Participants Camp Pose Lac Kirghizstan

Kirghizstan : sur les rives du lac Issyk-Koul, la lutte pour les droits des femmes s’organise

Du 26 avril au 2 mai derniers s’est tenu un évènement d’un genre nouveau dans la région d’Issyk-Koul, dans l’est du Kirghizstan. Le petit pays d’Asie centrale a été le théâtre du premier camp anti-discrimination et résolument féministe de l’histoire de la région.

Le camp anti-discrimination « Fight Like a Girl » (« Bats-toi comme une fille ») est un évènement qui fait écho à de nombreux combats féministes en Europe. Pourtant, c’est bien au Kirghizstan que ce camp de rencontres, d’échanges et de formations a eu lieu du 26 avril au 2 mai derniers. 35 participants, chapeautés par des représentants originaires de chacun des sept pays concernés ont ainsi participé à cette initiative. L’objectif : créer et développer des projets en faveur de l’égalité femme – homme.

Bien plus que la création d’un réseau féministe, ce camp est le reflet de la situation complexe des droits des femmes dans les pays d’Asie centrale et du Caucase. Réunis sur les rives du lac Issyk-Koul, dans l’est du Kirghizstan, sept pays étaient présents : l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Géorgie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.

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Différentes structures associatives ont fait partie de l’organisation :  l’association de débats internationaux sur l’éducation en Asie Centrale (IDEA CA), l’association ukrainienne Vperche, USAID au Kirghizstan ainsi que l’International Foundation for Electoral Systems (IFES) du Kirghizstan.

Responsabiliser les femmes et lutter contre les discriminations

L’objectif affiché du camp a été de responsabiliser les femmes d’Asie centrale et du Caucase du Sud, mais aussi de diffuser les informations relatives aux discriminations présentes dans ces pays. L’événement était inclusif et comprenait des représentants de différents groupes discriminés : communauté LGBT, personnes en situation de handicap, résidents de régions enclavées, etc.

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Durant une semaine, les participants, supervisés par leurs mentors, ont appris à travailler leur argumentation pour défendre leurs projets et leurs idées, mais aussi à utiliser les réseaux sociaux pour lutter contre la discrimination. Le dernier jour du camp, les participants ont été divisés en 12 équipes et ont présenté des idées de projets. Chaque personne, à l’issue de l’évènement, aura pour mission de transmettre les idées et concepts abordés afin de protéger les droits des femmes dans leurs pays respectifs.

Affiche Promotion Camp

Différentes thématiques ont aussi été abordées : les violences domestiques, la participation des femmes appartenant à des minorités nationales au militantisme, l’augmentation de la visibilité des femmes en situation de handicap, la reconnaissance des personnes dans une démarche transidentitaire, l’orientation professionnelle et l’éducation sexuelle des jeunes filles.

Une société profondément ancrée dans le patriarcat

Assem, journaliste indépendante au Kazakhstan, explique que la situation des femmes dans son pays est complexe. En effet, en apparence, les droits des femmes au Kazakhstan sont une priorité pour le gouvernement qui a mis en place depuis l’indépendance de nombreux programmes relatifs à l’égalité. Pourtant, les femmes kazakhes restent victimes de nombreuses violences et inégalités dans une société encore profondément ancrée dans le patriarcat.

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Selon la journaliste, la prise en charge des victimes de violences sexuelles ou domestiques est inégale voire inexistante. Les femmes sont peu informées de leurs droits et hésitent pour beaucoup à les faire valoir. Ainsi, la diffusion de l’information et la création de groupes de soutien sont une priorité pour les militantes kazakhes et du reste de la région.

Évènement Trentaine Participants

La création d’un camp de formation comme « Fight like a girl » est une opportunité pour de nombreuses jeunes femmes de faire entendre leur voix et d’œuvrer conjointement à l’amélioration de la situation des femmes et des minorités dans leurs pays.

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Face au succès du camp, avec 1 500 demandes de participation pour une trentaine de places, les organisateurs espèrent pouvoir réorganiser rapidement un évènement similaire. Le premier camp anti-discrimination de l’histoire de l’Asie centrale risque de faire des émules.

Marie Hiliquin
Rédactrice pour Novastan à Almaty

Édité par Jérémy Lonjon
Correspondant de Novastan à Almaty

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Les participants au camp féministe « Fight Like a Girl » prennent la pose devant le lac Issyk-Koul au Kirghizstan
IDEA Центральная Азия
L’affiche de promotion du camp anti-discrimination « Fight Like a Girl »
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L’évènement s’est tenu du 26 avril au 2 mai 2019 et a réuni une trentaine de participants
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Commentaires
  • Bonjour,
    Sur un article comme ça, il serait chouette de faire attention aux féminins. Si il s’agit d’un camp organisé par des femmes pour des femmes, peut-être pourrait on lire qu’il s’agissait bien de participantes et d’organisatrices non ?

    25 juin 2019
    • Etienne Combier

      Bonjour Elsouille,

      La question s’est posée mais on a compté au moins un coach parmi les organisateurs, ce qui nous a poussé à mettre tout au masculin pluriel. Mais autrement vous avez raison, l’ensemble des personnes présentes étaient bien des participantes.

      25 juin 2019
      • Bonjour Etienne,

        Un coach parmi les organisatrices a donc suffi à convertir 35 participantes en participants. Est-ce que vous avez la sensation de reproduire, dans votre manière d’éditer cet article hyper intéressant, une partie des discriminations contre lesquelles ce type d’événement propose de lutter? Ou bien?

        16 juillet 2019

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