Diana Pernot Kirghizstan Famille Kickboxing

Comment une Kirghize est devenue championne de kickboxing en France

C’est une trajectoire assez originale : partir du Kirghizstan pour aller étudier en France et s’accomplir par le sport. Forte de sa réussite, Diana Pernot veut maintenant voir plus loin.

Novastan reprend et traduit ici un article paru originellement sur Zanoza.kg.

Diana Pernot est une jeune Kirghize originaire de Naryn, une ville moyenne du Kirghizstan perdue dans les montagnes, à l’est du pays. Décrite comme « courageuse et solide » par le site d’informations kirghiz Zanoza.kg, elle raconte comment elle a quitté son Kirghizstan natal pour aller vivre en France et pratiquer sa passion, le kickboxing. Témoignage.

« J’ai 19 ans, je vis en France depuis 2 ans, mais je suis née et j’ai grandi à Naryn. Ma mère, Milana, est Kirghize, mon père est Français. Il s’appelle Nicolas Pernot. C’est pour ça que j’ai un nom de famille pas ordinaire.

Mes parents étaient jeunes et ils ont dû nous laisser, mon frère et moi, pour partir gagner leur vie. Ce sont mes grands-parents qui m’ont élevée. Bien sûr, ils m’ont gâtée, j’étais leur petite fille chérie, mais ils m’ont donné une bonne éducation. J’ai vécu ma première tragédie très tôt.

Quand j’avais 6-7 ans, mon grand-père est mort sous mes yeux d’une attaque cardiaque. Encore aujourd’hui, c’est mon plus gros traumatisme, c’était la personne la plus chère à mes yeux. Sa mort a été un vrai choc. Après ça, j’ai arrêté de parler et je n’ai pas prononcé un mot pendant près d’un an. Après la mort de mon grand-père, ma grand-mère m’a élevée seule. Avec mon frère, nous avons déménagé à Bichkek (la capitale du Kirghizstan, ndlr).

De Naryn à Saint-Dizier

Et il y a deux ans, mes parents nous ont ramenés avec eux en France. Maintenant, nous vivons à Saint-Dizier (Haute-Marne). Ici, il y a beaucoup d’immigrés de différentes origines : des Arabes, des Turcs. Les gens ne connaissent le Kirghizstan qu’à travers ce qu’on leur en dit. Et ils confondent notre pays avec le Kurdistan. Saint-Dizier est une petite ville et les locaux sont très gentils et accueillants, mais pas autant que les Kirghiz.

Je me lie facilement avec les gens, et je n’ai donc pas eu trop de mal à m’adapter à ma nouvelle vie. Je me suis vite fait des amis. Bien sûr, j’ai eu du mal avec le français, que je ne connaissais pas du tout. Maintenant, j’étudie au lycée Saint-Exupéry en CAP de commerce.

Volleyball Saint-Dizier Diana Pernot Kirghizstan

Je suis capitaine de l’équipe de volley du lycée, et nous avons plus d’une fois fini sur le podium avec les filles de mon équipe. J’ai découvert le volley alors que  je vivais encore à Naryn. L’année prochaine, je serai  diplômée, mais je prévois de poursuivre mes études.

De Champagne-Ardenne à l’UFC

C’est en France que je me suis mise au kickboxing. D’abord seulement pour apprendre à me défendre, puis l’entraîneur m’a obligée à monter sur le ring, et je me suis prise au jeu. En 2016, je suis devenue championne de Champagne-Ardenne. Dans la salle dans laquelle je m’entraîne, il y a peu de filles. Mais les entraînements sont très intéressants. Sid Ahmed, champion de France de boxe, vient souvent faire des masterclass.

Diana Pernot Coupe Kirghizstan Champagne Ardenne

Là, je reste à la maison, je me remets d’une blessure récente aux lombaires. Bientôt, je me remettrai aux entraînements et à la compétition. J’ai pour projet d’entrer à l’UFC (Ultimate Fighting Championship, une ligue de combat internationale, ndlr).

J’ai beaucoup d’objectifs liés aux études et au sport, vraiment beaucoup. Mais je n’aime pas les évoquer, mes performances parleront pour moi. Vous savez, on dit qu’un rêve est la création de l’imagination d’un objet de désir, d’ambition ou de motivation. Mais je suis plutôt réaliste et je crois qu’il n’y a rien d’impossible. Le plus important, c’est l’effort, une grande patience, et l’envie de transformer son rêve en réalité.

Diana Pernot chien Dalmatien

Avec ma famille, nous allons bientôt déménager à Toulouse. Je pense que cette ville m’offrira encore plus de moyens d’atteindre mes objectifs.

J’aimerais dire aux filles : partout, il y a de nombreuses possibilités de se développer et de s’affirmer. Voyagez, développez vos capacités, effacez les frontières, apprenez de nouvelles choses, ouvrez-vous au monde. Réalisez-vous, atteignez de nouveaux sommets et faites du sport. »

Traduit du russe par Alexia Choffat

Diana Pernot (à droite) et sa famille.
Zanoza.kg
Diana est capitaine de son équipe de volleyball.
Zanoza.kg
Diana Pernot après avoir remporté le championnat régional de Champagne-Ardenne.
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