Khassan Cheval Son Koul Kirghizstan Vol

Le vol de chevaux, un problème sociétal au Kirghizstan

Animal central de la culture traditionnelle kirghize, le cheval dans la période pré-soviétique déterminait le statut social de celui qui le possédait. Aujourd’hui, toujours présent dans la société, il est l’icône de valeurs culturelles et économiques tandis que sa valeur marchande attise les convoitises dans une situation économique tendue.

Ce texte est issu d’un récit de voyage, modifié par la rédaction de Novastan.

Un matin d’octobre, Khassan sort de la yourte pour mettre à l’attache les deux chevaux entravés la veille au soir. Lui et le touriste qu’il accompagne en direction du lac Son-Koul, dans l’est du Kirghizstan, ont fait étape au jailoo familial. Le jailoo est le nom donné aux lieux de transhumance des bergers en Asie centrale.

Comme de coutume, les chevaux sont partis divaguer dans l’alpage, mais après plusieurs heures de recherche, il faut se rendre à l’évidence, les chevaux sont toujours introuvables.

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Khassan enrage. Ce n’est pas la première fois qu’un vol de chevaux se produit dans la région. En cette fin de saison touristique, quand les bergers redescendent des pâturages et que la neige arrive, la concurrence est rude entre guides. Les touristes sont rares et les jalousies nombreuses, explique Khassan.

Le cheval, un bien de valeur

Il se souvient de l’époque soviétique où les propriétaires de chevaux préféraient abattre leur cheptel plutôt que de le livrer à l’idéologie collectiviste socialiste. Depuis l’indépendance en 1991 et la distribution du bétail, le cheval est un élément essentiel de l’économie kirghize. Selon lui, c’est ce qui en fait aujourd’hui sa valeur.

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Khassan Cheval Son Koul Kirghizstan

Que ce soit pour le lait de jument utilisé pour la fabrication du koumis, boisson légèrement acide et alcoolisée dont raffolent les Kirghiz, ou pour la boucherie où le cheval représente une viande de choix dans les grandes occasions comme une naissance, un mariage ou un enterrement, le cheval kirghiz représente une réelle valeur financière pour les bergers. Sans compter son importance cruciale pour les fameuses courses de Kök-Börü ou attrape-chèvre, où  les pur-sang des haras russes et kazakhs sont largement demandés.

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Ses deux chevaux disparus, Khassan ne peut plus emmener les touristes sur les rives du lac Song-Koul. Au printemps prochain, il devra pourtant les remplacer.  Sur le marché de Kotchkor, dans l’est du pays, le prix d’un cheval destiné à la boucherie peut atteindre 500 à 600 euros. Pour un cheval de selle, le prix monte de 1 500 à 2 000 euros. Il obtiendra peut être une aide du gouvernement kirghiz qui, conscient de l’opportunité que représente la filière équine pour l’économie, a voté un arrêté en 2003 favorisant son développement.

Hervé Girolet
Contributeur pour Novastan

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Khassan, un Kirghiz habitant autour du lac Son Koul, s’est fait voler deux chevaux.
Hervé Girolet
Posséder un cheval est important au Kirghizstan.
Hervé Girolet
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