Eco-caravan tour Orphelins Bichkek Issyk-Koul

L’eco-caravan tour, un projet écologique inédit au Kirghizstan

Pendant la dernière semaine de juillet, sur la rive sud du lac Issyk-Koul, une trentaine d’enfants issus d’un orphelinat de Bichkek participeront à l’eco-caravan tour. Au programme de ce camp de jeunes : des jeux dans la nature et des ateliers sur la préservation de l’environnement, le nettoyage des berges et des forêts alentours, ainsi que des enseignements sur la faune et la flore locales.
 

L’eco-caravan tour avait été amorcé en 2013 avant d'être interrompu l’année suivante, faute de financements. Au printemps 2016, Valentina Khomenko, la co-organisatrice du projet, décide de reprendre le flambeau et forge une ambition solide. Si cette année l’expérience réussit sur une semaine, elle entend le développer à travers tout le pays. Kirghize d’origine ukrainienne, Valentina est une jeune femme qui a participé à un programme d’accueil aux États-Unis pour les étudiants des ex-républiques soviétiques, FLEX ; dès son retour au Kirghizstan, son objectif est de créer des initiatives sociales et environnementales en parallèle de son travail dans une entreprise américaine à Bichkek.

Valentina Khomenko Eco-caravan tour

«Tout reste à faire en matière de sensibilisation à l’écologie, ici, explique-t-elle. Les rives du lac Issyk-Koul sont dans un état déplorable après l’été… En matière de déchets et pollution plastique, c’est l’un des endroits les plus critiques dans le pays.» Les décharges sauvages sont devenus un sujet de préoccupation au Kirghizstan depuis quelques années, notamment dans les zones touristiques de Sary-Chelek ou les environs de Cholpon-Ata. «Nous ne sommes pas contre le tourisme à Issyk-Koul, ajoute-t-elle, bien au contraire, c’est une ressource fondamentale de notre pays, mais il faut le rendre responsable et respectueux de nos espaces naturels. Sinon la dégradation de l’environnement deviendra l’ennemi du développement touristique.»

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La création de cet eco-caravan tour repose à la fois sur une dimension sociale — permettant à des orphelins et des enfants défavorisés âgés de douze à seize ans d'avoir des vacances — et une action écologique concrète. La dynamique du projet vise ainsi à sensibiliser les adolescents au développement durable et à l’impact de l’homme sur son environnement, mais aussi d’évoquer la diversité des cultures et l’impérieuse nécessité de la tolérance. Une dizaine de volontaires seront présents à Issyk-Koul pour accompagner ces adolescents dont les relations entre eux sont souvent conflictuelles. «Ces enfants ont un vécu particulier et délicat, ils ont forcément beaucoup de caractère. Mais on doit le vivre comme une force, nous, les organisateurs : leur énergie est précieuse, il faut réussir à la canaliser ! Ce projet, c'est avant tout le leur.»

Eco-caravan tour Orphelins Yssik-Koul

Eco-caravan tour Orphelins Yssik-Koul

Le montage du projet s’annonçait pourtant incertain et compliqué. Répondre à l’épineuse question des financements était la priorité depuis que le géant minier Koumtor, principal soutien financier d’eco-caravan en 2013, a refusé de soutenir le projet cette année. Ses problèmes avec le gouvernement kirghiz l’incite à décliner les propositions de soutiens à de nombreuses ONG et associations locales. Valentina décide alors de lancer une levée de fonds en vendant des sacs en tissu fabriqués au Kirghizstan. Au travers de l'Exchange studio, une association basée à Bichkek dans laquelle Valentina est aussi volontaire, les sacs sont vendus et différents évènements au sujet de l'éco-caravan tour sont effectués. C'est aussi l'Exchange Studio qui récolte les donations pour aider le projet à se réaliser cette année.

Exchange studio sacs en tissus volontaires eco-caravan tour

L’idée de ces sacs en tissus est là encore de faire coup double : lutter contre le gaspillage des sacs plastiques qui pullulent dans la capitale kirghize et obtenir de l’argent rapidement. Le sac est vendu trois-cent cinquante soms (quatre Euros cinquante). C’est une réussite, mais qui ne suffit pas : l’eco-caravan tour nécessite un budget de quatre mille dollars. Valentina et son équipe font alors le tour des entreprises de Bichkek et s’appuient sur l’American Council for International Education, organisation américaine qui aide au financement de projets sociaux et éducatifs, ainsi que le fond public Move-Green qui œuvre dans le domaine environnemental. Des ventes de charité permettent par ailleurs de récolter un peu d'argent. « Si nous ne parvenons pas à réunir la somme espérée, nous le ferons quand même, nous nous débrouillerons ! Cet éco-caravan tour aura bien lieu. »

Eco-caravan tour Orphelins Yssik-Koul

Valentina et son équipe n’en sont pas à leur premier coup d’essai. En 2013, elle décide de monter une opération pour reboiser le versant d’une vallée dans le sud du Kirghizstan. « Nous avions décidé de planter des arbres avec une dizaine de personnes. Nous passions dans les écoles de la région d’Osh pour parler de la nature et de sa préservation, puis les enfants nous accompagnaient afin de voir comment nous plantions. Pour financer ce projet, on avait vendu des gâteaux à Bichkek… cuisinés par nos soins ! On est habitués à faire avec les moyens du bord… J’espère que l’eco-caravan tour se tiendra aussi l’an prochain et qu’il s’exportera dans d’autres endroits au Kirghizstan. »

 

Grégoire Domenach, rédacteur en chef à Bichkek

 



Eco-caravan tour Orphelins Bichkek Issyk-Koul
Valentina Khomenko
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