Soronbay Jeenbekov Premier ministre Kirghizstan

Kirghizstan : Soronbay Jeenbekov nommé Premier ministre dans la continuité

Le nouveau Premier ministre du Kirghizstan a remplacé au pied levé son prédécesseur. Le gouvernement reste en grande partie le même, après un vote presque unanime du parlement.

Deux jours après la démission surprise du Premier ministre kirghiz Temir Sarïev, un nouvel homme fait son entrée. Le parlement kirghiz a voté à la quasi-unanimité la nomination de Soronbay Jeenbekov pour remplacer Temir Sarïev, au cœur d’un scandale de corruption.

Agronome de formation, Soronbay Jeenbekov est originaire de la région de Och, au sud du pays. Professeur de langue russe au début des années 1980, il a dirigé une ferme collective près de Ouzgen à la fin de l’URSS et au début de l’indépendance du pays, en 1991. Sous le premier président kirghiz Askar Akaïev, il a progressivement monté les échelons politiques dans le ministère de l’agriculture.

Un homme du sud

Propulsé par une foule survoltée gouverneur de la région avant la révolution de 2010, il a tenu les rênes de la région alors que celle-ci vivait un affrontement ethnique sans précédent. Il est ensuite devenu vice-directeur de l’administration présidentielle jusqu’à sa nomination.

Du fait de sa position en 2010, l’homme n’est cependant pas un tendre. Les tensions entre la capitale Bichkek (au nord) et Och, la seconde ville du pays, ont été vives depuis plusieurs années. Les incidents récents à la frontière avec l’Ouzbékistan voisin ont également marqué les esprits.

La famille Jeenbekov, très intégrée dans la politique kirghize

Soronbay Jeenbekov est également issu d’une famille dont le pouvoir politique apparaît certain. Son frère, Asylbek Jeenbekov, a été pendant plusieurs années président du parlement kirghiz avant de démissionner de sa fonction dans la matinée précédent la nomination de Soronbay Jeenbekov au poste de premier ministre.

Un autre de ses frères, connu sous le nom de Jusupbek Sharipov, occupait le poste de gouverneur de Jalal-Abad avant la révolution de 2005.

113 votes sur 115 députés

La candidature de Soronbay Jeenbekov a été présentée par le parti du président Almazbek Atambayev, le SDPK, à la tête d’une coalition dirigeant le parlement avec quelques 80 sièges sur 120. Sur les 115 députés présents lors du vote, 113 ont soutenu l’ancien vice-directeur de l’appareil présidentiel. Selon Eurasianet, l’ensemble des 115 députés auraient voté pour Soronbay Jeenbekov.

Avec seulement 2 votes contre, cette nomination pose la question de l’efficacité du fonctionnement du parlementarisme kirghiz, avec une opposition qui vote pour le Premier ministre présenté par le parti au pouvoir. De plus, le gouvernement garde la même structure et les postes de ministres semblent évoluer comme un jeu de chaises musicales.

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Vers une transition contrôlée par le président ?

Alors que le précédent premier ministre a été poussé à la démission à cause d’un scandale de corruption, il y a peu de chances que le nouveau gouvernement s’attaque à ce problème majeur.

De fait, les premières déclarations du gouvernement de Soronbay Jeenbekov pointent sur la continuité avec le travail du précédent gouvernement pour continuer de développer l’économie – pourtant en pleine crise – du Kirghizstan.

A un an des élections présidentielles et alors que le président actuel Almazbek Atambaïev a promis de ne pas se représenter, la nomination de Soronbay Jeenbekov, fidèle du président et membre de son parti le SDPK, semble prompt à préparer au mieux une transition dans les mains du SDPK.

La rédaction 



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