«Pichpek-Frounze-Bichkek» : la ville dont il est impossible de ne pas tomber amoureux

Bichkek est une ville jeune, impétueuse, pétrie de l’histoire récente du Kirghizstan ; c’est peut-être pourquoi elle déborde de vie. Elle est aussi une capitale, avec tous les éléments politiques, économiques et sociaux qui font aujourd’hui d’elle une ville-monde, tout en restant à taille humaine. Elle est la capitale des Kirghizes, la ville la plus russe du Kirghizstan, fourmille d’étrangers, diplomates, humanitaires, hauts fonctionnaires internationaux. Les Hummers croisent allègrement les vieilles «ladas» et autres «volgas» de l’époque soviétique. On y croisent des «aksakals» (barbes blanches en langues kirghize) coiffés d’immaculés «Kalpaks» (chapeau traditionnel), aussi bien que des jeunes habillés comme à New-York ou Paris. Bichkek est une ville de contrastes, d’inégalités, mais aussi d’échange et d’histoire…

Le musée National-Historique
Le musée National-Historique
Le musée «National – historique». Auparavant il était nommé «musée Lénine». Dans le bâtiment du musée on peut voir des expositions historiques et des trouvailles archéologiques et se promener dans les salles traitant de la révolution et de l’époque soviétique. Aujourd’hui le musée est ouvert aux visites. Crédit: Natalie Gracheva

Au milieu du XIX siècle, à la place de la ville moderne s’élevait un village turc appelé « Djoul », au centre duquel on pouvait trouver la forteresse ancienne de Kokand. En 1862, elle a été définitivement conquise par l’armée russe, qui a posé la première pierre de la nouvelle ville. À côté de cette forteresse les premiers quartiers ont été construits, et les murs de la forteresse ont été utilisés pour la construction de nouvelles huttes. Ainsi la ville de Kokand jadis puissante a disparu dans de petites et jeunes bicoques.

La place Ala-TooLa place Ala-Too
La place Ala-Too. Ici il y avait auparavant une patinoire municipale. La construction de la place ne fut terminée qu’en 1970. A l’arrivée des fêtes importantes des pancartes de félicitations et les ornements sur la place Ala-too sont affichés. On fête ici le Nouvel an et d’autres célébrations. Crédit: Natalie Gracheva

Pichpek fut fondée en 1868. Elle reçut le statut de ville après seulement dix ans. Il n’y avait pas uniquement des représentants de la garnison militaire mais aussi des émigrés d’autres professions qui s’établirent dans ce pays si abondant. La ville grandissait rapidement, et, surtout, avec harmonie et logique. Les commerçants mettaient en route la production, les marchands édifiaient des bazars et des galeries marchandes, les médecins créaient des hôpitaux.

Jusqu’à présent la ville se souvient avec reconnaissance du gouverneur de la ville Terentiev, qui a mené les premières réformes significatives avec pour résultat une importante impulsion pour le développement ultérieur. La population tient également en admiration le savant Fetisov, qui a pu aménager les espaces verts de la ville déserte. Voici déjà plus de cent ans que les gens se promènent sur les allées ombragées du boulevard «Erkindik» («liberté» en Kirghize) et jouissent de la fraîcheur du petit bois d’ormes «Karagatcheva». On peut énumérer ainsi à l’infini les gens qui se sont consacrés à cette ville. Sans leur participation, leur talent et leur foi, il n’y aurait pas cette histoire de Bichkek.

Le parc des chênesLe parc des chênes
Le parc des chênes – la galerie de peinture. De l’église Nikol’sky, qui se trouve au centre du parc des chênes, il ne reste que les ruines. Elle était l’une des premières églises de Pichpek. L’office des morts et disparus de la révolte de Belovodsky a été conduit dans cette église. À côté, il y a leur fosse commune. C’est actuellement une galerie de peinture. Crédit: Natalie Gracheva

La période soviétique a marqué de son empreinte l’histoire de la ville par des constructions monumentales. Il y reste également cette atmosphère touchante ; les cinémas et les magasins, les monuments et les ruelles sont imprégnés de cette ambiance. C’est le gouvernement soviétique qui a rebaptisé Pichpek en Frounze, en l’honneur du grand militaire Mikhaïl Vassiliévitch Frounze, qui était natif de Pichpek. Étonnamment, Frounze se traduit en langue moldave par «feuille verte» et la ville, comme dans une tentative d’en justifier le nom, nage dans les parcs, les squares, les boulevards et les avenues plus vertes et ombragés les unes que les autres – qui faisait de Frounze la ville la plus verte d’URSS.

C’est l’époque soviétique, en commençant par l’aide amicale des ouvriers et des constructeurs du corps slovaque «Intergelpo», qui a offert à la ville des lieux comme le parc de «Foutchik», filature de laine peignée, le bâtiment du grand magasin central (le «Tsoum»), la place Ala-Too, les quartiers habités, le jardins des plantes et les parcs de loisirs. La ville était construite avec l’âme et le rêve d’un avenir radieux.

Le Kirghizstan est devenu indépendant en 1991, mais la ville n’a pas beaucoup changée. Aucun nouveau bâtiment n’a été érigé, les vieilles maisons et les bâtiments ont été réutilisés à d’autres fins. La ville se ternissait et attendait. En 1991 Frounze était rebaptisée en l’honneur du héros légendaire Bichkek-Baatyr qui vivait dans cette zone au XVème siècle – ce qui marque symboliquement le retour de la ville au peuple kirghize.

Le theatre dramatique russeLe theatre dramatique russe
Le Théâtre Dramatique Russe Ajtmatov. Il était autrefois appelé en l’honneur de Kroupskaya. En 1914 dans le parc des chênes  le cinéma « Edison » a été ouvert, qui était rebaptisé plus tard « le Progrès ». C’est précisément à sa place que le théâtre moderne est apparu et s’est formé. Crédit: Natalie Gracheva

Le XXIème siècle est devenu une nouvelle étape pour la ville. C’est une époque de possibilités et de pertes. Les révolutions, en 2005 et 2010, qui ont blessé violemment la ville par ses éclats de verres cassés et autres brûlures resteront pour toujours en mémoire. Mais cela n’a pas terrassé  la vigueur de la ville et ses citadins. Les gens animent toujours Bichkek, en continuant à rester fidèle à la capitale. La ville, avec de la reconnaissance pour leur dévouement, tâche de leur rendre la pareille et à chaque printemps elle reverdit avec toute sa force pour faire oublié le flot des révolutions et des tumultes de l’hiver.

Aujourd’hui Bichkek reste chaude et hospitalière. Et ceux qui s’ouvrent à cette cité confortable et tranquille deviennent les possesseurs d’une révélation touchante, qui brille dans le coeur avec le soleil d’Asie.

Le cinema Ala-TooLe cinema Ala-Too
Le cinéma «Ala-Too». Le cinéma était présent au Kirghizstan longtemps avant l’apparition de ce bâtiment au centre de la ville. En effet, encore en 1911 à Pichpek deux cinémas anciens, « le Mars » et « le Météore », travaillaient. Peu de temps avant la Deuxième Guerre mondiale, en 1938, un beau bâtiment est apparu à Bichkek – un nouveau cinéma. Initialement, il devait s’appeler « l’Avant-garde » mais le grand poète Joomart Bokonbaev a proposé de donner au bâtiment le nom fier et historique « Ala-Too ». Crédit: Natalie Gracheva

Le palais du sportLe palais du sport
Le palais du sport Kojomkul a été érigé dans les années 1970. Aujourd’hui, c’est le lieu où se déroule de nombreuses épreuves sportives mais aussi des festivals musicaux et les concerts d’estrade. Crédit: Natalie Gracheva

Theatre dramatique kirghizeTheatre dramatique kirghize
Le Théâtre Dramatique Kirghize. Des pièces connues sont montées dans ce théâtre toutes jouées seulement dans la langue kirghize. Le théâtre s’est formé en 1926 et ses débuts se sont faits grâce au studio musical et dramatique. Le premier drame kirghize « Kakej malchanceuse» de M.Tokobaev (1927) a été joué ici. Crédit: Natalie Gracheva

Le cinema ManasLe cinema Manas
Le cinéma « Manas » a été mis en exploitation dans les années 1960. Situé en face de l’Institut Polytechnique, le cinéma était l’endroit préféré des étudiants qui se sauvaient des leçons ou se promenaient avec leurs camarades après la fin des cours. Pendant la restructuration, le cinéma a été fermé pour ne rouvrir qu’en 2011 après une longue rénovation.Crédit: Natalie Gracheva

Le theatre de l opera et le balletLe theatre de l opera et le ballet
Le Théâtre de l’Opéra et le Ballet. Un des projets les plus grandioses de construction dans les années 30 fut celui de la construction du Théâtre de l’Opéra et des Ballets. L’objet, marque culturelle occidentale par excellence, devait orner la rue centrale de la ville, mais la Grande Guerre Nationale (1941-1945) a commencé et la construction s’est arrêtée. Au cours de la vie du Théâtre de l’Opéra et du Ballet, 200 spectacles furent montés. Aujourd’hui, on peut y apprécier les chef-d’œuvres classiques, nationaux et mondiaux, comme les opéras « Manas », « Toktogoul » et « Kourmanbek », « Boris Godounov », le « Prince Igor », « Eugeny Onegin », « la Dame de pique », ou des ballets comme «le lac des cygnes», et bien d’autres. Crédit: Natalie Gracheva

Le parc PanfilovLe parc Panfilov
Le parc Panfilov. Aujourd’hui le parc Panfilov est une des places préférées pour les promenades familialles. Il fut construit à la fin du XIXème siècle par le principal horticulteur de la ville, Fetisov, et ses étudiants. Le parc a reçu le surnom « Astérisque » car toutes les avenues du parc sont construites afin de former une étoile à cinq branches. Crédit: Natalie Gracheva

Le pavillon les Jus - EauLe pavillon les Jus - Eau
Le pavillon « les Jus-eau ». Le 
célèbre pavillon « les Jus-eau » se trouve derrière le cinéma « Ala-Too » et est le symbole de l’insouciance soviétique. Crédit: Natalie Gracheva

La vieille place

La vieille placeLa vieille place
La vieille place (Gouvernementale). À l’avant-guerre sur la place Centrale passaient les démonstrations de fête, les défilés et les meetings. Plus tard, en 1964, après la construction de la nouvelle Maison du Gouvernement, on reconstruisit une nouvelle place Centrale (Ala-too). Plus exactement, elle fut transférée et la place précédente reçut le nom de «vieille ». Crédit: Natalie Gracheva

Le cinema RussieLe cinema Russie
Le cinéma « Russie ». Le cinéma «  Russie » a été érigé en 1963 en l’honneur du 100ème anniversaire de l’entrée volontaire de la Kirghizie au sein de la Russie. Il devient le premier cinéma panoramique en Asie centrale avec 800 places. En 1970, un écran à grand champ angulaire a été installé.  Crédit: Natalie Gracheva

La place sovietiqueLa place sovietique
La place soviétique a obtenu  son aspect final vers les  années 1950. Auparavant, il y avait les écuries de la caravane des dounganes, et après le bâtiment sans étages de l’usine de chaussures. En 1980 on a érigé un ornement sur les places – le complexe des fontaines  « Manas », où le héros kirghize de la poésie épique « Manas », entouré des membres de sa famille et de ses collègues. Crédit: Natalie Gracheva

Le grand magasinLe grand magasin
Le grand magasin central, aujourd’hui il s’appelle « Aitchourok », mais tout le monde continue de le nommer «ZUM» (en russe : magasin central universel). Crédit: Natalie Gracheva

La gare de chemin de ferLa gare de chemin de fer
La gare. En 1924 à la périphérie de la steppe on construisit la première gare de chemin de fer. Aujourd’hui de la gare au cinéma « Ala-Too » on peut voir le plus beau  et le plus vert des boulevards de Bichkek : « Erkindik ». Crédit: Natalie Gracheva

Le croisementLe croisement
Le croisement des rues «Jibek Jolou» et «Sovetskaya». En 1914 dans la rue de Tachkent, non loin de son croisement avec la rue Du marché (Jibek Jolou – Sovetskaya) l’école de filles privée «Voronkevitch» a été ouverte. Ici on peut voir deux plaques commémoratives. La première annonce que « Dans ce bâtiment en 1918-1920 s’installait le comité municipal RKP et l’état-major de la défense de la ville », et la deuxième – « Ici du 28 juillet au 2 août 1920 se passait le premier congrès des Unions de la jeunesse de Pichpek ». Crédit: Natalie Gracheva

La fontaine du parc PonfilovLa fontaine du parc Ponfilov
La fontaine du parc Panfilov. Cette fontaine se trouve tout juste au centre du parc, où les avenues se croisent, et la fontaine se trouve dans le coeur de l’étoile à cinq branches formée par les avenues. Crédit: Natalie Gracheva

Vous pouvez lire les autres articles sur Frounze sur le site http://frunze-bishkek.kg/

Olga FROLOVA
Rédactrice en chef du site internet « Eva.kg»

Traduit par Natalie GRATCHIOVA

Photos de Natalie GRATCHIOVA
Journaliste de Francekoul.com
Étudiante au département de journalisme international à l’Université Slave Kirghizo-Russe

Relu par Maxime Chaury

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