Transparency International Corruption Perception Index Classement 2017

Corruption : l’Asie centrale très mal classée

Le 21 février dernier, l’ONG Transparency International a publié son rapport annuel sur la perception de la corruption au niveau mondial. Une nouvelle fois, les pays d’Asie centrale occupent le dernier quart du tableau.

C’est un passage obligé. Comme chaque année depuis 1995, l’ONG Transparency International a publié le 21 février dernier son indice de perception de la corruption. D’origine allemande et fondée en 1993, Transparency International fait de la lutte contre la corruption des gouvernements et des institutions gouvernementales son cheval de bataille. Chaque année elle publie un compte rendu, sous forme de classement, de l’état de la corruption dans le monde.

Ce classement, réalisé grâce aux observations d’experts, classe 180 pays sur une échelle allant de 0 à 100. 0 signifie que la corruption est omniprésente alors que 100 indique que le pays n’en compte « presque » pas. En 2017, les pays Scandinaves et la Nouvelle-Zélande se trouvent en haut du classement. À l’inverse, la Syrie, le Soudan du Sud et la Somalie occupent les dernières places.

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Depuis les débuts des classements, l’Asie centrale évolue dans le bas du tableau. Si les comparaisons entre les différentes années sont à nuancer, du fait d’un nombre de pays en constante évolution, elles apportent néanmoins des éléments intéressants. Novastan vous propose un tour d’horizon depuis 2014.

Le « bon élève » : le Kazakhstan

Face à ses voisins, le Kazakhstan fait figure de bon élève. Même s’il est constamment dans le dernier quart du classement il n’en reste pas moins le pays le moins corrompu d’Asie centrale. En l’espace de 4 ans, il est passé de la 126ème place (sur 174 pays observés) à la 122ème place (sur 180 pays) en 2017.

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L’éternel second : le Kirghizstan

Derrière le Kazakhstan, toujours à quelques places, on trouve le dauphin kirghiz. Sauf en 2015, où les pays ont fait jeu égal avec 28 points au classement et une 123ème place partagée, la seule véritable démocratie d’Asie centrale est toujours deuxième en Asie centrale. On retrouve, selon le classement de 2017, le Kirghizstan à la 137ème position sur 180. Soit 15 places derrière son voisin kazakh.

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La plus nette amélioration : l’Ouzbékistan

Depuis 2014, le pays ayant le plus progressé en Asie centrale est l’Ouzbékistan. Classé 168ème sur 174 par l’ONG en 2014, soit derrière la Libye, il occupe en 2017 la 157ème place sur 180 pays étudiés. L’amélioration peut sembler minime, le pays étant toujours dans le fond du classement et à plus de 35 places du Kazakhstan. Cependant, là ou Astana n’a connu une amélioration que de 2 points sur la période, Tachkent en a gagné 5.

Le moins régulier : le Tadjikistan

Si l’Asie centrale a globalement tendance à s’améliorer au fil des années, le Tadjikistan reste cependant un point noir, avec une évolution des plus irrégulières. Classé 152ème en 2014, il connait une nette amélioration en l’espace d’un an ce qui lui permet d’atteindre la 136ème place. Cependant, depuis 2016, il n’en finit pas de chuter dans les classements, atteignant pour l’année 2017 la 161ème place.

Le cancre : le Turkménistan

Le Turkménistan est considéré par l’ONG comme le pays le plus corrompu d’Asie centrale. A tel point qu’il occupe toujours les dernières places du classement, aux côtés de pays en guerre comme l’Irak ou qui ne sont pas à même de faire respecter leur autorité sur leur propre territoire, comme la Somalie. En 2017, il figure ainsi à la 167ème place (sur 180), une dégringolade par rapport à 2016, où le pays était classé devant l’Ouzbékistan, à la 154ème place. En 2014, le Turkménistan était arrivé 169ème (sur 174 pays).

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Au delà de la corruption, le Turkménistan cumule également les mauvaises places au niveau des libertés fondamentales ou la liberté de la presse.

Les médias d’opposition et la société civile étouffés, s’alarme Transparency International

Plus largement, selon l’ONG, les pays assurant le moins de protection envers la presse et les ONG ont tendance à avoir le plus haut taux de corruption. Cela pourrait expliquer en partie le classement du Turkménistan, l’un des pays les plus fermés de la planète. En 2015, Transparency International expliquait que l’une des raisons du fort taux de corruption en Asie centrale est dû au fait que les gouvernements étouffent la société civile et les médias d’opposition.

L’analyse se conclut par une proposition de feuille de route à suivre afin de lutter contre la corruption. En Asie centrale, l’ONG recommande la mise en place d’une justice intransigeante et incorruptible et une réformation des secteurs financiers et législatifs par les gouvernements.

Augustin Forissier
Rédacteur pour Novastan à Bichkek

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Le classement de la perception de la corruption 2017 a encore une fois classé l’Asie centrale en bas de tableau.
Transparency International
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