coronavirus asie centrale frontière fermeture urgence

L’Asie centrale ferme ses frontières pour lutter contre le coronavirus

Après le Turkménistan qui a fermé ses frontières depuis fin février, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan  et le Kirghizstan suivent cet exemple et ferment leurs frontières. Les pays annoncent des mesures de restrictions chaque jour plus importantes des espaces publics.

Face aux premiers cas au Kazakhstan puis en Ouzbékistan les 13, 14 et 15 mars derniers, Nur-Sultan et Tachkent ont fermé leurs frontières. Le Kirghizstan a suivi l’exemple de ses voisins le 17 mars. Le Kazakhstan est même allé plus loin en déclarant l’état d’urgence. Il s’agit de mesures inédites depuis les indépendances en Asie centrale, et qui rétrospectivement donnent raison au Turkménistan qui a très rapidement, dès fin février, fermé ses frontières dans le but de contenir l’épidémie.

Lire aussi sur Novastan : Coronavirus : où en est la situation en Asie centrale ?

La République du Kazakhstan a déclaré le 15 mars dernier l’état d’urgence à partir du 16 mars et jusqu’au 15 avril prochain. Cela permet au président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev d’avoir les pleins pouvoirs et d’agir rapidement contre l’épidémie de coronavirus COVID-19. Les mesures prises permettent de fermer l’ensemble des zones de commerce non essentielles, les théâtres, les cinémas, les écoles et universités et tous les lieux de rassemblement, ainsi que les événements comme les mariages ou autres fêtes familiales.

Novastan est le seul média en français et en allemand spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir à partir de 2 euros par mois, ou en devenant membre actif par ici.

Les frontières sont fermées dans les deux sens sauf pour les diplomates et cas exceptionnels qui doivent être justifiés aux autorités.

Ce lundi 16 mars, 9 cas avérés d’infection au coronavirus ont été comptabilisés au Kazakhstan, l’ensemble en provenance de pays européens.

L’Ouzbékistan ferme ses frontières

Depuis le 16 mars, l’Ouzbékistan a mis fin à l’ensemble des liaisons aériennes et routières avec tous les pays étrangers. Les liaisons ferroviaires seront fermées le 19 mars, car ces dernières ont une inertie plus importante. Cela signifie que l’entrée pour les étrangers et le départ pour les Ouzbeks du pays seront totalement suspendus dans les jours à venir.

Ces décisions ont été annoncées et prises par le gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus lors d’un briefing le 15 mars dernier par le Premier ministre ouzbek Abdoullah Aripov, selon le média ouzbek en ligne Gazeta.uz.

Les écoles et universités sont également fermées. Tous les événements de masse sont annulés, y compris les événements sportifs et culturels. La célébration de Norouz, la fête du printemps qui aurait dû être fêtée le 21 mars, et les événements publics connexes sont tous annulés. Il est conseillé aux citoyens ouzbeks de ne pas se rendre dans des endroits où il y a des foules.

Dans tous les organes de l’État et les organisations non gouvernementales, les réunions doivent être interrompues. Il est recommandé de passer au télétravail le plus possible. Les institutions religieuses doivent également limiter les événements publics. Cependant, et de façon surprenante, l’Ouzbékistan n’a pas interdit les fêtes de mariage ou autres fêtes familiales qui rassemblent souvent plusieurs centaines de personnes.

Au 16 mars, il y a 3 cas avérés d’infection au coronavirus en Ouzbékistan, l’ensemble provenant de pays européens.

Le Turkménistan en isolation depuis début mars

Le Turkménistan a annoncé lors d’un briefing aux missions diplomatiques le 3 mars dernier, rapporté par l’agence de presse officielle TDH, que son but était de ne pas laisser entrer le coronavirus sur son territoire, et que l’ensemble des mesures nécessaires seraient prises dans cet objectif.

Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire en cliquant ici.

Sans communiquer clairement sur les mesures prises, le Turkménistan a largement fermé ses frontières et interrompu les liaisons aériennes, ferroviaires et routières depuis la fin février. Des mesures de quarantaine strictes pour ceux qui arrivent de l’étranger ainsi que des tests salivaires ont été mis en place dès début mars. En plus de ses mesures strictes et qui font désormais office d’exemple pour le reste de la région, Achgabat a de façon plus controversée mis en avant la médecine traditionnelle turkmène pour lutter contre le coronavirus.

Pour l’instant, aucun cas n’a été déclaré officiellement au Turkménistan.

Le Kirghizstan ferme ses frontières

Le 17 mars, le Kirghizstan a pris la décision de fermer ses frontières, suivant les exemples de ses voisins, rapporte l’agence kirghize 24.kg. La vice-Première ministre Altynaï Omourbekova a annoncé que l’entrée des étrangers dans le pays était désormais interdite. Les étrangers au Kirghizstan peuvent quitter le pays. Le gouvernement kirghiz a précisé que cette interdiction ne concernait pas le transport de marchandises.

Jusqu’à présent, seuls les voyageurs provenant d’une petite dizaine de pays, dont la France, étaient interdits d’entrée.

Le 18 mars, le pays a déclaré ses premiers cas.

Le Tadjikistan n’a pas encore fermé leur frontière

Le Tadjikistan est aussi resté sur ses précédentes décisions. Cependant, seule sa frontière avec le Kirghizstan reste ouverte car ses frontières avec la Chine comme avec l’Afghanistan sont fermées depuis début mars.

Il n’y a pour l’instant aucun cas avéré officiellement au Tadjikistan.

La rédaction
Corrigé par Aline Simonneau

*Edition 17 mars : ajout de la fermeture des frontières kirghizes.

*Edition 22 mars : ajout des cas kirghiz.

Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anonymement à ce questionnaire ou nous envoyer un email à redaction@novastan.org. Merci beaucoup !

Les pays d’Asie centrale ferment leurs frontières et prennent des mesures de confinement pour lutter contre l’épidémie de coronavirus COVID-19.
NIAID
Partager avec
Aucun commentaire

Ecrire un commentaire

Captcha *