Football, Kirghizstan, Indépendance

Football, URSS et Kirghizstan : le renouveau depuis l’indépendance (5/5)

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Le 14 juin 2018 débutera en Russie la Coupe du Monde de football. À cette occasion, et malgré le fait qu’aucun pays centre-asiatique ne soit parvenu à se qualifier, Novastan partage une série d’articles sur l’histoire du football en Asie centrale produite par notre partenaire Footballski, média spécialisé sur le Football en Europe de l’Est.

Novastan reprend et partage un article paru initialement sur FootballskiDécouvrez les autres parties de cette série : (1) (2) (3) (4)

Dès août 1991, le Kirghizstan fait un premier pas vers l’indépendance avec le changement de nom de la petite République socialiste soviétique du Kirghizstan en République du Kirghizstan. La capitale Frounzé devient Bichkek et le parti communiste est rayé de la carte politique du pays. Mais, c’est finalement un jour avant la chute de l’URSS, le 25 décembre 1991, que le Kirghizstan obtient son indépendance totale. Comme un cadeau venu de la steppe, pour la première fois depuis près de 65 ans, les Kirghiz retrouvent une totale autonomie ; eux, les nomades. C’est en mars 1992 que le Kirghizstan est officiellement reconnu par les Nations unies.

Les Russes sont venus par vagues successives coloniser le pays sous l’ère soviétique. Mais avec l’indépendance, c’est le mouvement inverse qui débute. Petit à petit, les Caucasiens quittent la petite République devenue bien moins attractive que par le passé. Bichkek, elle aussi, change. Les infrastructures restent, mais la culture russe qui infuse depuis tant d’années se dilue de plus en plus. Minoritaires dans le pays avant l’indépendance, les Kirghiz deviennent vite majoritaires, représentant de nos jours 60% de la population pour seulement 20% de Russes.

C’est la culture traditionnelle nomade, ou semi-nomade, qui fait son grand retour, adaptée aux changements du XXème et XXIème siècles, téléphoner ou surfer sur Internet à partir d’une yourte dans la steppe est tout à fait envisageable de nos jours. Son football, lui aussi, est affecté par ces changements. En effet, ce sport importé n’étant pas partie prégnante de la culture nomade dominante, les stades se vident et les grandes foules acclamant l’Alga Frounzé lors de ses épopées ne sont plus qu’un lointain souvenir. Petit à petit, le football kirghiz se meurt, le silence s’empare du jeu et il faut attendre les années 2010 pour retrouver un goût d’antan.

Un championnat post-soviétique confidentiel

L’indépendance n’a pas aidé le championnat kirghiz à émerger. Déjà cantonnés aux ligues inférieures soviétiques, les clubs kirghiz, avec un soutien populaire moindre, des infrastructures vieillissantes, un manque cruel de liquidités et la fuite des meilleurs joueurs, vivent une longue période d’oubli.

De nouveaux clubs émergent comme le FK Abdish-Ata, le FK Kokart ou l’important Dordoi Bichkek (formé sous le nom de Dordoi-Dynamo Naryn). Pour le reste, les clubs sont des réminiscences d’anciens clubs du temps de l’URSS. L’Alga Frounzé devient l’Alga Bichkek (puis SKA-PVO Bishek), l’Alay devient l’Alay-Osh-Prim avant de fusionner avec le Dynamo Alay et finalement redevenir l’Alay, l’ancien FK Instrumentalschchik/Selmashevets Bichkek devient le Rotor Bichkek. De plus, les clubs apparaissent, changent, fusionnent, disparaissent et finalement réapparaissent comme par magie, comme c’est le cas pour l’historique Alga Bichkek.

Il est alors difficile, pour le championnat, de gagner en maturité et ainsi s’exporter dans la région. Surtout lorsqu’il ne réunit que six à huit équipes en première division. Déjà derrière le football ouzbek, turkmène ou tadjik lors de la période soviétique, le football de club de la jeune République en est à des années-lumière jusque dans les années 2000. Les footballeurs ouzbeks et tadjiks vont être le plus grand contingent étranger du championnat et des joueurs majeurs dans les clubs de la capitale les accueillent, avant que les joueurs africains fassent leur apparition au tournant de l’année 2010. Le tout poussé par la fédération kirghize cherchant à instaurer plus de professionnalisme en naturalisant des joueurs étrangers avec une expérience d’un niveau un peu plus élevé.

Lire la suite : Le Football dans les RSS : Le Kirghizstan – Depuis l’indépendance

Cet article est le dernier d’une série de cinq articles dédiés à l’histoire du football kirghiz du temps de l’URSS. Découvrez les séries réalisées sur le Kazakhstan et l’Ouzbékistan.

La rédaction

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Retour sur le renouveau du football kirghiz depuis l’indépendance
Footballski.fr
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