Migrants Russie Asie centrale

Le nombre de migrants en Russie s’est fortement réduit

Au premier semestre 2017, le nombre officiel de migrants en Russie a atteint son plus bas niveau depuis 2011 : le nombre d’arrivants s’est réduit et celui des partants, au contraire, a augmenté, d’après une étude de l’Académie russe de l’économie nationale.

Novastan reprend ici et traduit un article publié sur News.tj, reprenant lui-même un article du quotidien économique russe Vedomosti.

C’est une information très importante pour l’Asie centrale, extrêmement dépendante de l’envoi de fonds de ses migrants en Russie. Selon un rapport de l’Académie russe de l’économie nationale (ARENSP), le nombre officiel de d’entrées de migrants de travail en Russie a atteint un plus bas de 103 millions pour les six premiers mois de 2017, contre 143 millions sur la même période en 2011 et une moyenne autour de 140 millions durant les dernières années.

Ces chiffres comprennent 71% de centrasiatiques et 8% d’Ukrainiens, précise l’Académie. Les trois pays les plus représentés sont l’Ukraine, le Kazakhstan et le Tadjikistan.

Un risque démographique en Russie

De ce constat, l’ARENSP s’inquiète des risques démographiques pour la Russie. Au premier semestre 2017, pour la première fois depuis 2010, il y a eu moins de naissances que de décès dans le pays, et les migrants ont totalement cessé de compenser le déclin naturel de la population. D’après les données de Rosstat, le Service fédéral des statistiques de l’État russe, sur la première moitié de l’année, leur nombre n’a compensé que 85,7 % des décès.

Il est peu probable que la croissance naturelle de la population augmente fortement : trop peu de femmes sont nées dans les années 1990, explique le directeur de l’Institut de démographie de l’École des hautes études en sciences économiques (EHESE) Anatolii Vichnevski. Dans de telles conditions, le niveau d’emploi par rapport à aujourd’hui ne changera pas d’ici à 2030 et pourrait même diminuer. D’après la note de Rostislav Kapeliouchnikov, directeur adjoint du Centre de recherches du travail de l’EHESE, cela pourrait représenter entre 6 et 7 millions de personnes en moins (ou 10%).

Le nombre de migrants n’augmentera pas

De plus, Aucune raison ne laisse espérer une augmentation du nombre de migrants le deuxième semestre, soulignent les auteurs du rapport de l’ARENSP. Le potentiel des entrées de migrants des pays de l’Union Economique Eurasiatique (qui comprend la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et l’Arménie) était déjà épuisé en 2016, à la seule exception du Kirghizstan.

Le nombre de personnes venant de Moldavie et d’Ukraine continue de diminuer, et celui des arrivants du Tadjikistan et d’Ouzbékistan croit un peu, mais les indicateurs n’atteignent pas le niveau d’avant la crise.

Un levier politique potentiel

Auparavant, les habitants de la Communauté des Etats indépendants n’avaient pas d’incitations pour aller en Russie. Le Kazakhstan était ainsi la source principale des rapatriements d’argent dans les années 1990, explique Nikita Mkrtchian, de l’Institut d’analyses sociales et de prévisions de l’ARENSP. Les habitants d’Arménie et du Kirghizstan avaient autrefois besoin de recevoir la citoyenneté russe, mais dans le marché commun offert par l’Union économique eurasiatique, ils peuvent travailler dans le pays comme migrants de travail dix mois, et rentrer dans leur pays respectif durant trois mois.

Pour attirer des migrants et augmenter leur nombre sur le marché du travail, la décision la plus évidente est de faciliter l’acquisition de la nationalité russe pour tous ceux qui sont venus y étudier, dans le cadre d’une compétition mondiale pour les cadres qualifiés, reconnaît Lilia Ovtcharova la directrice de l’Institut de politique sociale de l’EHESE. Mais sur ce point, remplir complètement le déficit de cadres ne sera pas atteint, admet-elle. D’après la spécialiste, la Russie vivra dans des conditions de déficit de jeunes ressources du travail.

Traduit du russe par Léa André

Si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à nous suivre sur Twitter, Facebook, Telegram, Linkedin ou Instagram ! Vous pouvez également vous inscrire pour recevoir notre newsletter hebdomadaire.

Le nombre de migrants arrivant en Russie a fortement diminué durant les 6 premiers mois de 2017.
News.tj
Partager avec
Aucun commentaire

Ecrire un commentaire

Captcha *