Diplomatie Kirghizstan Tadjikistan Union européenne Sirojiddin Mouhriddin Tchingiz Aïdarbekov

Le nouveau Haut représentant de l’UE rencontre des diplomates centrasiatiques

Josep Borrell, nouveau Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, a rencontré les ministres des Affaires étrangères tadjik et kirghiz. L’occasion de faire le point sur les avancées de la coopération euro-centrasiatique dans un contexte de nouvel élan des relations entre les deux régions.

Le 9 et 11 décembre derniers, le successeur de Federica Mogherini, Josep Borrell s’est entretenu avec les ministres des affaires étrangères du Kirghizstan et du Tadjikistan. Il s’agissait de sa première rencontre avec des délégations centrasiatiques depuis son arrivée à la tête de la diplomatie européenne le 1er décembre dernier. Les deux entretiens ont permis d’échanger sur les enjeux en Asie centrale et sur l’état de la coopération entre la région enclavée et l’Union européenne.

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Tchingiz Aïdarbekov et Sirojiddin Mouhriddin, respectivement à la tête des diplomaties kirghize et tadjike, ont été parmi les premiers ministres des Affaires étrangères à avoir été reçus par Josep Borrell. Un signal possible de l’attention et des efforts que l’UE porte sur la région, alors que l’Asie centrale fait l’objet de convoitises de la part d’autres puissances régionales.

Le Kirghizstan accueillera un forum de coopération UE-Asie centrale

Le 9 décembre, avec le ministre des Affaires étrangères du Kirghizstan Tchingiz Aïdarbekov, Josep Borrell a dressé le bilan des progrès des relations diplomatiques, marquées notamment par la signature le 6 juillet dernier de l’accord de partenariat et de coopération renforcé, qui fait suite au premier partenariat conclu en 1999. Cet accord vise à approfondir les relations bilatérales, la coopération et le dialogue ainsi qu’à soutenir le programme de réformes au Kirghizstan.

Il couvre de nombreux domaines de coopération, de la politique intérieure et étrangère à la sécurité, en passant par le commerce ou la justice. Des efforts ont également été consentis dans 24 autres secteurs clés tels que l’énergie, le transport, l’environnement ou l’agriculture pour n’en citer que quelques-uns. Les deux diplomates ont notamment discuté du rôle actif du Kirghizstan dans la prise en compte des risques environnementaux régionaux: la gestion des sites d’uranium entre autres.

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Le haut représentant a enfin salué la proposition du Kirghizstan d’accueillir le premier forum de coopération économique UE-Asie centrale en 2020, qui devrait se tenir au début de l’année prochaine. Tchingiz Aïdarbekov espère que le forum deviendra un mécanisme efficace et durable pour la coopération économique.

Des progrès à faire au Tadjikistan

Le 11 décembre, c’était au tour du ministre des Affaires étrangères tadjik Sirojiddin Mouhriddin. Lors de leur rencontre, les deux hommes ont fait état des progrès des réformes économiques au Tadjikistan, de la connectivité Euro-Asie, de la gestion hydraulique régionale, de la lutte contre le terrorisme et de la sécurité frontalière. Ils ont notamment souligné le rôle du Tadjikistan dans la promotion de la coopération régionale avec l’Afghanistan.

Josep Borrell a insisté sur la nécessité de progresser dans le domaine des droits de l’Homme et de l’Etat de droit alors que le Tadjikistan ambitionne de bénéficier du Système généralisé de préférences plus (SGP+), programme de préférences commerciales pour les biens en provenance de pays en développement afin de soutenir leurs échanges commerciaux.

Une action plus globale de l’UE en Asie centrale

La nouvelle stratégie de l’Union en Asie centrale, adoptée en juin dernier a été au centre des deux rencontres. Ce nouveau cadre stratégique, qui met à jour celui de 2007, insiste sur trois dimensions : la coopération régionale en Asie centrale, la résilience et la prospérité.

Concrètement, en ce qui concerne la coopération régionale, il s’agit pour l’UE d’encourager à développer un marché régional plus intégré, traiter communément les défis régionaux comme le terrorisme, l’environnement, et à intensifier la coopération avec les partenaires d’Asie centrale pour promouvoir la paix en Afghanistan. Ensuite, afin de renforcer la résilience des pays de la région, l’UE entend soutenir leurs réformes internes, la promotion des droits de l’Homme et de l’Etat de droit. Enfin, pour assurer la prospérité locale, des efforts seront mis en œuvre dans le développement d’un secteur privé compétitif, d’un environnement favorable aux investissements, et dans la modernisation de l’économie, avec un intérêt particulier pour la connectivité Europe-Asie, la recherche, l’innovation et l’éducation.

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Sur la période 2014-2020, l’Union européenne a alloué 1.1 milliard d’euros dans le cadre du développement de la coopération avec l’Asie centrale. 454 millions d’euros ont été consacrés pour des programmes régionaux dont 115 millions pour Erasmus+, manifestant l’attention prêtée à l’éducation, un investissement sur le long terme.

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La stratégie de 2019 n’apporte pas de bouleversement majeur par rapport à celle de 2007 mais permet d’affiner l’action européenne afin de répondre aux défis actuels et aux nouvelles opportunités. Elle permet cependant à l’UE de s’immiscer dans la région face aux autres puissances régionales manifestant leurs ambitions centrasiatiques. Au premier rang, on trouve la Russie et son Union économique eurasiatique, union douanière lancée en 2015, mais aussi la Chine avec son projet des Nouvelles routes de la Soie, sans omettre l’implication croissante de l’Iran, de la Turquie et des pays du Golfe.

Manon Mazuir
Rédactrice pour Novastan

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Le ministre kirghiz des affaires étrangères Tchingiz Aïdarbekov (à gauche) et Josep Borrell, Haut-Représentant pour l’Union euorpéenne, lors de leur rencontre à Bruxelles le 9 décembre dernier.
AKIpress
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