Cathédrale Bichkek Kirghizstan

Combien y a-t-il encore de Russes en Asie centrale ?

D’une manière générale, le nombre de ressortissants russes dans les pays d’Asie centrale n’a cessé de diminuer depuis la chute de l’URSS en 1991. Vivant essentiellement dans les grandes villes de la région et fiers de leurs spécificités, les Russes ne sont pour autant pas près de disparaître du paysage des jeunes Républiques centrasiatiques.

Novastan reprend et traduit un article initialement publié sur le média tadjik ASIA-Plus.

Que ce soit au Kirghizstan, au Tadjikistan ou en Ouzbékistan, les populations russes vivent aujourd’hui principalement dans les villes. À l’exception du nord du Kazakhstan, les Russes sont restés en Asie centrale pendant la période soviétique, soit pour des raisons économiques, soit parce qu’ils ont été déplacés vers des villes d’Asie centrale lors des déportations massives de population.

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Un contributeur du blog Quora.com s’est intéressé à ces populations dont le nombre diminue constamment depuis les indépendances des Républiques centrasiatiques.

Une infime minorité au Tadjikistan

Le Tadjikistan compte la plus petite diaspora russe d’Asie centrale. Celle-ci vit principalement à Douchanbé, la capitale. Quelques milliers d’entre eux habitent des villes de dimensions moindres, mais les zones rurales en sont pratiquement dépourvues. Le recensement de 2010 a enregistré 34 838 Russes au Tadjikistan, soit 0,5 % de la population.

Cathédrale Douchanbé Lieu Diaspora Asie

Contrairement à la plupart des États d’Asie centrale, la communauté russe n’a jamais été forte au Tadjikistan. À son maximum, le nombre total de ressortissants n’a pas dépassé 400 000 personnes et 12,5 % de la population de la République socialiste soviétique du Tadjikistan. Par ailleurs, un grand nombre de Russes ont quitté le pays pour échapper à la guerre civile (1992-1997) qui a suivi la chute de l’URSS.

Au Kirghizstan, une communauté assez bien intégrée

Parmi les trois pays mentionnés, le Kirghizstan a toujours compté la plus grande communauté russe. Avant l’indépendance du pays, ils n’étaient pas moins d’un million à y vivre, soit 25 % de la population de la République socialiste soviétique du Kirghizstan.

Lire aussi sur Novastan : Comment vivent les Russes du Kirghizstan ?

Les Russes se concentrent majoritairement dans les régions de Bichkek, la capitale, et de Tchouï, dans le nord. L’est de l’oblast d’Issyk-Koul, principalement les villes touristiques autour du lac éponyme, compte également de nombreux ressortissants russes.

Carte Présence Kirghizstan

Le recensement de 2018 a fait état de 352 960 Russes présents au Kirghizstan, soit 5,6 % de la population du pays. Après l’indépendance, la brusque chute du niveau de vie et la corruption généralisée ont poussé nombre d’entre eux à quitter le Kirghizstan, mais la démocratisation du pays après la révolution de 2010 a mis fin à cette tendance.

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La diaspora russe au Kirghizstan est très bien intégrée dans la société kirghize, mais ne participe généralement pas à la vie politique. Davantage qu’un sentiment d’appartenance à l’une ou l’autre nation, c’est une combinaison des deux identités qui prédomine pour eux. Les Russes du Kirghizstan ont tendance à avoir l’esprit plus ouvert que les Russes de Russie et ils comptent souvent des amis d’autres nationalités et religions.

600 000 Russes à Tachkent

L’Ouzbékistan compte la population la plus élevée d’Asie centrale, y compris de Russes, mais pas en proportion. Les Russes d’Ouzbékistan vivent presque tous à Tachkent, la capitale du pays.

Cathédrale Nevski Tachkent Fidèles Capitale

D’après les statistiques de 2018, près de 750 000 Russes vivent en Ouzbékistan, soit 2,3 % de la population. Durant la période soviétique, ils étaient 1,6 million, soit 14 % de la population de l’époque de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan. Après l’indépendance, la moitié d’entre eux a émigré en quête de meilleures opportunités économiques, mais, à l’instar du Kirghizstan, cette tendance s’est maintenant estompée. On trouve des Russes dans tous les secteurs professionnels, principalement dans les services.

La diaspora russe de Tachkent est forte de 600 000 représentants, soit 20% de la population de la ville. Cette communauté est semblable à celle du Kirghizstan : elle se targue d’avoir une identité mixte et est ouverte aux autres cultures et confessions religieuses.

Traduit du russe par Pierre-François Hubert

Édité par Jérémy Lonjon

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La cathédrale orthodoxe de Bichkek, au Kirghizstan.
Abu-Bakir Waissi
La cathédrale orthodoxe de Douchanbé, lieu de culte de la plus petite diaspora russe d’Asie centrale.
Abu-Bakir Waissi
Carte de la présence russe au Kirghizstan.
Abu-Bakir Waissi
La cathédrale Alexandre Nevski à Tachkent accueille les fidèles orthodoxes de la capitale ouzbèke.
Abu-Bakir Waissi
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