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Kirghizstan : déjà trente candidats à l’élection présidentielle

A ce jour, trente personnes se sont portées candidates à l’élection présidentielle prévue en octobre 2017 au Kirghizstan. Plusieurs favoris sont mis en avant. Tour d’horizon.

A moins de trois mois de l’élection présidentielle kirghize, il y a déjà trente candidatures pour remplacer Almazbek Atambaïev, qui occupe le poste depuis 2011. Certaines sont atypiques : une retraitée de 62 ans qui dit avoir reçu l’approbation de Manas, le héros légendaire kirghiz,  un patriote qui avait prédit en 2011 « l’âge d’or » du peuple kirghiz, où « il n’y aurait plus d’hiver », deux autres en garde à vue

L’élection présidentielle, prévue le 15 octobre prochain, cèdera le pouvoir à un nouveau président pour un mandat de six ans. Pays le plus démocratique d’Asie centrale, le Kirghizstan est seulement classé comme « partiellement libre » par l’ONG Freedom House en 2017. Les dernières élections, les législatives d’octobre 2015, s’étaient passées sans fraude, selon les observateurs internationaux. Mais à l’approche des présidentielles, plusieurs ONG s’inquiètent d’une censure imposée aux médias et aux opposants.

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Pour cause : le résultat des élections reste encore très incertain, dans un Kirghizstan « fatigué de voir toujours les mêmes visages », selon la politologue locale Elmira Nogoibaeva dans une interview pour Zanoza.

Jeenbekov, l’héritier d’Atambaïev

Si Almazbek Atambaïev, élu peu après la révolution d’avril 2010, ne peut pas se représenter à un deuxième mandat comme l’indique la nouvelle constitution du Kirghizstan, il a tout de même désigné son successeur : Sooronbaï Jeenbekov. Premier ministre depuis avril 2016, il représente le parti du président, le SDPK (Parti Social-démocrate du Kirghizstan), aux élections.

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Almazbek Atambaïev l’a soutenu à plusieurs reprises, y compris devant la presse russe lors de sa dernière visite officielle à Moscou : « Jeenbekov serait un bon choix pour le pays », a-t-il affirmé devant les médias. « Je pense qu’il poursuivra le chemin que nous avons aujourd’hui construit pour le pays ». Le président et le Premier ministre se connaissent depuis plus de 20 ans, après une rencontre au Parlement où ils étaient tous deux députés, en 1995.

Un autre candidat, Tchininbai Toursounbekov, porte-parole du gouvernement et membre du même parti que le président, a également décidé de se présenter aux élections, malgré l’avis du gouvernement. Il ne portera cependant pas l’étiquette du SDPK, qui a refusé d’endosser sa candidature.

Plusieurs favoris, dont un en prison

Un autre favori est Temir Sariev, le prédécesseur de Sooronbai Jeenbekov au poste de Premier ministre. Député, ministre, puis chef de gouvernement, Temir Sariev, leader du parti  Akchoumkar,  a quitté son poste en avril 2016 suite à des accusations de corruption. En 2010, il s’était présenté à la présidentielle contre le président actuel du Kirghizstan ; depuis, il a critiqué plusieurs lois, dont la réforme constitutionnelle et l’enregistrement des étrangers.

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Lui aussi déjà connu en politique, Omourbek Babanov, riche fondateur de République – Ata Jourt, le quatrième parti du pays, se présente.  Premier ministre jusqu’en septembre 2012, il veut reformer l’économie du pays. « Le Kirghizstan doit faire partie des dix meilleurs pays sur l’indice de prospérité », a-t-il déclaré lors du congrès de son parti début juillet. « L’économie est comme un cheval, la politique comme un charriot. Pas l’inverse. L’Etat ne doit pas devenir un régulateur ou un rival, mais bien un partenaire des entreprises et investisseurs. ».

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Bakyt Torobaïev, député et homme d’affaires, ancien membre du parti de Babanov, s’est également porté candidat.

Une campagne tendue

Mais la campagne est déjà tendue, notamment avec le principal opposant aux héritiers d’Atambaïev en prison depuis février. Omurbek Tekebayev est accusé de corruption et de blanchiment d’argent dans la vente d’un des plus grands opérateurs du Kirghizstan, MégaCom, alors qu’il était vice-premier ministre en 2010.

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Leader de la plus importante force d’opposition du Kirghizstan, Ata-Meken, il s’est déclaré candidat aux élections mais ne peut pour l’instant pas valider sa candidature : la justice a décidé de ne pas lui fournir son passeport, pour le moment détenu par les autorités, sans lequel il ne peut pas se déclarer auprès de la commission électorale.

Des candidats issus de la société civile

Première femme à s’être portée candidate, Rita Karasartova est directrice de l’Institut pour l’analyse de la société, qui surveille la réforme du système judiciaire lancée en 2010. Son observatoire accompagne les parties civiles aux procès et évalue l’indépendance des tribunaux qui, selon elle, n’existe que sur le papier.  « Il est temps de changer les choses au Kirghizstan, afin que le pays se développe », s’est-elle justifiée auprès de Zanoza. En plus d’attirer l’attention sur certains problèmes, la candidate espère montrer qu’une campagne est possible avec très peu d’argent.

Une autre candidate libérale fortement soutenue par la société civile est Camilla Sharsheekeva, professeure et directrice d’université.

Les candidats ont jusqu’au 15 août pour s’enregistrer auprès de la commission électorale. Mais pour officialiser leur participation, ils doivent récolter 30 000 signatures et payer 1 million de soms  (environ 17 000 euros).

Marion Biremon
Rédactrice en cheffe adjointe de Novastan

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L’élection présidentielle kirghize promet déjà d’être animée.
Dan Lundberg
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