Aide Humanitaire Asie centrale Tadjikistan Ouzbékistan Kazakhstan Kirghizstan Coronavirus Covid-19

Coronavirus : les pays d’Asie centrale s’entraident

Un mois après les premiers cas dans la région, les pays d’Asie centrale s’entraident pour faire front commun, entre dons de matériels et aides humanitaires.

Malgré la crise sanitaire et économique du coronavirus depuis la mi-mars, les pays d’Asie centrale n’oublient pas de s’entraider. Le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev s’est engagé, le 9 avril dernier, à livrer au Kirghizstan et au Tadjikistan 5 000 tonnes de farine chacun, représentant plus de 3 millions de dollars (2,8 millions d’euros), décrit l’agence de presse azérie Trend. La date de livraison n’a toutefois pas encore été communiquée.

Cette décision fait suite à une déclaration de Kassym-Jomart Tokaïev le 7 avril dernier. Lors d’un déplacement en région, il a affirmé que “le Kazakhstan est prêt à fournir une aide humanitaire si les gouvernements de ces pays le demandent”. Bichkek et Douchanbé ont dès lors officiellement sollicité l’aide du Kazakhstan.

Novastan est le seul média en français et en allemand spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir à partir de 2 euros par mois (défiscalisé à 66 %), ou en devenant membre actif par ici.

Lors d’une conversation téléphonique avec son homologue kazakh, le président tadjik Emomalii Rahmon a pu exprimer sa gratitude, autant pour l’aide alimentaire que pour l’assistance du Kazakhstan lors du rapatriement de citoyens tadjiks depuis le début de la crise sanitaire. Peu après, le ministre des Affaires étrangères du Kirghizstan, Chingiz Aidarbekov, a lui aussi pu exprimer ses remerciements.

Pour le Kazakhstan, cette aide humanitaire est un devoir lié à son statut de membre actif de la communauté internationale dans la lutte contre le coronavirus. “Le Kazakhstan a été l’un des premiers pays à fournir un partenariat d’aide à la Chine en février au milieu de la pandémie de Covid-19, effectuant plusieurs livraisons d’équipements de protection médicale”, s’est gargarisé le ministre des Affaires étrangères kazakh Kaïrat Abdrakhmanov, rapporte Trend.

Une entraide entre pays touchés

Cependant, le Kazakhstan n’est pas le seul pays de la région à proposer son aide. De fait, face au défi sanitaire commun posé par le coronavirus, un phénomène d’entraide générale est en cours en Asie centrale. Les pays dont l’économie résiste mieux donnent à ceux qui semblent les plus démunis.

Ainsi, au début du mois d’avril, l’Ouzbékistan a envoyé une aide humanitaire au Kirghizstan, d’après l’Agence nationale d’information d’Ouzbékistan. Cette aide, réalisée au nom “de l’amitié ancienne des deux pays” a pris la forme d’une cargaison, envoyée depuis la gare de Kurgantepa dans la région d’Andijan, qui comptait des denrées de base comme de la farine mais également des équipements de protection comme des lunettes, gants, respirateurs ainsi que de l’hypochlorite de sodium (utilisé pour la fabrication de désinfectants) et des tests afin d’empêcher la propagation du coronavirus.

Le 9 avril, l’Ouzbékistan s’est également s’engagé à envoyer une aide humanitaire au Tadjikistan. Cette aide a, elle aussi, pris la forme d’un convoi ferroviaire, cette fois-ci parti de la région de Sourkhan-Daria, limitrophe du Tadjikistan, vers la capitale tadjike Douchanbé. Elle comprenait des dispositifs médicaux nécessaires pour combattre la propagation du coronavirus ainsi que des produits alimentaires.

Un impact économique sévère

Ces aides apparaissent nécessaires alors que l’Asie centrale approche des 5 000 cas. Le Kazakhstan est le pays le plus touché avec 2 376 cas et 25 décès, suivi par l’Ouzbékistan (1778 cas, 8 décès) et le Kirghizstan (656 cas, 8 décès).  Le Tadjikistan et le Turkménistan, quant à eux, ne déclarent officiellement aucun cas de Covid-19.

Lire aussi sur Novastan : Coronavirus : les conséquences économiques en Asie centrale annoncées comme sévères

Avec un confinement généralisé dans les trois pays officiellement touchés, les économies commencent à être particulièrement affectées. Ainsi, l’Ouzbékistan, bien que possédant une économie lui permettant de soutenir ses pays voisins, a été obligé de dévaluer deux fois sa monnaie en trois jours. La première fois face au dollar, la seconde fois face à l’euro. Comme le rapporte le média américain Radio Free Europe, la banque centrale ouzbèke a ainsi déclaré le 15 avril qu’à partir du 16 avril, un dollar équivaudra à 10 121 soums (4,4 % plus faible) tandis qu’un euro équivaudra 11 111,8 soums, soit une diminution de près de 5 %. Tachkent a également prévu un plan de plus d’un milliard d’euros pour lutter contre le Covid-19, quand son voisin kazakh a mis sur la table 12,7 milliards d’euros, tout en donnant directement de l’argent à ses citoyens touchés économiquement.

Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire en cliquant ici.

Lire aussi sur Novastan : Le Kazakhstan vient en aide à ses citoyens touchés par le coronavirus

Le Kirghizstan, largement fragilisé par cette crise, a quant à lui été le premier pays au monde à bénéficier d’une aide financière accordée par le Fonds monétaire international dans la lutte contre le Covid-19. Il a ainsi reçu le mois dernier une aide de 121 millions de dollars. D’autres demandes d’aide ont également été déposées auprès de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et de la Banque asiatique de développement. Le Kirghizstan a également demandé à la Chine un allègement de sa dette, décrit Radio Free Europe.

Tanguy Martignolles
Rédacteur pour Novastan

Corrigé par Aline Simonneau

Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anonymement à ce questionnaire ou nous envoyer un email à redaction@novastan.org. Merci beaucoup !

Les pays centrasiatiques se sont mutuellement aidés depuis le début de la crise du coronavirus, comme ici entre l’Ouzbékistan et le Kirghizstan.
UzA
Partager avec
Aucun commentaire

Ecrire un commentaire

Captcha *