L’Asie centrale à Berlin : « Étudier la région est essentiel »

En quoi l’étude de l’Asie centrale est-elle un enjeu pour la politique étrangère de Berlin ? C’est une des questions que se sont posés des représentants de la diplomatie allemande en février dernier.

Le 9 février dernier à Berlin, des représentants et experts des Affaires étrangères de l’Allemagne se sont retrouvés à l’université Humboldt de la capitale pour une journée d’études consacrée à l’Asie centrale. L’événement s’est tenu à l’initiative d’étudiants berlinois.

Ne pas négliger l’Asie centrale

Pour les participants à l’événement, les études sur l’Asie centrale ne doivent pas être considérées comme des enjeux secondaires. Ce constat a fait consensus lors de la journée d’études intitulée « Coopération entre les études centrasiatiques et les politiques internationales ».

Les études sur l’Asie centrale doivent faire face à des coupes budgétaires toujours plus importantes. Mais malgré tout, elles ne doivent pas être négligées. C’est le point de vue qu’a défendu Ingeborg Baldauf qui tient une des deux chaires du séminaire sur l’Asie centrale au sein de l’université Humboldt. Pour elle, « les études centrasiatiques ne devraient pas être négligées dans les milieux universitaires. »

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Ingeborg Baldauf a notamment insisté sur l’importance d’avoir sur ces pays un regard « de l’intérieur » que les politologues ne sauraient avoir, faute de connaissances linguistiques sur ces espaces. Ainsi, les étudiants qui maîtrisent le kazakh, le tadjik ou la langue ouïghoure constituent des points d’appuis essentiels pour étudier les cultures et les sociétés locales d’Asie centrale.

Possible suppression du séminaire

Pour que cela reste encore possible, les étudiants ont noué des contacts avec des responsables du ministère des Affaires étrangères ainsi qu’avec le ministère allemand pour la Coopération économique et le Développement. Depuis le premier semestre 2017, certaines rumeurs ont annoncé une possible suppression du séminaire sur l’Asie centrale, ce qui a entraîné des protestations. Les étudiants militent depuis au moyen d’une action de résistance intitulée « Asie centrale : rendez-vous en terre inconnue ». De cette manière, ils cherchent à donner plus de visibilité à cette région et aux études qui sont menées sur le sujet.

À ce titre, l’évènement a atteint son objectif : pendant les deux jours d’ateliers, les étudiants et doctorants ont montré les opportunités que pourrait offrir une meilleure utilisation des études sur l’Asie centrale.

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« Nous avons un grand besoin d’études et d’information sur ces régions du monde », témoigne Heidrun Tempel, représentante du ministère des Affaires étrangères et chargée notamment des questions liés à la recherche, la formation, les études géopolitiques et les politiques interculturelles. Elle a également souligné l’intérêt pour elle et pour ses collègues d’avoir un autre regard sur la région et ses aspects politiques, sociaux et culturels.

Un regard neuf sur la région

Ce point de vue a été confirmé par Michael Siebert et Peter Krahl qui travaillent respectivement pour le ministère des Affaires étrangères et pour le ministère de la Coopération économique. Selon eux, le regard neuf des chercheurs ou des think-tanks est toujours très utile pour la mise en place de politiques adaptées par la suite.

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Malgré les craintes suscitées par les coupes budgétaires, ils ont réaffirmé leur soutien aux études régionales. Le contrat de coalition négocié dernièrement par la CDU/CSU et le SPD, les deux partis politiques dominants de la scène politique allemande, énonce clairement son soutien aux « petites unités de recherches » consacrées « aux migrations, à l’intégration et à la cohésion sociale, à la démocratie et à la paix, aux facteurs de conflits et aux moyens de les dépasser. »

Dominik Vorhölter
Journaliste pour Novastan à Berlin

Traduit de l’allemand par Antoine Roth et Élodie Vouaux

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Les participants à la journée d’études sur l’Asie centrale du 9 février 2018 à Berlin
Kyara Klausmann
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