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Les candidatures à l’élection présidentielle kirghize de novembre s’accumulent

Les électeurs kirghiz choisiront leur nouveau président le 19 novembre 2017. À neuf mois du scrutin, la liste des candidats se dessine peu à peu.

Mise à jour : à l’heure où nous publions cet article, l’opposant kirghiz Omurbek Tekebayev du parti Ata-Meken a été arrêté par les forces spéciales (le GKNB, en russe).

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Le président kirghiz Almazbek Atambaïev a profité d’une rencontre avec la représentante de la Commission électorale centrale pour annoncer la date des prochaines élections présidentielles : c’est donc le 19 novembre 2017 que les Kirghiz se rendront aux urnes.

À un peu plus de 270 jours de ce vote, trois personnalités politiques ont annoncé leur candidature : Omourbek Babanov, Temir Sariev et Bakyt Torobaïev.

Qui peut se présenter ?

Il n’y a pas de limite au nombre de candidats à l’élection présidentielle. Pour se présenter, il faut simplement être citoyen kirghiz, avoir entre 35 et 70 ans, maîtriser la langue kirghize et avoir vécu au moins 15 ans dans le pays. Il faut toutefois avoir recueilli les signatures d’au moins 30 000 électeurs 50 jours avant le scrutin pour officialiser sa candidature auprès de la Commission électorale centrale.

L’actuel chef de l’État ne peut se présenter, l’article 61 de la constitution kirghize interdisant au président de la République d’exercer plus d’un mandat.

L’autre facteur pour  se présenter est l’argent, car une campagne présidentielle est très coûteuse. Selon l’ancien député Kabaï Karabekov, il faut au moins 20 millions de dollars pour un candidat à l’élection présidentielle au Kirghizstan.

Les premiers prétendants en lice

Le premier candidat à s’être déclaré est Temir Sariev qui a annoncé sa candidature le 4 février dernier. Il a annoncé sa candidature lors d’un rassemblement du parti qu’il dirige, Akchoumkar. C’est une figure bien connue des électeurs kirghiz : député au Jogorkou Kenech (Parlement kirghiz) de 2000 à 2007, il est ensuite devenu ministre adjoint au ministère des Finances d’avril à juin 2010, ministre de l’Économie de 2011 à 2015, et enfin Premier ministre d’avril 2015 à avril 2016 avant de quitter le gouvernement suite à des accusations de corruption concernant la construction de la route de Bichkek à Issyk-Koul par une compagnie chinoise.

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Bakyt Torobaïev a suivi Temir Saiev dans la course à la présidence le 10 février. Ce parlementaire et homme d’affaires de 43 ans est le leader du parti Onuguu-Progress qui s’est opposé à la réforme constitutionnelle proposée par Almazbek Atambaïev.

Celle-ci, validée par un référendum en novembre dernier, inscrit dans la constitution kirghize des valeurs fondamentales telles que la santé et l’indépendance de la République kirghize, mais aussi la « moralité » et « l’honneur et la dignité » et définit le mariage comme une union entre un homme et une femme. Elle accroît également les pouvoirs du Premier ministre et permet la déchéance de nationalité. De plus, la disposition plaçant les droits humains au rang des valeurs fondamentales est retirée.

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Le 14 février, c’est Omourbek Babanov qui se lance dans l’élection présidentielle avec le parti Respoublika-Ata Jourt qui occupe 28 sièges sur 120 au Jogorkou Kenech. Mais, selon une déclaration du député Maksat Sabirov, cette nomination ne sera officialisée que lors du congrès du parti, « en avril ou mai ».

Omourbek Babanov a occupé le poste de Premier ministre par intérim de septembre à novembre 2011 puis officiellement de décembre 2011 à septembre 2012. Il se présente comme un jeune réformateur. Ces derniers jours, il a dénoncé un « sabotage » de la langue kirghize sur les chaines de télévision gouvernementales qui, selon lui, ne passent aucun programme en langue kirghize (et seulement en russe) et a critiqué la politique du gouvernement vis-à-vis de la Communauté économique eurasiatique.

D’autres candidatures à l’horizon

Si seuls ces trois hommes politiques sont candidats pour l’instant, d’autres ne tarderont pas à en faire de même.

En effet, le parti SDPK, majoritaire au Jogorkou Kenech, n’a pas encore désigné son candidat et les spéculations quant à son identité vont bon train. Le site 24.kg a ainsi annoncé le 13 février que ce serait Koubanytchbek Koulmatov, actuellement à la tête du fonds de développement russo-kirghiz, avant de publier quelques heures plus tard une déclaration du leader du SDPK refusant de se prononcer sur la question avant le congrès du parti.

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La presse désigne en outre Adakhan Madoumarov, du parti Butun-Kirghizstan, comme candidat potentiel. On trouve ainsi son nom cité par les sites regnum.ru et gezitter.org. Il s’agit là encore d’une figure politique bien connue des Kirghiz : d’abord journaliste, Adakhan Madoumarov devient député en 1995 puis porte-parole du Jogorkou Kenech, un poste qu’il quitte suite à sa proposition de rénovation de la salle des séances du Parlement, jugée bien trop coûteuse. Avec ses deux alliés politiques Kamtchybek Tachiiev et Akhmatbek Keldibékov, il s’est lui aussi opposé à la réforme de la constitution l’an dernier et l’a même qualifiée d’« illégale ».

Le site regnum.ru mentionne aussi Elmira Ibraïmova, ex-présidente de la Cour des comptes. Elle a récemment critiqué la « mauvaise organisation » de l’adhésion du Kirghizstan à la Communauté économique eurasiatique et plus généralement la politique « inefficace » du gouvernement.

Les candidats ont toutefois encore du temps devant eux : la période officielle de déclaration des candidatures commencera le lendemain de la confirmation de la date des élections par le Parlement et se terminera 75 jours plus tard. Si tout se passe comme prévu, cela se fera donc du 22 juillet au 4 septembre.

Valentine Baldassari

Rédactrice en chef adjointe de Novastan

La Maison Blanche à Bichkek, capitale du Kirghizstan
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