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Kirghizstan : une ancienne ministre s’inquiète de la montée de l’islamisation

L’ancienne ministre de l’Education du Kirghizstan s’alarme de l’islamisation des établissements d’enseignement pour enfants, notamment dans les zones rurales.

Novastan reprend et traduit un article initialement publié par le média kirghiz en ligne, 24.kg.

« Avoir plusieurs mosquées dans un petit village cela ne montre pas la foi, cela montre la corruption » a déclaré l’ancienne ministre de l’Education kirghize Kamila Charchekeïeva. « Pourquoi les enfants vont-ils dans les mosquées et les madrasas ? Parce qu’ils sont nourris là-bas et qu’on leur y donne de l’argent de poche. Ces enfants pensent qu’après avoir obtenu leur diplôme d’une madrassa, ils gagneront de l’argent lors de funérailles et de mariages », affirme la vice-rectrice de l’Université Internationale d’Asie centrale, fondatrice de l’Université Américaine en Asie centrale (AUCA).

Selon Kamila Charchekeïeva, l’islam radical et l’extrémisme religieux pénètrent désormais dans le système scolaire kirghiz. L’ancienne politique identifie un problème crucial, qui devrait être pris en main au plus vite par les autorités.

Les inégalités sociales : accélérateur de la radicalisation

« Le fait est que les gens aisés de notre pays forment un petit groupe, tout le reste est pauvre. La corruption dans les échelons supérieurs du pouvoir a conduit à l’appauvrissement total de la population, qui est obligée de chercher un moyen de sortir de cette situation difficile » a-t-elle ajouté. « L’État ne peut pas les aider et les gens préfèrent aller vers l’islam radical car ils paient. Dans leur famille, ils ont froid et ont faim, et les islamistes radicaux, en plus de l’argent, promettent aussi une vie après la mort heureuse. Jusqu’à ce que nous sortions la population de l’ignorance et de la pauvreté, leur départ vers les sectes radicales se poursuivra », a affirmé Kamila Charchekeïeva.

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Pour l’ancienne ministre de l’Education, les Kirghiz n’ont jamais été religieux. En tant que peuple nomade, et « nos ancêtres adoraient une multitude de dieux et le Tengrisme est plus proche de nous que l’Islam », affirme-t-elle.

La corruption des petits fonctionnaires et le délitement de la société kirghize

« Avoir plusieurs mosquées dans un petit village cela ne montre pas la foi, cela montre la corruption, car pour chaque mosquée, nos fonctionnaires ont reçu des sommes substantielles », a souligné Kamila Charchekeïeva. « Parce qu’il y a des milliers de mosquées dans le pays, cela montre qu’il y a une corruption massive ».

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La vice-rectrice de l’université International d’Asie centrale a rappelé que très souvent, des fonctionnaires en prenant leur fonction deviennent rapidement suffisamment riches. « Comment ? Honnêtement peut-être ? Combien d’argent puis-je gagner en étant un petit fonctionnaire ? Tout est extrêmement simple, notre problème est la corruption », a-t-elle souligné.

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Kamila Charchekeïeva voit la solution à ces problèmes par la séparation réelle de la religion et de l’état et par l’amélioration de la qualité de l’enseignement dans les écoles secondaires, ce qui contribuera à combler un créneau vacant, que tente de prendre les organisations religieuses et extrémistes.

Traduit du russe par la rédaction

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La mosquée fait partie des trois bâtiments publics du village.
Clara Marchaud
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