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« KyrgyzClub-France » : entraide et traditions au sein de la diaspora kirghize en France

Farouk Yakoubov, vice-président de l’association « KyrgyzClub-France », détaille les projets de la diaspora kirghize en France et revient sur le travail de l’association, dans une interview donnée à la radio Azattyk.

Novastan reprend et traduit ici un article publié initialement par Azattyk.

Radio Azattyk : Comment fonctionne l’association au jour le jour ? 

Farouk Yakoubov : En janvier dernier, nous avons organisé des élections et élu un nouveau président. « KyrgyzClub-France » a été officiellement enregistrée à la préfecture et la charte de l’association prévoit l’élection d’un nouveau vice-président tous les deux ans. C’est Kanimet Japarov qui occupe actuellement la fonction de président. Désormais, nous voudrions créer notre propre site.

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De nombreux Kirghiz en France ne connaissent pas encore l’association. S’ils ont besoin d’une aide juridique, nous pouvons trouver des avocats dans notre base de données et les mettre en contact avec eux. Ici, les conseils juridiques les plus élémentaires sont assez chers et les avocats ne sont pas toujours d’une grande aide, alors qu’un Kirghiz essaiera toujours d’apporter son aide et de bien faire les choses. Par exemple, les Kirghiz possédant des entreprises de construction peuvent vous aider si vous avez besoin de faire des réparations ou de déménager.

Nous voulons que les Kirghiz puissent interagir les uns avec les autres et s’entraider. C’est ce qui importe le plus.

Les rencontres ont-elles le plus souvent lieu lors d’événements culturels et éducatifs ?
Oui, l’association organise des soirées kirghizes lors desquelles de jeunes créateurs kirghiz organisent des défilés de mode, des musiciens jouent des instruments nationaux ou discutent de l’œuvre du grand écrivain Tchinguiz Aïtmatov, très connu et apprécié.

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De plus, nous prévoyons de proposer des cours de langue kirghize et de komouz (instrument traditionnel kirghiz) ainsi qu’un petit atelier pour que les enfants et les adolescents puissent échanger et apprendre à connaître le Kirghizstan. Beaucoup de Kirghiz sont mariés à des étrangers et leurs enfants n’ont pas toujours accès à la culture kirghize. Ils n’ont pas l’occasion de se rencontrer et de communiquer en kirghiz, de partager des informations.

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Notre tâche n’est pas seulement d’amener les Kirghiz à interagir entre eux. Nous essayons aussi de partager notre culture et nos traditions avec tout le monde. Par exemple, une flashmob organisée à l’occasion de Norouz, près de la tour Eiffel, de l’Arc de triomphe et de la place de la Concorde, a attiré l’attention non seulement de Français, mais aussi de nombreux touristes. Ils ont admiré les danses, les costumes et se sont intéressés à notre pays. On peut dire qu’il y a eu une sorte d’échange culturel.

Lors de rencontres entre Kirghiz, nous invitons le public français à participer, mais viennent aussi des gens de différentes nationalités vivant en France. Nous essayons de promouvoir le Kirghizstan en parlant de culture, de tourisme, du lac Issyk-Koul, des stations de ski, de la possibilité de passer la nuit dans une yourte dans les montagnes et la liste est encore longue. C’est un aspect important de notre travail et nous prévoyons de coopérer avec des partenaires potentiels dans un avenir proche pour développer cela.

Comment sont financés tous ces événements ?
Chaque membre verse une contribution annuelle de 20 euros minimum. Les fonds collectés nous permettent d’organiser et d’assurer des événements, d’effectuer des travaux administratifs et de louer des locaux. Les fonds sont actuellement insuffisants mais nous allons chercher des mécènes et des sponsors et nous adresser à différentes organisations afin d’avoir un budget plus conséquent.

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À titre d’exemple, la participation à la dernière célébration de Norouz était payante, parce que le programme proposé était dense, qu’il y avait des frais de location et de préparation des plats nationaux. Tout cela a un coût et nous avons dû apporter nos propres fonds, mais nous voudrions qu’à l’avenir ces événements soient gratuits pour les Kirghiz.

Vous avez dit être prêts à trouver des avocats pour aider vos compatriotes. Quels sont les problèmes auxquels sont confrontés les Kirghiz en France ?
Souvent, ils ont besoin d’une assistance juridique et administrative. Certains n’ont pas régularisé leur situation. Nous essayons de coopérer avec l’ambassade pour les aider et résoudre ces problèmes. Nous sommes confrontés à différentes situations et essayons de nous entraider, surtout quand nos compatriotes viennent tout juste d’arriver en France.

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Récemment, un jeune couple s’est tourné vers nous pour obtenir de l’aide. Ils étudiaient à Nice, mais n’ont pas réussi à s’adapter et ont décidé de rentrer chez eux. À Marseille, on leur a volé leurs passeports et leurs sacs. Nous leur avons trouvé un endroit où passer la nuit, les avons soutenus et ils ont pu obtenir un papier à l’ambassade qui leur a permis de rentrer au Kirghizstan. Nous vivons dans un autre pays, loin de chez nous, nous ne sommes pas si nombreux, et il est donc absolument nécessaire de s’entraider.

Vous vivez en France depuis longtemps, quels changements avez-vous constaté ?
Oui, je vis ici depuis dix ans déjà. Beaucoup de choses ont changé dans ma vie, j’ai moi-même changé. Aujourd’hui, les Français en savent plus sur le Kirghizstan. Il y a une chaîne de télévision française où l’on montre souvent de longs programmes sur les pays d’Asie centrale et notamment sur le Kirghizstan.

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Quand je dis que je viens du Kirghizstan, je constate que beaucoup connaissent déjà notre pays. Le changement est perceptible. Il y a dix ans, ils prononçaient mal le nom de notre pays, ne comprenaient pas d’où nous venions et qui nous étions. On nous confondait toujours avec les Chinois et les Mongols. Mais aujourd’hui, beaucoup connaissent déjà l’Asie centrale et le Kirghizstan, et de nombreux Français ont visité la région.

Propos recueillis par Jyldyz Orospakova

Traduit du russe par Alexia Choffat

Édité par Daisy Lorenzi

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Lors de la célébration de Norouz, organisée par « KyrghyzClub France »
Azattyk / KyrghyzClub France
L’organisation d’événements culturels permet de réunir Kirghiz et Français.
Azattyk / KyrghyzClub France
Défilé de costumes nationaux kirghiz modernisés par la créatrice de mode Elita Sultanalieva, avec la participation de modèles kirghiz, kazakhs, français et japonais.
Azattyk / KyrghyzClub France
La soirée de Norouz était payante afin de prendre en charge les frais de location et de préparation des plats nationaux.
Azattyk / KyrghyzClub France
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