Plateau Pamir-Alaï Kirghizstan

Au Kirghizstan, le germe de l’éducation environnementale

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Au Kirghizstan, pays signataire de l’Accord de Paris sur le climat, les enjeux environnementaux demeurent largement sous-estimés et peu de réponses sont apportées par les pouvoirs publics aux problèmes écologiques. Néanmoins, à l’échelle locale, il s’est produit une initiative prometteuse, en décembre dernier, dans la région d’Och, dans le sud du pays.

À Sary Moghol, village de montagne situé sur le plateau du Pamir-Alaï, s’est tenu le tout premier séminaire sur l’écologie organisée par Jacqueline Ripart et sa fondation de droit local Kyrgyz Ate. L’objectif global de cette action, intitulée « Campagne de conscientisation de la jeunesse à la conservation de l’environnement » s’inscrit dans le cadre de la sauvegarde de la biodiversité et de la diversité des cultures.

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« Au sein de la République kirghize, les mentalités sont actuellement tournées principalement vers le gain et la consommation. », regrette Jacqueline Ripart. « Nous sommes donc très loin d’un intérêt pour l’environnement, pour le patrimoine au niveau local… et encore moins au niveau planétaire ! »

École Sary Moghol Kirghizstan

Si la fondation Kyrgyz Ate est reconnue depuis 2004 au Kirghizstan pour sa participation dans la sauvegarde des traditions équestres et des arts ancestraux nomades, le développement durable dans les zones rurales, au sud du pays notamment, est un cheval de bataille de Jacqueline Ripart depuis longtemps.

Faire face à la destruction de l’environnement naturel comme culturel

L’origine de son initiative part d’un constat simple : « Depuis l’an 2000, j’ai tristement constaté la destruction de l’environnement, naturel et culturel, absolument partout dans le pays… » Ce séminaire est donc la première étape d’un programme qui s’étalera sur trois ans et qui entend s’adresser à plusieurs écoles des villages ruraux du Pamir Alaï et de Murghab au Tadjikistan. L’idée consiste à former les professeurs et instituteurs aux enjeux écologiques, à l’échelle globale et locale, afin qu’ils sensibilisent ensuite les enfants à la protection de l’environnement.

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« Ces dernières années, confie Jacqueline Ripart, un festival est né dans la région de l’Alaï, organisé par CBT avec le soutien de la Coopération suisse. », confie Jacqueline Ripart. « Les populations locales s’en réjouissent, les touristes également, ce qui est parfait. Mais il faut voir ensuite les monceaux de déchets laissés sur les rives du lac, à proximité d’où se tient l’événement… Cela suffit à motiver le programme que ma fondation a créé cette année qui s’adresse aux principaux villages situés près de ce lac. »

Jacqueline Ripart Organisatrice Séminaire Compagnie Interprète

Un programme de sensibilisation

Considérant que le sujet de la protection de l’environnement est vaste et la vulgarisation difficile, Jacqueline Ripart entend décliner son programme dans les écoles en neuf thématiques articulées autour de la relation entre l’homme, le vivant et la nature. Soit l’introduction à la biodiversité, le milieu naturel, le voyage de l’eau, la pollution de l’air, la pollution de l’eau, la pollution des sols, l’effet de serre, le gaspillage et l’impact de la surpopulation mondiale.

Pour son programme de sensibilisation à l’environnement, elle est ainsi parvenue à ce que l’organisation nord-américaine The Christensen Fund assure un soutien financier à la tenue de ces séminaires sur une période de trois ans. Et quand on lui demande si la sensibilisation des consciences n’est pas un chemin trop long, en comparaison de la dégradation de l’environnement, elle affirme sans sourciller : « Bien sûr. Mais cela n’atteint pas la motivation de gens convaincus comme je le suis… L’important, à mon niveau, c’est de semer. Et lorsque les conditions seront favorables, alors quelques-unes des graines plantées germeront, puis grandiront. »

Instituteurs Séminaire 2 Décembre 2017

Lors de la conférence inaugurale du 2 décembre 2017, 38 instituteurs sont venus des écoles rurales du district de l’Alaï, dans la région d’Och, et de celui de Murghab, région autonome du Haut-Badakhchan au Tadjikistan. Ces instituteurs seront ensuite les porte-paroles, au sein de leurs classes, des séminaires et formations prodigués tout au long de l’année en matière d’environnement.

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La méthode n’est pas sans rappeler les hussards noirs de la IIIème République en France, chargés d’instruire les valeurs républicaines aux enfants des milieux ruraux…  En fin d’année scolaire, les enfants kirghiz des régions des écoles du Pamir Alaï et de Murghab seront invités à participer à un événement culturel et sportif, à choisir parmi les événements officiels, avec pour mission de participer et de veiller à la propreté des lieux, en particulier le ramassage des déchets jetés au sol par le public. Le début d’une génération éco-responsable dans le sud du Kirghizstan ? L’avenir le dira.

Grégoire Domenach
Journaliste pour Novastan et écrivain

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Le plateau du Pamir-Alaï au Kirghizstan
Grégoire Domenach
L’école publique de Sary Moghol au Kirghizstan
Grégoire Domenach
Jacqueline Ripart, organisatrice du séminaire, en compagnie de son interprète
Grégoire Domenach
Plusieurs instituteurs kirghiz et tadjiks ont participé au séminaire du 2 décembre 2017.
Grégoire Domenach
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