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Kirghizstan : un monument du centre de Bichkek devenu symbole des luttes féministes

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Dans le centre-ville de la capitale du Kirghizstan est érigée une statue pas comme les autres. Beaucoup pensent qu’elle représente une personnalité historique particulière : Ourkouya Salieva. Il n’en est rien, mais ce monument de l’époque soviétique est pourtant devenu aujourd’hui le symbole des luttes féministes dans ce petit pays d’Asie centrale.

Novastan reprend un article initialement paru sur Kloop.kg.

Dans le centre de Bichkek, la capitale kirghize, un monument représentatif de l’époque communiste trône au milieu d’un parc. Il n’est pas le seul : Lénine est toujours là, de même qu’une statue de Karl Marx et Friedrich Engels devisant ensemble face à l’un des bâtiments gouvernementaux du Kirghizstan.

Pourquoi donc s’intéresser à l’une de ces statues en particulier ? Il s’agit d’une représentation d’Ourkouya Salieva, une femme kirghize qui a contribué à l’arrivée au pouvoir des communistes dans ce pays d’Asie centrale après la Révolution d’Octobre en 1917.

Une figure communiste

Lancée en politique et militante communiste dès l’âge de 18 ans, Ourkouya Salieva a trouvé la mort en 1934, tuée par des opposants au régime soviétique en place depuis peu. Elle n’avait que 24 ans et est rapidement devenue un symbole de la propagande d’État du régime.

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Mais il se trouve que le monument en question n’est pas dédié à cette figure du communisme naissant au Kirghizstan. Il s’agit d’un ensemble de statues représentant les femmes révolutionnaires et combattantes à l’époque de la Révolution d’Octobre.

Inauguré en 1978, le monument a été immédiatement associé à la personne d’Ourkouya Salieva. Cela serait lié à l’époque – les années 1970 – où la personnalité de la jeune femme attirait l’attention des chercheurs. Et, au-delà, la figure d’Ourkouya Salieva a été exploitée dans des films et de nombreux bâtiments publics ont été nommés après elle au cours de cette période, comme l’explique le laboratoire de recherches kirghiz SI.

D’une confusion est né un symbole

Selon les mots du sculpteur de la statue lui-même, Tourgounbaï Sadykov, le monument désormais associé à Ourkouya Salieva avait été à la base conçu pour représenter une figure plus neutre et plus globale de la Mère Patrie, sans se focaliser sur une personne en particulier.

Bien que la confusion persiste, et même s’il ne s’agit pas d’une véritable erreur de la part des curieux visitant la capitale kirghize et s’intéressant à ce monument, il n’en demeure pas moins que la statue en question est devenue depuis peu le symbole des luttes pour les droits des femmes à Bichkek.

Une statue associée au féminisme depuis 2010

Ourkouya Salieva est connue au Kirghizstan comme une ardente défenseure du droit à l’éducation pour les jeunes filles. Sa statue est devenue, depuis 2010, le point de rendez-vous des luttes féministes modernes dans la capitale kirghize.

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C’est près de « sa » statue qu’a lieu la marche des femmes pour l’égalité et la solidarité chaque année. C’est près de « sa » statue que toutes les luttes en faveur des opprimés et des laissés pour compte se manifestent.

Ainsi, selon les chercheurs du laboratoire SI, il est intéressant de noter comment la perception erronée d’un monument datant de l’époque soviétique a transformé ce monument en un symbole pour celles et ceux qui défendent et revendiquent les idées d’égalité, de lutte contre la discrimination et de paix au Kirghizstan.

Réguina Im
Journaliste pour Kloop.kg

Traduit du russe par Jérémy Lonjon
Rédacteur en chef adjoint de Novastan

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Janina Lackmann
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