Frontière Tadjikistan Kirghizstan Maksat Football Incident

La frontière entre Tadjikistan et Kirghizstan, nouveau théâtre d’un incident

Une dizaine de citoyens tadjiks ont tenté d’occuper un terrain de football en territoire contesté entre Kirghizstan et Tadjikistan. Les forces de l’ordre des deux pays sont rapidement intervenues afin d’éviter toute aggravation de la situation. Alors que les présidents des deux pays se sont accordés pour calmer la situation à leur frontière commune, certains dénoncent des tentatives de déstabilisations.

Ce lundi 5 août, une dizaine de citoyens tadjiks ont tenté d’occuper un terrain de football en territoire contesté entre Kirghizstan et Tadjikistan, rapporte le média kirghiz Turmush. Le terrain est situé à côté du village kirghiz de Maksat, dans la région de Batken, dans le sud du Kirghizstan. Les citoyens tadjiks ont rapidement été contrôlés par les gardes-frontières des deux pays. Un conflit avait eu lieu en juin 2018 sur ce même terrain de foot qui servait alors de place de marché frontalier et où les gardes-frontières kirghiz avaient détenu manu militari pendant plusieurs heures leurs homologues tadjiks.

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Ce conflit est le premier entre les deux pays sur les zones contestées de la frontière après que les présidents kirghiz et tadjik se soient rencontrés sur une des parties les plus compliquées de cette frontière, au niveau de l’enclave de Vorukh, et aient annoncé qu’il « n’y avait plus de problèmes irrésolus » à propos de leur frontière commune.

Lire aussi à ce sujet : « Plus de problèmes irrésolus » à Vorukh entre Tadjikistan et Kirghizstan

Cependant, suite à cette rencontre et aux discussions qui ont suivi, aucune annonce concrète n’a été faite sur la délimitation des frontières. Une situation qui produit ces conflits frontaliers réguliers et meurtriers entre les deux pays depuis plusieurs années.

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Selon des habitants kirghiz du village de Maksat qui ont assisté à ces tensions ce lundi 5 août, interrogé par Turmush, cela ressemble à une tentative de provocation ou de déstabilisation. Cela vient après que le ministre des Affaires étrangères tadjik, Syrodjiddin Moukhriddin, a annoncé au média tadjik Asia-Plus que la situation trouble à la frontière entre les deux pays était le fait des « contrebandiers et corrompus vivant dans les régions frontalières du Kirghizstan et du Tadjikistan ». Le ministre avait toutefois nié qu’il y avait des forces extérieures aux deux pays suscitant cette déstabilisation. Il a également déclaré que le problème de la délimitation des frontières devrait s’accélérer après la rencontre entre les deux président le 26 juillet dernier.

Cependant, le gouverneur de la région frontalière tadjike de Soghd, Radjabboi Akhmadzoda a déclaré à Asia-Plus le 1er août dernier que le Tadjikistan ne « donnera pas un pouce de notre terre » et que « nous sommes prêts à défendre notre terre ». Le nationalisme semble aussi faire partie du problème de la non-résolution du conflit, et pas seulement les « contrebandiers et corrompus ».

La rédaction

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Le petit village kirghiz de Maksat a été le témoin d’affrontements entre Kirghiz et Tadjiks.
Capture d'écran Google Maps
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