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Droits de l’Homme : Human Rights Watch continue de s’inquiéter en Asie centrale

L’édition 2019 du rapport sur le respect des droits de l’Homme publiée par Human Rights Watch pointe une situation compliquée en Asie centrale.

Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par le média indépendant Fergana news.

L’organisation internationale de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) a publié le 17 janvier dernier son rapport annuel sur le respect des droits de l’Homme en Asie centrale.

Le rapport, disponible sur le site de l’ONG, décrit pays par pays la situation.

L’Ouzbékistan progresse mais demeure autoritaire

Concernant l’Ouzbékistan, HRW souligne que le président Chavkat Mirzioïev, entré en fonction en décembre 2016 à la mort de son prédécesseur Islam Karimov, « a poursuivi les efforts promis pour améliorer la situation affligeante des droits de l’Homme ». En 2018, plusieurs prisonniers politiques ont été libérés, la liberté de la presse s’est développée et les efforts pour éradiquer le travail forcé dans les champs de coton se sont renforcés. La responsabilité de plusieurs fonctionnaires locaux a été engagée à la suite de cas de corruption et d’abus rapportés sur Internet. En 2017, l’ONG avait pu revenir dans le pays après de longues années d’absence.

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Dans le même temps, le gouvernement demeure autoritaire et nombre de réformes promises n’ont pas été mises en place. Des milliers de prisonniers politiques se trouvent toujours derrière les barreaux et les structures administratives conservent toute l’étendue de leurs pouvoirs.

La situation se dégrade au Tadjikistan

Au Tadjikistan, Human Rights Watch dénonce une dégradation d’une situation déjà déplorable. Beaucoup de journalistes, d’opposants et de proches d’activistes résidant à l’étranger ont été arrêtés pour des motifs politiques. Les violations des libertés d’expression et de culte se multiplient et la moindre critique contre les autorités sur les réseaux sociaux représente un danger.

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L’introduction d’une liste officielle des communautés gay, lesbienne, bisexuelle et transsexuelle est particulièrement préoccupante. D’après les organismes de défense des droits de l’Homme, le risque de persécution est réel pour les personnes reprises dans ce registre.

Le Kazakhstan stagne

 Le rapport concernant le Kazakhstan indique qu’aucune amélioration des droits de l’Homme ne s’est produite au cours de l’année écoulée. Astana n’autorise aucune manifestation pour la paix et les syndicats ne peuvent pas définir eux-mêmes leur structure.

La peine de l’activiste Max Bokaïev n’a pas changé, de nombreux fonctionnaires d’État coupables de torture n’ont pas été inquiétés. La liberté de la presse est relative et beaucoup de journalistes sont opprimés.

Quelques efforts au Kirghizstan

Au Kirghizstan, l’état des droits de l’Homme n’a pratiquement pas évolué. Le président Sooronbaï Jeenbekov, en poste depuis fin 2017, a poursuivi les efforts pour rendre les interactions avec la société civile plus constructives et atténuer la pression sur les médias. Parallèlement, la situation concernant les droits des femmes, notamment par rapport aux enlèvements liés aux mariages forcés, demeure extrêmement préoccupante.

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Le défenseur des droits de l’Homme Azimjan Askarov est toujours en prison, condamné à perpétuité. En outre, en 2018, la lutte contre l’extrémisme s’est renforcée, bien que la notion d’extrémisme reste trop large.

Le Turkménistan, mouton noir en Asie centrale

D’après Human Rights Watch, le Turkménistan « reste l’un des États les plus fermés et répressifs au monde ». L’ensemble des aspects de la vie quotidienne est régi par le président, Gourbangouly Berdimouhamedov. Toute expression d’idées politiques ou religieuses est sévèrement sanctionnée, l’accès à l’information est fermement contrôlé.

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 Il est impossible d’exercer un contrôle indépendant de la vie du pays. Des dizaines de personnes sont toujours privées de liberté et n’ont plus donné signe de vie depuis leur arrestation.

Traduit du russe par Pierre-François Hubert

Edité par Etienne Combier

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Le rapport de Human Rights Watch pointe de nombreuses difficultés en Asie centrale.
HRW via Fergana News
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