Les Jeux mondiaux nomades enflamment le Kirghizstan

Du 3 au 8 septembre dernier, les Jeux mondiaux nomades ont été organisés au Kirghizstan, dans la petite ville de Tcholponata. Avec 40 nationalités, parfois occidentales, ces Jeux ont été l’occasion pour de nombreux passionnés et curieux de découvrir des épreuves sportives originales, et de faire connaissance avec les cultures nomades d’Asie centrale et d’ailleurs…

« Unis dans la force ! Unis dans l’esprit ». C’est le slogan de ces seconds Jeux nomades, organisés cette année au Kirghizstan. L’objectif des Jeux est clair : promouvoir les cultures nomades, essentiellement à travers le sport.

Pendant six jours, les paysages du lac Issyk-Koul ont servi de décor à différentes épreuves sportives parfois très surprenantes.

C’est notamment le cas du Kok-Boru ou « jeu de l’attrape-chèvre » que l’on peut littéralement traduire par l’expression « loup gris ». Deux équipes de cavaliers s’affrontent dans le but de récupérer une carcasse de chèvre ou de mouton sans tête avant de tenter de marquer un point en plaçant la carcasse dans le but de l’adversaire, une motte de terre évasée au centre.

Cette année, la finale a départagé le Kazakhstan et Kirghizstan. Ce dernier l’a emporté en dominant son grand voisin 15 à 3, pour la plus grande joie du public venu  massivement soutenir les champions locaux.

Une « contribution au développement du monde »

23 sports sont pratiqués au cours de ces Jeux, des osselets à la fauconnerie à la lutte, qu’elle soit à cheval (Er enish) ou non.

Jeux mondiaux nomades Kazakhstan

Des athlètes venus de 40 pays différents ont participé, parfois venus de pays occidentaux, tels les Etats-Unis, l’Allemagne ou encore la Norvège. Le Kirghizstan a voulu faire de cet évènement « sa contribution au développement du monde », selon les mots de Sapar Isapov, principal organisateur de l’évènement. Un nouvel hippodrome a ainsi été construit à l’extérieur de la ville dans le but d’accueillir un maximum de spectateurs pour les différentes épreuves.

Jeux mondiaux nomades palais

De même, la présence de l’acteur américain Steven Seagal à l’ouverture des Jeux n’est pas passée inaperçue et montre l’importance que Bichkek accorde à cette compétition, encore très récente.

L’ombre des premiers Jeux nomades

La toute première édition des Jeux nomades a eu lieu en 2014, là aussi à Tcholponata. Si la fête avait également été au rendez-vous, des questions financières l’avaient néanmoins obscurci. Le budget de près de 2 millions de dollars avait notamment été jugé disproportionné, alors qu’une part non négligeable de la population vivait (et vit toujours) dans la pauvreté.

Pour cette seconde édition, ce sont plus de trois millions de dollars qui ont été dépensés.

Les cultures nomades mises à l’honneur

Mais, au-delà du sport, les Jeux nomades mondiaux représentent une occasion de faire découvrir les cultures et les modes de vie nomades. Ainsi, dans la vallée de Kyrchyn, non loin de Tcholponata, de nombreuses yourtes et constructions ethniques traditionnelles ont été mises en place.

Jeux mondiaux nomades enfants

Cette initiative montre que les Jeux nomades ne sont pas une simple compétition sportive, mais un moyen de continuer à faire vivre ces cultures et ces traditions à l’heure de la mondialisation. Spectacles, concerts, ventes de produits nomades et recettes de cuisine sont les principaux ingrédients de ce festival en plein air où monter à cheval et prendre une photo à côté d’un grand aigle semblent à la portée de chacun.

Pour la prochaine édition de ces Jeux, le Kirghizstan cèdera sa place à la Turquie, en 2018.

Bertand Gouarné, Jérémy Lonjon
Rédacteurs en chef de Novastan.org à Bichkek

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