Temir Sariev

Entreprendre au Kirghizstan : quelles difficultés ?

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Le ministre de l’économie, Temir Sariev, indique à la rédaction de Vetchernii Bichkek les pas à faire pour améliorer le climat d'investissement dans le pays. Selon lui, il faudrait réformer la réglementation. Nous traduisons l'article avec leur accord.

Le business privé est un élément important de l’économie de marché, en absence duquel le gouvernement peinerait à se développer. C’est également lui qui détermine le taux de croissance économique, la structure et la qualité du produit national brut (PNB). Que fait-on au Kirghizistan pour soutenir l'entrepreneuriat? Quelles mesures sont envisagées pour l’avenir? Temir Sariev, ministre de l’Economie, fait le point sur la situation.

Quelle est la politique du gouvernement pour le développement économique du pays ?

La direction politique a officiellement annoncé une politique de développement durable. Pour le Kirghizistan, comme pour tout pays fortement touché par la pauvreté, tout particulièrement dans les zones rurales où les ressources naturelles et financières sont limitées, le développement durable est un choix logique et raisonné. Ce modèle implique la poursuite d'un développement systématique, intégré et équilibré. La transition vers le développement durable se fait avec une meilleure gestion des ressources humaines, et l'utilisation rationnelle des ressources naturelles.

La réussite d’une telle évolution repose sur une personne exceptionnelle. Par conséquent, le développement à long terme du capital humain restera une priorité nationale absolue pour le Kirghizistan. Cela suppose que tous les citoyens du pays, en utilisant leurs connaissances et compétences, devraient être en mesure d'obtenir une éducation de qualité, d’être en bonne santé, d'acheter une maison, de gagner de l'argent et de vivre dans de bonnes conditions.

Et si un citoyen kirghiz veut ouvrir sa propre entreprise ?

Créer les conditions pour le développement de l'activité entrepreneuriale est une priorité des services de l'Etat (Le Kirghizstan est actuellement 99 sur 189 sur l’indice mondial de « Doing Business », ndlr). La base de toute économie de marché est le secteur privé, où les petites et moyennes entreprises jouent un rôle important. Chaque citoyen actif qui souhaite démarrer sa propre entreprise doit être soutenu par l’Etat.

Cependant, au Kirghizistan, les petites et moyennes entreprises sont encore en phase de développement. Ces entrepreneurs travaillent principalement dans le commerce et les services. Ils s’engagent peu dans le secteur de la fabrication. Cette voie ne participe pas à la reprise économique et conduit à l’utilisation à outrage des ressources naturelles, humaines, intellectuelles et autres ressources du pays. La question la plus problématique dans le développement des petites et moyennes entreprises est celle de la compétitivité.

Qu'est-ce qui a déjà été entrepris par le gouvernement pour améliorer l'environnement des affaires au Kirghizistan?

Le Kirghizstan passe régulièrement des réformes radicales dans le domaine de l'entreprise. On a créé un important cadre juridique, qui légifère et délimite les droits et responsabilités des gouvernements et des entreprises. Ceci a contribué à créer un climat d'affaires et d'investissement favorable dans le pays. Le nombre de licences et de permis a été réduit par quatre (de 508 à 101), ainsi que les instances des services publics (de 20 000 à 300). On a également réduit le nombre d'organismes de réglementation et le calendrier de leurs inspections. Les risques et les retards sont donc considérablement en baisse (de 21 à 3 jours pour les retards).

Ça suffit pour l'entreprise?

Non, et l’Etat l’a compris. Il y a une nécessité de faire des efforts plus actifs et efficaces pour éliminer les barrières qui existent encore pour les entreprises et l'investissement.

 

Doing Business Kyrgyzstan

Par exemple, il y a toujours une pratique des inspections injustifiées d'entreprises par les autorités. La réglementation gouvernementale dans le contrôle et la supervision du domaine est inefficace, entraînant d’importants risques de corruption (Le Kirghizstan est actuellement le 136e pays pour sa corruption, avec un indice de 27/100, 100 correspondant à une transparence parfaite, ndlr).

Il faut travailler plus efficacement sur les outils de régulation du monde des affaires, sur le développement des entreprises et le développement des industries pour lesquelles le Kirghizistan a des avantages comparatifs.

D’autres réformes sont-elles nécessaires ? Les organes gouvernementaux sont-ils prêts à réaliser de telles réformes? 

La tâche principale de la République kirghize est la baisse des charges administratives sur l’activité de l’entreprise.

À cet égard, en Mars de cette année a été signé un protocole d'accord entre le Gouvernement de la République kirghize et le Centre de l'Organisation de la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) à Bichkek sur un projet de réforme de la réglementation.

Ce projet donnera un soutien au gouvernement pour améliorer la compétitivité économique du pays, en particulier dans la perspective de l'entrée du Kirghizistan dans l'Union douanière. Il permettra de stimuler les relations de marché et de réduire la corruption en simplifiant et réduisant le cadre juridique, en le calquant sur les meilleures pratiques internationales existantes.

Qu’attendez-vous de cette réforme?

Nous espérons que le projet permette de poursuivre le processus engagé de réforme de la réglementation. Avec l’imminente entrée du Kirghizstan dans l'Union douanière, et les élections parlementaires à venir, il faut obtenir de vrais résultats quant à la compétitivité du pays, à l’encouragement des investissements, et l’abaissement de la corruption.

Traduit du russe par Aiyma Uran

 

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