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Kirghizstan : Almazbek Atambaïev perd son statut d’ancien président

Le torchon brûle entre Almazbek Atambaïev, ancien président kirghiz, et Sooronbaï Jeenbekov,  son successeur au pouvoir. Après la perte de son immunité présidentielle, l’ancien chef d’Etat vient d’être dépossédé de son statut d’ancien président. La situation ne cesse de s’envenimer entre ces deux figures kirghizes.

Le conflit se poursuit entre l’ancien président kirghiz et son successeur au pouvoir Sooronbaï Jeenbekov. Le 27 juin dernier, Almazbek Atambaïev a été privé du statut d’ancien président du Kirghizstan. La décision a été prise lors d’une réunion du Jogorkou Kengech, le parlement kirghiz. 103 députés ont voté pour, 6 contre. Seul 80 votes étaient nécessaires. Cette décision intervient quelques semaines après que la loi permettant de priver les ex-présidents de leur immunité soit entrée en vigueur, en mai dernier. Quelques jours après cette entrée en vigueur, le 12 juin, le Jogorkou Kengech a lancé le processus concernant Almazbek Atambaïev.

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Une commission spéciale portant sur la levée de l’immunité de l’ex-président a achevé ses travaux et transmis les résultats au bureau du Procureur général. Une liste de six accusations a été dressée, dont la plupart ont été appuyées par le Procureur général.

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Dans leur rapport, les parlementaires ont aligné les accusations contre Almazbek Atambaïev : libération illégale du voleur Aziz Batoukaïev, corruption, persécution politique, lobbying pour les intérêts de la société chinoise TBEA et réception illégale d’un terrain dans le village de Koï-Tach. Le bureau du Procureur général a inculpé l’ancien président, retenant cinq des six charges avancées dans le rapport parlementaire, l’accusation de persécution politique ayant été exclue.

Une décision réfutée par l’ancien président et son camp

En attendant le verdict de la commission du Jogorkou Kengech, environ 400 de ses partisans se sont rassemblés autour d’Almazbek Atambaïev dans le village de Koï-Tach. Les participants ont assisté à la retransmission en direct de la réunion de la commission. A l’issue, aucun projet concret n’est ressorti, mais certains des partisans se sont dits prêts à « tout » pour soutenir l’ex-président. Le procureur général a, par la suite, déclaré que le rassemblement non autorisé de personnes a rejoint la liste des crimes et fautes professionnelles établie.

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« J’ai un avocat. Si le bureau du procureur a des questions, nous y répondrons par écrit. Toutes les accusations contre moi sont des mensonges. Pourtant, nous voyons comment se déroule l’enquête » a déclaré Almazbek Atambaïev, selon des propos rapportés par le média kirghiz Kaktus. Néanmoins, aucune sortie de territoire n’est envisagée par l’ex-président, selon son conseiller.

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Selon le procureur, les actions des partisans de l’ex-président peuvent constituer un danger pour l’ordre public. En effet, dans une de ces sorties, l’ancien président a déclaré « j’ai une arme bonus, et je riposterai s’ils viennent m’arrêter. Je dis ça pour ceux qui viendront me chercher. Ils exécutent un ordre illégal ». Parallèlement, les soutiens d’Almazbek Atambaïev ont envoyé une liste de 8 demandes au président et aux parlementaires. Si ces demandes ne sont pas rencontrées, ils menacent de demander un changement de pouvoir. La guerre des présidents continue au Kirghizstan.

La rédaction

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Almazbek Atambaïev a dirigé le Kirghizstan entre 2011 et 2017.
Kremlin.ru
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