Gerald Gunther ONU Kirghizstan

Le Kirghizstan vu par un représentant allemand de l’ONU

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Gerald Gunther est allemand, originaire de Berlin. Il travaille aujourd’hui pour la structure dédiée aux droits des femmes auprès de l’ONU au Kirghizstan. Il revient sur son parcours et témoigne de ce qu’est la vie quotidienne dans ce petit pays d’Asie centrale.

Novastan reprend ici une interview menée par Anara Mamytova initialement parue sur 24.kg.

Gerald Gunther est un habitué du Kirghizstan. Après avoir mené un groupe de volontaires de l’Organisation des Nations unies (ONU) dans sa jeunesse, il a rejoint en 2012 la structure de l’organisation dédiée aux droits des femmes et à l’égalité des sexes (UN Women) avant d’en prendre la tête. 24.kg lui a posé quelques questions sur son travail et sur sa vie en Asie centrale.

Qu’est-ce qui vous fascine le plus au Kirghizstan ?

Pour moi, la période la plus fascinante a été mon arrivée pour la première fois à Bichkek en 1996. Le Kirghizstan venait seulement de gagner son indépendance. Avant cela, le pays était fermé. Et, en tant qu’Allemand de l’Ouest, c’était très compliqué pour moi de m’y rendre, de même que dans tous les autres pays d’Asie centrale. Lorsqu’on m’a proposé de travailler ici, j’ai été ravi. J’aime ce pays, son parfum local et sa diversité. À Bichkek vivent des gens de toutes les origines. La vie n’était pas facile suite à l’indépendance, mais le Kirghizstan débordait d’énergie et chacun espérait le meilleur pour le pays.

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Le Kirghizstan ressemble-t-il à votre pays d’origine ?

Je ne sais pas… Nous avons aussi des montagnes en Allemagne, mais pas aussi hautes. Dans les années 1990, lorsque je suis arrivé pour la première fois, les gens s’identifiaient à l’Europe. Cela se voyait dans la façon de s’habiller, très occidentale. Et je me suis vite senti chez moi. Aujourd’hui, les traditions reprennent le dessus et les gens s’habillent davantage à la mode asiatique.

Gerald Gunther Tente

De l’Allemagne, qu’est-ce qui vous manque le plus ?

J’ai vécu dans de nombreux pays et j’ai essayé de ne pas trop m’attacher ou m’habituer aux choses. Cela dit, les saucisses allemandes avec une tranche de pain noir me manquent parfois. Bien que le Kirghizstan ait du potentiel en la matière…

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Quel est votre endroit favori au Kirghizstan ?

Il y en a beaucoup. Bien sûr, Issyk-Koul est magnifique. Je préfère la rive Sud du lac : la nature y a gardé sa beauté et son authenticité. J’aime aussi beaucoup la région du Tchatkal, à l’Ouest du pays, où la nature est très riche, où il est très agréable de monter à cheval. C’est un endroit où l’on peut faire tout comme un vrai Kirghiz. De façon générale, peu importe l’endroit où vous voyagez au Kirghizstan… Tout est follement beau, particulièrement au printemps ou en automne.

Représentants ONU Montagne

Quels plats locaux aimez-vous ? Quel est celui que vous avez goûté en premier et celui que vous avez peur d’essayer ?

Je ne me souviens plus vraiment du premier plat que j’ai eu l’occasion de goûter en arrivant à Bichkek. Je crois que c’était un plat russe ou ukrainien, une soupe froide appelée okrochka. Sinon, je manque presque tous les jours les plats nationaux du pays. J’apprécie beaucoup l’oromo, les lagman, les kebabs et toutes sortes de choses que l’on peut trouver ici. Je regrette simplement que la nourriture soit parfois très grasse. Le plov est aussi très bon. À condition qu’il ne soit pas trop gras. Et je suis agréablement surpris par l’abondance de fruits et légumes dans le pays. Ils sont de bonne qualité et bons pour la santé.

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Qu’est-ce qui a vous a plu et qu’est-ce qui vous a déçu au sein de la population locale ?

La jeunesse du Kirghizstan est pleine d’énergie. Malheureusement, beaucoup de gens ici ne s’intéressent pas au futur, à ce qui va se passer lorsqu’ils grandiront, une fois l’école terminée. Je pense que les jeunes gens manquent d’ambitions, de rêves. Ils ne voient pas toutes les opportunités qu’il y a à saisir ici. C’est important pour eux d’apprendre les langues étrangères comme l’anglais et le chinois. C’est la seule manière pour eux de devenir compétitifs à l’avenir.

Représentant Allemand Entouré

Qu’est-ce que vous aimeriez changer à Bichkek même ?

Avec mon travail, je suis souvent amené à quitter le pays avant d’y revenir. Et je suis donc obligé d’utiliser les taxis entre la ville et l’aéroport. Je pense qu’il faut changer le système de taxis à l’arrivée à l’aéroport. La zone d’arrivée de l’aéroport donne au voyageur la première impression du pays : elle doit être positive. Il faut donc améliorer les choses de ce côté-là. Il y a des choses à voir au Kirghizstan : des paysages à couper le souffle, les traditions et la culture locales, l’hospitalité des habitants… Mais, je vous en conjure, améliorez le système d’accueil des voyageurs à l’aéroport !

Propos recueillis par Anara Mamytova

Traduit du russe par Jérémy Lonjon
Rédacteur en chef de Novastan

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Gerald Gunther travaille pour l’ONU au Kirghizstan
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Gerald Gunther installe sa tente.
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Avec des représentants de l’ONU à flanc de montagne
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Le représentant allemand est parfois bien entouré.
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