Les traditions et les coutumes du mariage kirghiz

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Crédit : www.azattyk.kg

Le mariage kirghiz est très beau et en même temps très complexe, car il inclut une série des cérémonies qui doivent être suivies. Elles peuvent varier un peu dans les différentes régions du pays, particulièrement entre le nord et le sud. Les traditions des peuples kirghizs ont évoluées au fil des siècles et reflètent des spécificités de leur vie nomade et tribale. Par exemple, les différentes tribus ont marié leurs enfants pour établir amicalité entre les tribus. Francekoul.com vous invite à mieux connaitre la vie des Kirghizs et découvrir le Kirghizstan à travers ses traditions.

Premièrement, commençons avec une tradition de demande en mariage, qui s’appelle en kirghiz «kudalap ketuu». Les parents du jeune homme viennent à la maison de la promise pour lui demander sa main au nom de leur fils. Si les parents de la jeune fille disent «oui», les deux parties s’accordent sur une date convenable pour que les parents du jeune homme viennent encore avec des boucles d’oreilles. A noter qu’autrefois les deux familles des amis s’accordaient sur le mariage de leurs enfants même avant leur naissance ou quand ils étaient petits.

Le second événement s’appelle «soiko saluu» – offrir des boucles d’oreilles à la jeune fille. C’est l’équivalent kirghiz des fiançailles.  Pour cette fête, les parents du jeune homme apportent des boucles d’oreilles et des vêtements pour la jeune fille. Ce n’est pas une bague comme dans certaines cultures, et ce n’est pas le jeune homme, mais ses parents qui apportent des boucles d’oreilles. Ils apportent également un mouton pour les parents de la jeune fille.  Si ce sont deux amoureux, dans ce cas, leurs parents peuvent se rencontrer dans un restaurant pour discuter des détails du mariage pour leurs enfants. Ils s’accordent sur la date pour que les parents du jeune homme puissent venir pour offrir des boucles d’oreilles à la jeune fille. Quand des boucles d’oreilles sont offertes à la jeune fille, cela signifie qu’elle n’est plus libre et va se marier bientôt. Sa famille commence ensuite les préparations pour le mariage. On commence à coudre le matériel nuptial, comme  des coussins et des couvertures, que leur fille emportera avec elle dans la maison de son futur mari.

Une fête s’ensuit, dénommée  « bata toi », que l’on peut traduire comme la fête de la bénédiction. Les parents du fiancé viennent à la maison de la fiancée avec environ dix proches et apportent un mouton, une vache ou un cheval,  les vêtements (kiyit) pour les parents de la fiancée, des bonbons et le plus important, le « kalym »  – une « rançon » – c’est-à-dire que les parents du fiancé doivent donner de l’argent pour les parents de la fiancée, pour qu’ils prennent leur fille chez eux. Le somme d’argent dépend du statut social et financier de la famille. Les parents de la jeune fille ne gardent pas l’argent pour eux-mêmes mais le dépensent pour la dot de leur fille. Ils achètent par exemple des meubles pour leur fille. Les parents de la fiancée donnent les vêtements à ses hôtes par la même occasion. La date du mariage est fixée.

En préparant le mariage de leur fille, les parents de la jeune fille invitent tout le village. Cet événement s’appelle « kyz uzatuu » – raccompagner la fille à la maison de son époux.  On découpe le mouton, la vache ou le cheval que les parents de leur futur beau-fils ont apporté. Les belles-sœurs de la fiancée tressent ses cheveux.  Cette cérémonie signifie le dévouement de la jeune fille à la vie adulte.

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Finalement le grand jour – le jour du mariage. La famille de la mariée se prépare pour la fête, découpe le mouton ou la vache ou même le cheval.  Le fiancé vient avec ses amis, ces derniers en chantant, et demandent à voir l’épousée. Mais, les belles-sœurs de l’épousée créent beaucoup d’obstacles pour eux, ainsi que de coutume. Par exemple, on barricade leur accès à la maison avec une corde, et les amis de l’époux doivent donner de l’argent pour passer cet obstacle. Les femmes cachent aussi les chaussures des amis de l’époux. Ils doivent encore donner de l’argent pour les récupérer. Alors, après tous cela, l’époux emmène sa future épouse en robe blanche de fiancée avec lui dans la voiture décorée avec deux grandes bagues devant et des boules. Pendant la journée ils conduisent dans la ville dans les voitures décorées avec des amis et une fête pour les jeunes est organisée. Dans la soirée, une grande fête a lieu au restaurant avec tous les proches, les parents et les amis. Chacun mange, danse, chante et boit.

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Le « Koshogo » est un rideau fait à partir du drapeau, réalisé habituellement par la mère de la fiancée qui le donne à sa fille.  Quand l’épousée vient à la maison de son mari pour la première fois, elle reste assise derrière ce rideau pendant trois à sept jours. Derrière le rideau sa belle-mère lui met une robe et un foulard. Cela signifie qu’elle est devenue la femme de cette maison. A partir de ce jour elle porte un foulard constamment, mais de nos jours seulement les villages suivent cette tradition. On invite le mullah pour effectuer la cérémonie musulmane, appelée « nike kyiuu »  – un rituel du mariage des musulmans. Chaque fois quand les gens viennent pour voir la nouvelle épousée, elle doit s’incliner pour leur montrer du respect. Elle s’incline devant sa belle-mère et son beau-père pendant trois à quatre jours. Elle cache son visage à son beau-père et aux frères aînés de son mari. Son beau-père et ses beaux-frères lui donnent des cadeaux, pour qu’elle arrête de cacher son visage. La fiancée ne doit pas appeler sa belle-mère, beau-père, belles-sœurs et beaux-frères par leurs noms.

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La fête suivante s’appelle « Sep toi », c'est-à-dire la fête de la dot, les parents de la fiancée apportent des meubles pour leur fille. Le mari fournit une maison et la femme fournit tout qui doit être à l’intérieur. On achète les meubles avec l’argent que les parents du fiancé ont donné comme rançon. Certaines mères préparent des dots dès la naissance de leurs filles.

Après quelques jours, les parents de la jeune fille invitent leur fille chez eux. Elle ne peut pas le faire avant qu’ils ne le fassent officiellement. Elle vient avec son mari, sa belle-mère et certaines autre invitées. Un mouton est découpé à nouveau et les convives célèbrent à nouveau le mariage.
Vous savez maintenant presque tout sur le mariage kirghiz. Mais les fêtes ne finissent pas avec cela. Une fête est organisée avec le premier enfant, quand l’enfant commence à marcher, etc.

Bien qu’il soit important de suivre les traditions afin de les préserver et les transmettre pour les générations futures, ce n’est pas toujours possible. Tout cela a un coût: payer le « kalym » (rançon), commander une limousine, découper le cheval. En faisant tout cela, les familles dépensent tout leur argent et s’endettent, au vu de l’importance de l’évènement et du regard des autres. Dans quelques régions des commissions chargées de réduire les dépenses pour les mariages et lutter contre le gaspillage ont été créées.

De plus, cela prend beaucoup de temps, particulièrement ressenti aujourd’hui avec un monde en mouvement rapide et les citoyens préoccupés par leur travail et d’autres engagements. De nos jours, les familles organisent seulement une grande fête au restaurant en invitant tout le monde. Nous pouvons également noter que certains jeunes amoureux, surtout dans les villages, utilisent la tradition d’enlèvement de fiancées pour éviter le paiement d’une  rançon et d’autres événements.

Des opinions différentes existent sur le sujet de garder ou non les traditions des fêtes du mariage. Alors qu’il apparait important de conserver les traditions, au nom de leur beauté et de leur importance dans la culture et l’identité kirghize, certains répondent qu’elles ne devraient pas rendre la vie plus difficile que sans elles. Ce choix de la manière de fêter son mariage reste personnel. Au fond, le plus important n’est-il pas que ce couple marié puisse vivre heureux pour toujours ?

Kyial ARABAEVA
Journaliste pour Francekoul.com

Relu par Etienne COMBIER


Sources :

1. http://mir24.tv/news/society/4840764
2. http://www.centralasia-travel.com/ru/countries/kirgistan/custom
3. http://www.vecheruha.ru/svadebn/svadba-v-kyrgyzskix-tradiciyax/
4. http://asia-travel.uz/kyrgyzstan/obychai-i-tradici/svadebniy-obryad/

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