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Les conflits à la frontière entre Tadjikistan et Kirghizstan continuent

Plusieurs conflits ont émaillé la fin de l’année 2019 à la frontière entre Kirghizstan et Tadjikistan, concluant une année meurtrière entre les deux pays. Une femme a été blessée à l’arme de chasse et près de 200 personnes se sont jeté des pierres. Le président kirghiz a reconnu la difficulté à résoudre les problèmes à la frontière, n’annonçant rien de bon pour 2020.

La frontière entre Tadjikistan et Kirghizstan n’en finit plus d’être agitée. Le 29 décembre dernier, non loin du village tadjik de Somoniyon, lui-même proche d’une partie contestée de la frontière tadjiko-kirghize, une habitante tadjike allant chercher de l’eau a reçu un tir d’arme de chasse. La blessée a été hospitalisée dans la ville voisine d’Isfara. « Selon des témoins, le coup de feu a été tiré de la maison d’un habitant du village de Kok-Tash », a expliqué Ikbol Techaïev, porte-parole du maire d’Isfara. Selon la branche locale du média russe Sputnik, le maire a affirmé qu’il s’agissait d’un « acte inhumain et monstrueux » et de provocation à la veille du nouvel an.

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Ouman Asimov, un habitant du village de Chorkuh, a publié des photos de vêtements avec des taches de sang et une marque de balle sur le corps de la femme sur sa page Facebook. « Conformément aux lois de la guerre et pendant la guerre, ils ne tirent pas sur les personnes qui vont chercher de l’eau, sans parler des femmes et des enfants », s’est-il indigné.

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Cependant, les autorités kirghizes de la région de Batken, limitrophe du Tadjikistan, réfutent la probabilité d’un coup de feu du côté kirghiz, selon le média kirghiz Turmush. Après la publication des informations, des représentants des régions frontalières des deux pays ont tenu une réunion. Il a été constaté que dans la zone frontalière, les habitants du village kirghiz n’ont pas entendu le coup de feu et n’ont pas vu les blessés.

200 personnes se jettent des pierres pour des écoliers ayant malencontreusement traversé la frontière

Cet incident fait suite à un autre dans le même village quelques jours auparavant. Le 18 décembre dernier, des habitants du village de Kok-Tash au Kirghizstan auraient, selon le média Ozodi, violenté des enfants du village tadjik de Somoniyon ayant pénétré sur le territoire kirghiz. Suite à cela, quelque 200 villageois des deux côtés se sont violemment affrontés à coups de pierres jusqu’à ce que les garde-frontières interviennent. La partie kirghize a dénombré six blessés, dont quatre militaires selon le média kirghiz 24.kg, quand les autorités tadjikes ont dénombré cinq blessés.

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L’incident s’est produit à un moment où les autorités locales négociaient sur trois conflits antérieurs qui s’étaient produits au même endroit la semaine précédente. Le 11 décembre, les gardes-frontières kirghiz ont empêché des travaux agricoles dans la zone située entre le village tadjik de Chorkuh et le village kirghiz de Min-Bulak, ce qui a provoqué une situation tendue, mais le conflit a été évité. Le 16 décembre, les habitants de Kok-Tash se sont dits mécontents de la clôture en cours de construction par les Tadjiks sur un territoire contesté. Après l’intervention des forces de l’ordre et des négociations entre les deux pays, la construction de la clôture a été suspendue.

Le président kirghiz admet un problème difficile

Résoudre le problème le long de la frontière avec le Tadjikistan n’est pas facile, voire difficile, selon les dires du président kirghiz Sooronbaï Jeenbekov lors d’une conférence de presse sur les résultats de 2019 qu’il a tenue le 25 décembre dernier.

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Le chef d’État a décrit qu’il y a deux ans, les négociations étaient suspendues mais ont maintenant repris. « Le Kirghizstan est prêt pour ce travail. Une commission du Kirghizstan, dirigée par le vice-Premier ministre Razakov, ainsi que le Premier ministre et moi-même avons déjà tracé la voie. Nous disons que si un échange est nécessaire, nous en convenons afin de considérer toutes les options. Parlons avec la population sur place. Nous soulevons la question du travail ouvert », a décrit Sooronbaï Jeenbekov. « Pour être honnête, le travail ne se déroule pas comme nous le souhaiterions. Ce problème ne peut être résolu que de trois manières. Le meilleur d’entre eux est des négociations tenant compte des intérêts des deux pays. Nous travaillons dans cette direction », a déclaré le chef de l’État.

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Le président kirghiz a reconnu s’enquérir de la question de la situation à la frontière tous les jours, tant les problèmes y sont récurrents. Cependant cela ne semble pas faire avancer beaucoup la question et les derniers jours de décembre ont encore vu des conflits ne laissant aucun répit aux autorités, même en période de fête.

Des conflits à la frontière du Kirghizistan et du Tadjikistan se produisent régulièrement. La longueur de la frontière est de 976 kilomètres, quand seulement 504 kilomètres sont délimités. Un incident majeur s’est produit en septembre, lorsque trois soldats tadjiks et un kirghiz sont morts. Malgré un apaisement ayant eu lieu en octobre, l’année 2019 a été le théâtre d’une augmentation des conflits sur cette frontière alors que les deux président tadjik et kirghiz ont tenté une médiation durant l’été, sans succès.

La rédaction

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La frontière entre le Kirghizstan et le Tadjikistan est le théâtre de conflits violents.
UNDP
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