Léopard des neiges Panthère OSI Panthera Kirghizstan

Des enfants sur les traces des léopards des neiges au Kirghizstan

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Alors que s’est tenu à Bichkek un sommet international sur les léopards (ou panthères) des neiges, des associations travaillent elles aussi à la préservation du félin. Objectif Sciences International est l’une d’entre elles : chaque été, elle emmène des adolescents et adultes européens étudier les panthères des neiges au Kirghizstan. Rencontre.

Dans un hôtel au centre de Bichkek début août, quatre adolescents européens, allongés par terre ou assis sur des canapés, s’affairent autour d’un poster sur lequel chacun écrit l’un après l’autre un cours paragraphe. Il ne s’agit pas d’un souvenir ou d’un exposé de classe, mais de la préparation d’une présentation à l’ONU en décembre.

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Ils reviennent de la réserve de Sarychat-Ertash, près du lac d’Issyk-Koul, dans l’est du Kirghizstan, où ils ont passé dix jours sur les traces des panthères des neiges, espèce en danger, avec l’organisation suisse Objectif Sciences International (OSI). Celle-ci propose des vacances scientifiques dans des réserves naturelles au Kirghizstan pour étudier les panthères et leur environnement.

Expédition OSI Panthera Kirghizstan

Une aventure scientifique

Comme l’explique Thomas Egli, président d’OSI, interrogé par Novastan, c’est pour un séjour pour le moins intense que se sont engagés les participants : au sein de la réserve de Sarychat-Ertash, un espace protégé d’environ 1500 km2, les déplacements ne se font qu’à cheval et les nuits sous la tente. Il faut aussi tenir compte de l’altitude, qui a provoqué chez certains « quelques vomissements et maux de tête ». Mais, comme l’assure le journal de bord de l’expédition, « rien de bien méchant ».

Expédition OSI Panthera Kirghizstan

Les journées sont bien remplies et commencent tôt. Chaque matin, il faut attendre pendant quatre à six heures le retour des chevaux, qui s’éloignent pendant la nuit. Ensuite, les équipes arpentent le terrain afin d’observer et définir la situation de la panthère des neiges au Kirghizstan, notamment à l’aide de pièges photographiques. Il y a « beaucoup de photos, mais les panthères se cachent » et le groupe n’en a ainsi pas vu « en vrai ».

Les adolescents montrent avec fierté un des drones dont ils se sont servis lors de cette expédition. « Cette date était spéciale », précise Thomas Egli. « Il y a des expéditions sans drones ». C’est donc autour des drones que se sont articulés les objectifs du séjour : compter les proies des panthères, cartographier la vallée, mettre en valeur la situation de la panthère, récupérer les données des différents repères et entraîner les rangers du parc au pilotage de drones.

Drone OSI Panthera Kirghizstan Panthère Léopard des neiges

Douze ans de travail au Kirghizstan

L’aventure commence en 2005, après un voyage personnel en 2004. « J’ai vu le potentiel du Kirghizstan », explique Thomas Egli. « En 2005, on a créé pour la première fois des camps de recherche réelle, ce qui aujourd’hui porte le nom de science collaborative ». Aujourd’hui, l’association compte trois destinations au Kirghizstan : Sarychat-Ertash, la réserve de Naryn, et, pour la première fois cette année, la région des Pamirs-Alai, à la frontière avec le Tadjikistan au sud du pays.

Expédition OSI Panthera Kirghizstan

OSI implique aussi des jeunes locaux dans ses expéditions, avec une partie des frais payés par chaque participant européen permettant à un enfant kirghiz de participer gratuitement à une expédition à Sarychat-Ertash. Le groupe que Novastan a rencontré était accompagné de deux garçons, Miran et Islam, qui, d’après les photos et les anecdotes de leurs compagnons, n’ont pas eu de mal à s’intégrer.

Le léopard des neiges, un animal en danger

Le Kirghizstan est un des 12 pays où vivent les léopards des neiges. Avec 400 à 600 panthères, la république d’Asie centrale contient environ 10% des spécimens du monde. C’est donc un animal dont la population est très limitée — entre 3920 et 6390 selon la Snow Leopard Trust, une ONG consacrée à la protection de ces animaux.

Des efforts de conservation sont en cours, grâce à des ONG mais aussi aux gouvernements de ces 12 pays, qui se sont en 2013 engagés à coopérer pour créer un programme de conservation sur le long terme. Cela passe aussi par des évènements internationaux, comme le deuxième Forum International du Léopard des neiges qui s’est tenu à Bichkek les 24 et 25 août dernier.

Mais la conservation demande aussi une plus grande connaissance de l’animal et de son habitat. C’est ce qu’OSI cherche à faire, tout en faisant découvrir le Kirghizstan et la recherche scientifique à ses participants.

Valentine Baldassari
Rédactrice en chef adjointe de Novastan

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Le léopard ou panthère des neiges est en voie de disparition à travers le monde.
OSI Panthera
Une photo de l’expédition d’OSI Panthera au Kirghizstan.
OSI Panthera
L’expédition s’est rendue notamment dans la réserve de Sarychat Ertash.
OSI Panthera
Pour cette expédition, un drone a été utilisé dans l’espoir d’apercevoir un léopard des néiges.
Valentine Baldassari
OSI Panthera permet à de jeunes kirghiz de faire partie de l’aventure.
OSI Panthera
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