Des enfants russes dans un groupe scolaire marchant dans les rues de Bichkek

Comment vivent les Russes du Kirghizstan ?

Environ 350 000 Russes vivent actuellement au Kirghizstan. Rencontre de ces citoyens d’origine russe du Kirghizstan et leur a posé des questions sur leur mode de vie et leurs impressions.

Témoignages recueillis par Ekaterina Ivachenko pour Fergananews et traduit du russe pour Novastan.

Comme pour l’ensemble des ex-Républiques soviétiques, la première vague d’émigration des populations slaves depuis le Kirghizstan a fait suite à la chute de l’URSS. L’apparition de conflits interethniques dans le sud du pays en juin 1990 a constitué un autre facteur d’émigration. En 2005, la jeune République kirghize subit une nouvelle vague d’émigration suite au coup d’État qui a poussé le Président Askar Akaïev à quitter le pays. Cinq ans plus tard, en avril 2010, un nouveau coup d’État fait 87 victimes et pousse le deuxième Président kirghiz Kourmanbek Bakiev à fuir. Et, deux mois plus tard, un massacre dans le sud du pays dévoile au grand jour les conflits interethniques latents depuis plusieurs années.

Selon les données du Comité national de la Statistique du Kirghizstan, le pays était peuplé à 25,9% de Russes en 1979. Le chiffre est ensuite passé à 21,5% en 1989, puis est descendu à 12,5% en 1999. À la fin de l’année 2015, seuls 364 571 Russes vivaient encore sur le territoire kirghiz (soit 6,2% de la population totale), notamment dans les villes principales du pays : Bichkek, Och et Karakol.

Née en 1986 dans la région de l’Amour, mon père militaire a été transféré à Och, la capitale du sud du Kirghizstan, en 1991. Nombre de mes camarades de classe se sont ainsi rendus au Kirghizstan suite aux déménagements de leurs parents à Och où étaient installés les campements militaires soviétiques. Tous ont essayé de quitter le Kirghizstan. Année après année, lorsque j’étais à l’école à Och, puis lors de mes études à l’Université à Bichkek, le nombre de Russes diminuait. Mais je n’arrivais pas à voir la Russie autrement qu’un État séparé avec lequel je n’ai en commun que la langue.

Âgé de 23 ans et informaticien, Dmitri Petrov voit, lui, le Kirghizstan comme sa patrie et la Russie comme une sorte de « grand frère ».

« Je me rends souvent en Russie pour rendre visite à mes proches. Je m’y sens bien, mais le fait est que je suis né au Kirghizstan. Dans les petites villes russes, l’attitude des gens envers moi ne diffère pas du Kirghizstan. Mais, dans les grandes villes, lorsque les gens apprennent que je viens d’Asie, ils me considèrent comme un enfant. Je pense que les Russes vivant en Asie sont plus amicaux et font preuve de davantage d’hospitalité que le reste des Russes. Nous nous sommes imprégnés du mode de vie des Asiatiques. Mais, pour être honnête, la situation n’est pas si différente selon que nous vivions au Kirghizstan ou en Russie. Je n’ai pas l’intention de déménager. Premièrement, j’ai échappé au service militaire en venant au Kirghizstan et ne souhaite pas changer cela. Ensuite, j’ai un bon travail à Bichkek et la classe moyenne à laquelle j’appartiens en Russie vit dans des conditions bien plus dures. »

Apprendre la langue kirghize

Presque tout le monde parle russe au Kirghizstan. C’est sans doute la raison pour laquelle, après avoir vécu pendant 20 ans dans un pays indépendant, nous n’avons pas appris le kirghiz. Dans la constitution kirghize, il y a deux langues officielles : le russe et le kirghiz. Tous les panneaux sont traduits en russe et, pour beaucoup de Kirghiz, le russe reste leur langue maternelle. De plus, dans les différentes manifestations, les gens arborent des pancartes écrites en russe.

Pour autant, au cours des dernières années, l’influence de la langue russe a diminué de façon significative. Une partie des écoles russes a opté pour une éducation bilingue. La place de la langue kirghize a été considérablement renforcée et quelques évènements se déroulent désormais sans aucune traduction en russe prévue. En mars 2013 a été signée une résolution sur les mesures à prendre pour entraîner les fonctionnaires d’État et municipaux à la maîtrise de la langue kirghize dans le cadre de leurs activités. Les fonctionnaires parlant le russe sont signalés par leurs collègues. Des cours privés ont été lancés pour apprendre le kirghiz. Il y a quelques années, le gouvernement a même organisé des cours gratuits pour les fonctionnaires et les journalistes kirghiz à Bichkek. Cette initiative a été utile pour les fonctionnaires, mais les cours organisés pour les journalistes ont été annulés six mois plus tard par manque de moyens financiers et de participation.

« Tout doit commencer à l’école et il n’y avait pas initialement d’enseignement de la langue kirghize. Nous apprenions des poèmes et des règles de grammaire qui ne s’appliquaient pas dans la vie de tous les jours puisque tout le monde parle russe.  C’était pareil à l’Université. Il suffisait d’apprendre un texte en kirghiz pour réussir l’examen. », raconte Alexandre Krasnov, journaliste de 28 ans. « Le Ministère de l’Éducation a ainsi imaginé un système d’enseignement pour le kirghiz similaire à l’apprentissage de l’anglais ou du russe. Mais le gouvernement n’est pas le seul responsable. Nous avons vécu pendant 20 ans dans ce pays et n’avons jamais appris sa langue. Aujourd’hui, alors que je ne parle pas kirghiz, je me sens démuni face à certains évènements où seule la langue kirghize est utilisée. Il en va de même pour les magasins ou les transports publics. Et il est devenu obligatoire de connaître le kirghiz pour travailler dans l’administration. Un Russe peut obtenir un travail au Kirghizstan, mais doit connaître la langue. C’est déjà arrivé : le Kirghizstan a eu des Premiers ministres, vice-Premiers ministres, ministres et parlementaires d’origine russe et parlant le kirghiz. »

Les autorités kirghizes ont souvent répété qu’elles souhaitaient abroger le statut de langue officielle pour le russe. Ainsi, en janvier 2012, le chef de la Commission nationale sur la Langue d’État, Ryskeldi Mombekov, a déclaré que « des amendes doivent être prévues pour méconnaissance de la langue kirghize. » Il a également ajouté : « Pourquoi pénalise-t-on les gens pour non-respect du code de la route et pas pour leur incapacité à parler kirghiz ? » Mais cette annonce a eu une telle déflagration que M. Mombekov est revenu sur ses propos quelques heures plus tard.

En décembre 2012, une loi a été proposée en première lecture prévoyant des pénalités pour méconnaissance de la langue kirghize et des restrictions concernant la traduction en russe de documents officiels kirghiz. La loi n’est pas passée. Puis, en mars 2015, le nouveau chef de la Commission nationale sur la langue d’État, Egemberdi Ermatov, a proposé une nouvelle fois de retirer le statut de langue officielle pour le russe.

Et, le 26 mai 2016, le député kirghiz Tazabek Ikramov a proposé en session plénière de « fermer les écoles russes et de réserver l’accès à la fonction publique aux personnes parlant le kirghiz. » Heureusement, ces initiatives ne sont pour l’instant que des déclarations et le russe reste la langue officielle du Kirghizstan.

Mariages mixtes

Alexandre Krasnov témoigne : « Ma patrie est le Kirghizstan et la Russie est un pays avec une autre façon de penser et avec une situation politique que je ne comprend pas. Les organisations russes présentes au Kirghizstan cherchent à maintenir l’illusion d’un soutien à leurs compatriotes sur place. Mais nous n’avons pas besoin de la Russie. Un des amis a voulu émigrer là-bas et obtenir la nationalité russe. On l’a fait tourner en rond pendant deux ans. C’est alors qu’il a rencontré à Moscou un de ses amis kirghiz et ce dernier lui a expliqué que la diaspora kirghize sur place peut lui venir en aide. C’est là que mon ami russe a compris qu’il n’avait pas besoin de la Russie. Il est en effet plus facile d’obtenir la citoyenneté russe pour un Kirghiz que pour une personne dont la patrie originelle est la Russie. Les Russes du Kirghizstan sont considérés comme des migrants en Russie et donc comme peu éduqués. C’est pour cela que je n’ai pas envie de déménager en Russie. Même s’il m’arrive d’avoir envie de quitter le Kirghizstan… Ce que disent les autorités, le nationalisme kirghiz m’affectent. Je peux comprendre qu’il s’agisse de discours politiques populistes qui visent à donner aux gens une forme de fierté nationale, mais je suis affecté d’entendre que les autorités souhaitent régulièrement priver le russe de son statut de langue officielle. »

Il ajoute : « Je n’écarte pas l’idée de me marier avec une citoyenne kirghize. Au cours des dernières années, les mariages mixtes russo-kirghiz sont devenus fréquents. En conséquence de ces mariages, les enfants ne considèrent plus la Russie comme leur pays, mais comme une patrie historique. Si le mari est kirghiz, la famille est kirghize. Et si une Kirghize épouse un Russe, ce dernier cherche à comprendre la culture de son épouse et donnera des prénoms asiatiques à ses enfants. Cela vient sans doute du fait que ces familles réalisent qu’elles vivront mieux au Kirghizstan et qu’elles y resteront. »

Les mariages mixtes au Kirghizstan deviennent monnaie commune. 4 sur 10 des mes amies russes sont mariées à des Kirghiz. « Parce que nous vivons dans une société où être Russe ne suffit pas. », explique l’une d’entre elles. L’autre raison est qu’il y a peu d’hommes russes disponibles et que les femmes se disputent leur compagnonnage.

Maria Potapova, une mère russe de deux enfants, a épousé un Kirghiz : « C’était compliqué au début car ses parents ne m’ont pas accepté, mais Almaz n’a pas renoncé et, bien que fils unique, il est allé contre la volonté de ses parents et a épousé « une étrangère ». Les Russes se marient également entre eux, mais ils se comportent mal : ils ne s’occupent pas des repas, du nettoyage, ils boivent beaucoup et se moquent de leur femme et de leur enfant. »

« Lorsque j’observe un couple de Russes mariés parmi mes amis, je me rends compte que ma famille est plus moderne que la leur. Almaz s’occupe de la vaisselle, du ménage et passe du temps avec les enfants. »

« Nous leur avons donné des prénoms russes, mais ils ne sont pas baptisés et choisiront eux-mêmes leur religion une fois qu’ils seront grands. Nous avons des icônes dans la maison. Je vais à l’église, Almaz va à la mosquée. Nous célébrons les fêtes orthodoxes comme musulmanes. Parfois, dans la rue, les gens nous regardent avec étonnement : pour eux, Almaz, en épousant une Russe, a trahi les siens. »

« Ma famille, de ce point de vue, est une exception. Plusieurs amies ont épousé des musulmans et ont été forcées de se marier selon le rituel musulman avant de se convertir à l’Islam, de modifier leur tenue vestimentaire et de ne plus se rendre à l’église. »

Même mariée à un Kirghiz et considérant le Kirghizstan comme son pays, Maria n’écarte pas l’idée de déménager à Moscou pour ses enfants. « Dans une certaine mesure, nous sommes une génération qui a été sacrifiée lors de la chute de l’URSS. Alors que nous vivions tous ensemble sans distinction jusqu’ici, nous nous sommes subitement retrouvés avec différentes nationalités. J’étais très jeune, mais je me souviens que la première vague d’émigration russe a eu lieu dans les années 1990. Mes amis sont partis en Russie après la première révolution de 2005 et un programme permettant d’obtenir rapidement la citoyenneté russe a été mis en place après la révolution de 2010. Mes parents n’ont pas fait cela. Ils auraient pu partir lorsqu’ils étaient encore jeunes pour intégrer une bonne Université, se faire des amis. Maintenant, c’est trop tard. Mais la Russie est toujours chère à mes yeux. Déménager ne me dérangerait pas : la Russie est mon pays. Cela permettrait aussi d’offrir un meilleur niveau de vie aux enfants. En Russie, il y a plus d’opportunités, l’éducation est meilleure, de même que les soins médicaux. Et nous subissons toujours une certaine forme de discrimination au Kirghizstan. Elle ne provient pas de la population urbaine, mais des ruraux et des conséquences de deux révolutions qui ont vu partir de nombreux Slaves et des intellectuels kirghiz. »

Être soi-même au Kirghizstan, être considéré comme un enfant en Russie

Il n’y a pas de réelles perspectives pour les Russes du Kirghizstan. Même s’ils n’envisagent pas d’aller où que ce soit, ils sont à la recherche d’opportunités pour leurs enfants et souhaitent leur offrir une éducation à la russe. Les Kirghiz manquent de moyens pour intégrer les Universités russes, même s’il existe des quotas. Par exemple, en 2015, 445 places étaient réservées aux Kirghiz dans les Universités russes.

Il paraît clair que le nombre de Russes présents au Kirghizstan va diminuer. Selon une étude du Fonds pour la Population de l’ONU, il n’y aura plus que 190 000 Russes au Kirghizstan d’ici 2030. Et, pour la plupart, ces familles seront assimilées par le biais des mariages mixtes.

Evguenia Stepanova, mère célibataire de deux enfants et âgée de 43 ans, détient un petit commerce et cherche à mettre de l’argent de côté afin d’offrir une éducation russe à ses enfants. « En 1992, j’ai obtenu mon diplôme de l’Université de Musique avec le piano et le violoncelle pour spécialités. L’URSS s’est effondrée, les intellectuels étaient sans travail et tous se sont reconvertis dans le commerce. Au final, l’année dernière, je me suis moi-même inscrite à des cours pour devenir vendeuse et coiffeuse. J’ai trouvé un travail chez un coiffeur. Puis je me suis remariée, j’ai cherché un nouveau travail tout en essayant de faire tourner mon commerce. C’était difficile. »

« Après la naissance de ma fille, j’ai trouvé un travail auprès de l’entreprise « Voentorg ». J’ai eu un deuxième enfant et j’ai commencé à vendre des habits sur les bazars. L’employée de maison m’a encouragé à coudre moi-même. J’avais de l’argent et j’ai investi dans du matériel à tisser, du tissu afin de fabriquer moi-même des jupes et d’autres vêtements. Les choses semblaient s’arranger. J’ai acheté une voiture à crédit, mais la première révolution m’a fait tout perdre. »

« J’ai recommencé à zéro, j’ai cousu des pantalons. Encore une fois, j’ai gagné de l’argent, j’ai acheté une voiture, j’ai développé mon activité et une deuxième révolution a eu lieu au Kirghizstan. Une nouvelle fois, il a fallu repartir de zéro. Les bazars étaient à l’arrêt, les pays voisins ont fermé leurs frontières avec le Kirghizstan. J’ai décidé d’abandonner la vente de vêtements. J’ai fait un emprunt, j’ai loué un magasin de couture, j’ai appris le métier, étudié, j’ai développé un modèle. Et ça a marché. J’ai reçu de plus en plus de commandes au fil des années. J’ai même cousu les tenues de l’équipe olympique kirghize. »

« Aujourd’hui, j’ai une clientèle fidèle et un revenu stable. C’est agréable lorsque les clients m’appellent et me disent qu’ils veulent travailler avec des Russes car ils sont plus fiables et efficaces », explique Evguenia. « C’est pourquoi j’ai honte de mes compatriotes russes qui boivent et qui donnent une mauvaise image de notre grand pays. Les hommes sont plus faibles que les femmes, en Russie comme au Kirghizstan. Mais, ici, ils ont encore plus de difficultés à trouver un travail et à s’épanouir. Une femme russe s’en sortira toujours car elle doit s’occuper de ses enfants. Les hommes partent ou sombrent dans l’alcool. Je n’ai personnellement pas de problème avec les mariages mixtes, mais je préférerais que mes enfants épousent des Russes. Je ne veux pas que la nation russe disparaisse. C’est la raison pour laquelle je souhaiterais envoyer mes enfants en Russie. Ma vie n’a pas été facile à cause de tous ces changements : la chute de l’URSS, les révolutions… Au moins, mes enfants vivront en paix. »

« La Russie a toujours été ma patrie. Quand je m’y rends pour rendre visite à des amis, je comprends ce que signifie être une femme russe. Dans les villes russes, je ressens une énergie, une histoire et je sais que c’est là que sont mes racines. Et le gouvernement est attentif à ses citoyens. », poursuit-elle. « Au Kirghizstan, on nous traite mal et le manque de stabilité ne nous permet pas d’être optimiste quant au futur. Je serais bien partie, mais les programmes de repopulation des territoires déployés par la Russie ne sont pas satisfaisants. Cela aurait eu un sens de partir et de s’en réjouir, mais je m’y suis prise trop tard. Je ne rencontre en général aucune difficulté du fait d’être russe. Je ne parle pas kirghiz comme tous les gens de mon âge. Mais mes enfants connaissent cette langue, ce qui est utile pour bien travailler à l’école et pour se faire des amis. »

Pour ce qui est d’éventuelles persécutions, les publications et propos nationalistes sont assez présents dans les médias kirghiz et sur les réseaux sociaux. Mais ce nationalisme affiché est en fait bien moins courant en réalité. Et il est davantage mis en avant par les personnes récemment arrivées à Bichkek que par les populations indigènes. « Plus je suis oppressé, plus ils me disent « Hey, Orus, viens ici ! », plus je réalise que ma patrie est la Russie. », explique Vladimir Khvorostyany, 32 ans. « Je dois avouer que je n’étais pas à l’aise avec le fait d’être Russe dans mon enfance. Les gens écorchaient souvent mon nom. Je voulais avoir un nom kirghiz normal. »

« La situation a changé en apprenant la langue. Cela est arrivé lorsque je me suis trouvé être le seul Russe dans une auberge. J’ai alors obtenu l’approbation de mes amis et de mes connaissances. Je pense que si un Russe connaît la langue kirghize, il peut accomplir de grandes choses. Le Russe peut s’intégrer au Kirghizstan. Il doit simplement faire plus d’efforts. S’il le fait, il sera mieux considéré qu’un Kirghiz ayant la même position que lui. Pourtant, même ma connaissance de la langue kirghize ne m’a pas dissuadé de partir en Russie. Plus je visite la Russie, plus je me sens fier d’être Russe, de faire partie d’un pays avec une culture si riche et une si grande histoire. »

Le principal mot d’ordre du premier Président kirghiz, Askar Akaïev, qui a eu pour conséquence de donner au Russe le statut de langue officielle pour la communication interethnique et d’ouvrir l’Université slave russo-kirghize Boris Eltsine, était : « Le Kirghizstan est notre maison commune. » Et les médias ont toujours insisté sur le fait que plus de 80 nationalités vivent au Kirghizstan. Mais, malgré tout, les dirigeants ont toujours usé du sentiment national kirghiz. Ainsi, en septembre 2010, avant les élections présidentielles, le politicien Kamtchibek Tachiev a déclaré dans une interview : « Si les Russes, les Ouzbeks ou les Turcs pensent être les égaux des Kirghiz ou plus importants qu’eux, l’État s’effondrera. » Tachiev a déclaré ensuite que ses mots ont été mal interprétés. Mais une autre position, tout à fait à l’opposé, existe également. Jenichbek Nazaraliev a ainsi répondu aux nationalistes kirghiz en mai 2015 : « Le seul astronaute kirghiz est Salijan Charipov (un Ouzbek d’origine). Sur les billets de 1 000 soms est représenté l’écrivain turc Jusup Balasagyn. Et Tchingiz Aïtmatov est à la fois un grand écrivain kirghiz et un grand écrivain russe. »

Les Russes du Kirghizstan sont certes peu nombreux, mais ils sont bel et bien là. Et, 25 ans après la chute de l’URSS, ils se sentent un peu russe et un peu kirghiz. Ils travaillent, mènent leur vie, construisent des familles et continuent à se rendre utiles pour le pays où ils vivent.

Article rédigé par Ekaterina Ivashenko et paru sur Fergananews

Traduit du russe par Jérémy Lonjon pour Novastan

Des enfants russes dans un groupe scolaire marchant dans les rues de Bichkek
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