Rassemblement Violences Femmes Bichkek Novembre

Kirghizstan : seize journées d’actions contre les violences faites aux femmes

Il y a deux semaines, des bougies brillaient dans la ville de Bichkek en souvenir des femmes ayant payé de leur vie leur combat politique contre les violences et l’injustice. La journée internationale contre les violences faites aux femmes du 25 novembre fut le point de départ de cette campagne de 16 jours destinée à éveiller les consciences sur l’ordre patriarcal que subissent encore de nombreuses femmes à travers le pays.

Une vingtaine de militants ont répondu à l’appel de Bishkek Feminist Initiatives. Le rassemblement s’est tenu le samedi 25 novembre à 18h au mémorial des martyrs de la révolution situé au centre de la capitale kirghize. 40 bougies furent allumées et déposées aux pieds de l’imposante statue de 17 mètres d’Ourkouya Salieva.

Cette icône de l’histoire kirghize a vécu dans le sud du pays entre 1910 et 1934. Elle s’était engagée activement pour les réformes sociétales dans la jeune Union soviétique. Assassinée par des opposants politiques, elle est célébrée encore aujourd’hui comme une figure majeure.

« Nous voyons l’ampleur de la violence, nous entendons les voix des survivantes. Il est  difficile d’admettre notre ignorance devant de tels faits et notre impuissance à y remédier »,  explique un militant. Après l’installation des bougies, l’assemblée a lu des témoignages et des poèmes pour raconter le sort des victimes.

Une journée d’action mondiale

La journée internationale contre les violences faites aux femmes a été instaurée pour alerter sur les sévices que les femmes subissent à travers le monde. Depuis 1999, la journée se déroule officiellement chaque 25 novembre. Selon les estimations de l’ONU, près de 70 % des femmes subissent au moins une agression sexuelle, physique ou psychique dans leur vie.

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Comme le rapporte l’ONG Women’s Support Center, les avortements forcés sont un problème majeur au Kirghizstan. Chaque année, près de 12 000 interruptions de grossesses sont réalisées sans consentement. Pour 2 000 d’entre elles, il s’agit de jeunes filles violées.

Le discours prononcé lors de la manifestation du samedi 25 novembre a confirmé ces chiffres. « Certaines filles pensent qu’elles n’auraient pas été violées si elles n’étaient pas nées. Les avortements sont sélectifs : les parents n’attendent pas un enfant, ils attendent un garçon. Les filles qui naissent doivent prouver, tous les jours, leur utilité, ce qu’elles apportent à leur famille et être reconnaissantes envers la société de ne pas les avoir tuées. »

Rendre l’action des militants des droits humains plus efficace

Cette campagne de 16 jours contre les violences sexistes au Kirghizstan s’achèvera le 10 décembre prochain. Des réunions publiques avec des militants des droits humains sont prévues, notamment avec Amnesty International Ukraine, pour aborder les défis qui se présentent aux militants du Kirghizstan.

« Les dernières évolutions montrent une dégradation des droits humains au Kirghizstan et dans toute la région. Dans cette situation, la coopération entre les organisations officielles et les initiatives locales est très importante. Il faut également  élaborer des programmes d’action qui renforcent la société civile, qui la rende plus efficace dans la défense des droits humains et des libertés », selon Bishkek Feminist Initiative.

À l’issue des différentes réunions, une feuille de route a été élaborée : elle doit servir de  programme pour améliorer la coopération entre les défenseurs des droits humains. En utilisant les hashtags #16days et #orangeday, les participants publient leurs impressions pour ceux qui ne peuvent suivre le mouvement que par les réseaux sociaux.

Janina Lackmann
Rédactrice en chef de Novastan

Traduit de l’allemand par Antoine Roth et Élodie Vouaux

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Rassemblement contre les violences faites aux femmes à Bichkek le 25 novembre 2017
Janina Lackmann
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