont réunis à Astana, la capitale kazakhe. Selon RFERL, il n’y a eu que 5 sommets rassemblant uniquement les leaders d’Asie centrale en 1991, 1993, 1998, 1999 et le dernier en 2009.

Ce sommet à Astana marque le retour d’une volonté de coopérer au niveau régional, sous l’impulsion notamment des nouvelles priorité de politique étrangère de l’Ouzbékistan avec l’arrivée au pouvoir de Chavkat Mirzioïev en décembre 2016.

Le retour de la coopération régionale

Le but de la “première rencontre consultative des chefs d’Etats d’Asie centrale”, tel qu’exprimé par le président ouzbek est de développer une « plus grande coopération dans un soucis de développement durable de prospérité mutuelle » de la région. L’enrobage très diplomatique de cette “rencontre consultative”, proposée par le chef d’Etat ouzbek en novembre dernier à Samarcande, imprime bien le caractère non-contraignant et non-engageant de ce sommet.

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Du sommet d’Astana, un seul document commun a été signé par les 5 délégations de cette rencontre présentée comme historique. La déclaration commune souhaite une bonne fête de Norouz, l’ancien nouvel an ou fête du printemps, aux peuples d’Asie centrale et du monde. Norouz étant la fête du printemps, c’est là un symbole que cette rencontre veut incarner, celui du renouveau de la coopération régionale. Le président kazakh a d’ailleurs annoncé en conférence de presse que une rencontre sur ce format se fera désormais chaque année avant Norouz.

Le Turkménistan, présent malgré son absence

Que ce sommet accouche d’une souris n’est pas exactement une surprise. L’absence du président turkmène Gourbangouly Berdimouhamedov, annoncée une semaine avant le sommet, avait déjà soulevé des interrogations quant à la réussite de ce sommet d’Astana entre les cinq leaders de la région. Plutôt que de se déplacer au Kazakhstan pour un sommet symbolique, le président turkmène a choisi de se rendre en visite d’Etat au Koweït et aux Emirats Arabes Unis pour chercher des financements pour les projets d’infrastructures cruciaux du pays.

Le président turkmène a tout de même envoyé la speaker du parlement, Akja Nourberdieva, seconde personne la plus importante de l’Etat turkmène après le président selon le protocole. La responsable a lu un texte du président durant la rencontre comme le rapporte le compte rendu du service de presse du président kazakh.

Une photo publiée sur le compte facebook officiel du président tadjik montre que la speaker du parlement était également accompagnée du fils de Gourbangouly Berdimouhamedov, Serdar Berdimouhamedov, également député et qui semble prendre une place de plus en plus importante auprès de son père. Serdar Berdimouhamedov a également rencontré le président kazakh selon un communiqué du service de presse de ce dernier, qui n’a d’ailleurs pas fait de communiqué pour mentionner une rencontre avec Akja Nurberdieva, pourtant à la tête de la délégation.

Ainsi, l’absence du président turkmène ne semble pas être un signe de dédain pour ce sommet. Comme le remarque RFERL, cet envoi est même une amélioration au vu des agissements passés du Turkménistan, qui n’envoyait personne à ce genre de rencontre.

Plusieurs rencontres des chefs d’Etat centrasiatiques déjà prévues cette année

Lors de la rencontre des chefs d’Etat à Astana, Chavkat Mirzioïev a annoncéque ce jour ouvre une nouvelle page de l’histoire des relations de bon voisinage des peuples d’Asie centrale qui durent depuis de nombreux siècles”. Il a proposé dans la foulée d’organiser la prochaine rencontre des chefs d’Etat centrasiatiques à Tachkent, la capitale ouzbèke.

De fait, comme l’a remarqué le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev lors de sa rencontre avec le président ouzbek en marge du sommet, le sommet d’Astana n’est qu’un début. Les leaders d’Asie centrale vont encore se réunir plusieurs fois cette année, pour la conférence sur l’Afghanistan qu’organise Tachkent et autour de la mer d’Aral qu’organise Achgabat, la capitale turkmène.

De nombreuses rencontres bilatérales

Le sommet “consultatif” d’Astana était donc un événement symbolique, mais les rencontres bilatérales qui ont été organisées autour de ce sommet ont été bien plus concrètes. Suite à la visite historique du président ouzbek à Douchanbé, le président tadjik Emomalii Rahmon s’est rendu dès le 14 mars à Astana pour une visite d’Etat au cours de laquelle de nombreux accords ont été signés. Ils permettent désormais aux citoyens tadjiks de se rendre au Kazakhstan sans enregistrement pendant 30 jours, ce qui prolonge les accords trouvés avec l’Ouzbékistan pour annuler les visas avec le Tadjikistan.

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La président ouzbek s’est également attardé à Astana pour ouvrir avec son homologue kazakh l’année de l’Ouzbékistan au Kazakhstan, à grands renforts de communication du service de presse du président ouzbek, notamment avec cette vidéo où des passants d’Astana sont interrogés sur leur connaissance de l’Ouzbékistan. Cette rencontre plus culturelle prolonge l’opération séduction du président ouzbek vis à vis du reste de la région, afin de prolonger le momentum du développement des relations, notamment économique, qu’il a placé au centre de ses interventions lors de ce sommet.

La rédaction

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Les présidents Sooronbaï Jeenbekov (du Kirghizstan, à gauche), Noursoultan Nazarbaïev (du Kazakhstan), Emomalii Rahmon (du Tadjikistan) et Chavkat Mirzioïev (de l’Ouzbékistan, à droite) se sont réunis pour le sommet d’Astana.
Présidence tadjike
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